Ergotage à propos de galanterie
Je suis assez fort pour me prendre la tête avec des problèmes conceptuels que je me crée de toute pièce. Ce soir c’en était trop il fallait que je le sache une fois pour toute… Qu’est ce qui me gêne tant que cela quand une fille/femme me dit que je suis galant ou que je ne le suis pas ?
Comme souvent, j’ai ouvert mon livre préféré, le Petit Robert :
galanterie n. f.
� 1611; autre sens 1537; de galant
1- Vx Distinction, élégance de l’esprit et des manières.
2- Courtoisie que l’on témoigne aux femmes par des égards, des attentions. => amabilité, civilité, politesse. La vieille galanterie française.
=> Spécialt Empressement inspiré par le désir de conquérir une femme; goût des bonnes fortunes. Le manège, le langage de la galanterie. => coquetterie, cour, flirt, marivaudage, séduction.
3- Vieilli Propos flatteur, écrit galant (adressé à une femme). Débiter des galanteries. => compliment, douceur (cf. Conter fleurette*).
4- Vieilli Intrigue amoureuse. => aventure, fredaine, intrigue, liaison (cf. Bonne fortune). « toute la première partie de sa vie avait été donnée au monde et aux galanteries » (Hugo).
CONTR. Froideur. Brutalité, goujaterie, impolitesse, muflerie.
Or, cette définition me laisse plus sur ma faim qu’autre chose. J’ai bien tenté de trouver sur l’Internet une “histoire de la galanterie”, mais en vain. Le sujet n’a intéressé personne avant moi on dirait. Cependant c’est en prenant connaissance des antonymes du mot “galanterie” que j’ai mieux saisis ce qui me dérangeait dans l’usage de ce mot aujourd’hui.
Pour simplifier de manière honteuse, la galanterie n’est rien d’autre qu’une suite de comportements masculins posés en faveurs des femmes, et jamais l’inverse. Donc faire preuve de galanterie c’est s’établir immédiatement dans un rapport de servilité vis-à-vis des femmes, puisque ce rapport consite essentiellement en une suite de services ou de faveurs (laisser passer devant soi, tenir/ouvrir une porte, pousser une chaise, tenir un manteau, précéder dans les escalier, s’écarter pour laisser passer, laisser le haut du pavé, céder sa place, etc.). Ce rapport est à sens unique. Il trouve son essence dans le désir des hommes de séduire ou fleurter avec les femmes avec lesquelles ils font preuve de galanterie. L’acte de galanterie peut être aussi tout à fait gratuit et posé pour une inconnue, mais dans l’espoir de lui plaire, ne serait-ce que l’instant de leur rencontre. Bref, la galanterie n’est jamais loin de la séduction. Je n’ai qu’à observer l’attitudes des femmes agées à qui je cède ma place dans un autobus bondé pour m’en convaincre… Comme si je ne le faisais que pour elles… Comme si je voulais leur plaire. On ne parle plus de galanterie, mais de politesse aujourd’hui.
Bordel. Mais qu’est ce qui cloche dans notre société ? Si je tiens la porte à une fille elle va (parfois) me remercier et dire que je suis galant. Si je tiens la porte à un homme il va me dire (parfois) merci, c’est tout. Pourquoi fait-on une distinction entre la simple politesse et la “galanterie”.
On entend parfois dire que les hommes ne sont plus galants, ou du moins plus aussi galant qu’autrefois… Ce que je constate c’est que de moins en moins d’hommes et de femmes font tout simplement preuve de politesse. Jamais je n’entends dire merci si je retiens la porte pour quelqu’un dans un batiment public. Et il est encore plus rare qu’on retienne la porte pour moi.
Quand une fille me dit que je ne suis pas galant parce que je ne lui cède pas ma place dans une file d’attente, elle commet l’erreur de penser que je lui DOIS quelque chose. Je ne suis l’esclave de personne. Je suis poli, j’ai des manières, mais je ne comprends en revanche pas qu’une petite grue mal élevée me reproche de manquer de galanterie alors même que je ne fais preuve d’aucune impolitesse à son égard. Lui céder ma place ce serait une faveur, et cela reste à ma discretion dans tous les cas. Après tout si elle est moche et conne, je n’aurais vraisemblablement pas envie de lui plaire et de lui offrir gratuitement ma place, car il n’y a AUCUNE récompense/gratification à être galant. Si vous en trouvez, éduquez les gens autour de vous et faites m’en part par la même occasion.
On parle d’égalité entre les sexes. On la souhaite en tout cas. Pourtant on se fout tellement de la vie de son prochain qu’on commet chaque jour une suite d’incivilités, qu’on fait preuve sans cesse de plus d’impolitesse, que nos enfants ne savent même plus dire bonjour ou merci. On est tellement loin de l’égalité quand on ne se préoccupe que de soi…
Je parle comme mon père, ou ma grand-mère. Je parle comme un vieux con. Je parle tout seul en plus. Je soliloque. Je me parle, je m’écris, je me lis, je m’approuve, j’opine de la tête, je suis d’accord avec ce que je tape, j’aime mes principes, mes idées. Puis je regarde dehors, je sors, je fréquente les autres, je confronte mes valeurs aux leurs, et je suis desespéré. Je ne suis pas préparé pour vivre à cette époque. On m’a enseigné des valeurs d’un autre âge. J’ai tant d’espoirs et d’idéaux malmenés par les conduites de mes contemporains. Finalement je suis bien mieux ici à me parler, m’écrire, me lire, m’approuver, à opiner de la tête, à être d’accord avec ce que je tape, à aimer mes principes et mes idées…