Mon mal de dos n’ayant pas l’air de s’améliorer, je me suis décidé pour aller consulter un médecin avant que ma carte d’assuré n’expire (elle expire fin février… soit demain !). J’avais noté à côté de chez moi une petite clinique de médecine familiale. Je m’y déplace, et demande si je peux voir un médecin aujourd’hui. La suite de la discussion révela une situation tragicomique :
Moi : Est-il possible d’avoir un rendez-vous aujourd’hui avec un médecin ?
La réceptionniste : Heu… Est ce que vous avez pris rendez-vous ?
Moi : Non, sinon je ne vous aurais pas demandé si je pouvais avoir un rendez-vous aujourd’hui avec un médecin (je la transperce alors du regard…).
Elle : Haa… Heuuu… Est-ce que vous êtes déjà venu ici ?
Moi : Non.
Elle : Haa… En plus
Moi : (air interrogateur)
Elle : C’est que les médecins sont très pris… Et si vous n’êtes jamais venus je ne pense pas qu’ils puissent vous prendre.
Moralité, pour être soigné dans cette clinique il faut que votre mère y ait accouché. La « première fois » se transmet de mère en fils/fille. La médecine familiale est matriarcale…
Loin de me laisser démonter, je me suis dit que c’était l’occasion ou jamais de tester les hopitaux dont on parle si souvent ici (surtout pour en dire du mal…). Et pour une fois je vais donner tort à tout le monde. Peut-être suis-je plus dégourdi que les autres, mais une fois arrivé à l’accueil, j’ai demandé non pas les urgences mais le service des consultations externes. Une fois rendu sur place et après avoir complété les démarches administratives requises je me suis installé sur une chaise. Il n’y avait PERSONNE avant moi. Je n’ai eu presque que le temps de m’asseoir. D’accord, je suis chanceux, les infirmières à qui j’ai parlé m’ont confirmé que d’ordinaire l’attente frôle les deux heures dans ce service. Le mercredi après midi semble être le bon moment pour consulter un médecin…
Bref, je rencontre finalement le médecin et lui explique que je me suis déplacé une vertèbre. Je sais que je ne devrais pas dresser un diagnostic mais plutôt me contenter de décrire les symptômes, mais je reconnais très bien la douleur pour l’avoir vécu à bien d’autres occasions. Le médecin me pose des questions sur ma taille, mon poids, me demande si je fais de l’exercice, évalue ma souplesse, on prend ma température (ai-je mal expliqué que j’avais mal au DOS ?), on tapotte sur mes genoux, mon tendon d’Achille, on me demande si je fais des allergies (est-ce que mon accent français gêne sa compréhension ? J’ai mal au dos bordel…), etc. Bref, elle fait un beau bilan de santé en bonne et due forme (sauf qu’elle a omis de prendre ma pression artérielle). Ensuite elle me demande si j’aurais besoin de médicament pour atténuer la douleur. Je lui demande si elle compte faire quelque chose pour mon dos ? Elle me dit que non. Je lui demande alors à quoi cela sert d’aller voir un médecin ? J’ai eu ma réponse dans les instants suivants. Elle m’a regardé d’un air sombre et solennel et a posé son sacrosaint diagnostique :
« Monsieur vous avez une entorse dorsale »
Là je rigole franchement (d’elle) et je lui dis que je savais ce que j’avais avant de venir la voir, et que si je me déplaçais c’était plus pour trouver une solution (voire obtenir une guérison) que pour l’entendre reformuler en des termes scientifiques la description d’un mal dont je lui ai décris moi-même les symptômes. Elle me dit qu’elle ne touchera pas à mon dos (elle a même eu l’air effrayée à l’idée de le faire). Je lui demande si elle n’a pas l’habitude de replacer des vertêbres (qui après tout est un geste bénin) ? Elle me dit que non, que c’est le rôle des chiropraticiens. Ok, je veux bien croire que chaque syndicat défende férocement sa part du gâteau, mais a t-on nécessairement besoin d’aller voir un chiropraticien pour une ou deux vertêbres démises au cours d’un mauvais geste ? Est-ce que les médecins ont une formation tellement partielle qu’elle ne couvre pas le fonctionnement de la colonne vertébrale ? Ne voient-ils pas le fonctionnement du squelette durant leurs huit années d’étude ? Je veux bien croire que la manipulation d’une colonne vertébrale soit un tant soit peu risqué, mais les médecins ne sont-ils pas qualifiés plus que mes voisins pour cela, non ?
Bref, retour à la case départ. Je n’ai pas perdu du temps en attendant mon tour à l’hopital, par contre j’ai perdu mon temps en allant voir un médecin. Un médecin généraliste français m’aurait remis tout en place sans s’inquiéter de savoir si je fais des allergies au pollen… Je remets franchement en question la formation du médecin que j’ai rencontré. C’est ma seule expérience avec le corps médical québécois, j’ignore si ce problème est généralisé ou si j’ai tout simplement manqué de chance. En attendant j’ai toujours mal au dos…
J’ai recommencé hier à soutenir les BONS artistes en achetant leurs albums. Je suis tellement honnête que je n’ai même pas prit la peine de télécharger leurs chansons en MP3 préalablement. Donc j’écoute depuis hier, en boucle les albums tout neufs pour moi de Morcheeba : Big Calm (1998 – ?$) et Who Can You Trust ? (1996 – ?$), ceux de Hooverphonic : A New Stereophonic Sound Spectacular (1996 – 17,98$) et The Magnificent Tree (2000 – 21,99$) ainsi que celui de Massive Attack : Mezzanine (1998 – ?$).
J’ai pu constater que les prix des albums varient de 17,98$ à 25$ pour le même album selon le magasin… Le pire c’est qu’il y a un vol encore plus sournois chez tous ces marchands : les albums qui datent de 5 ans ou plus ne sont pas vendu au prix que coûtait ces mêmes albums il y a 5 ans ! Quelle arnaque (et quel profit pour eux…) !
Bilan : une journée fatiguante, mais la musique adoucit mes humeurs…