
Incroyable… C’est la première fois que je peux remettre la main sur un ordinateur avec une connection Internet digne de ce nom depuis que j’ai participé comme arbitre au Championnat National junior et juvénile de badminton qui se tenait à Montréal cette année. Le niveau de jeu était exceptionnel pour ceux que je considère encore n’être que des enfants (15 ans pour les plus vieux). Je serai assuré de perdre en simple contre à peu près tous les semi-finalistes. Après tout, j’ai bien perdu en simple un soir contre un autre arbitre qui doit avoir à peu près le double de mon âge… Si j’en parle c’est que je n’ai pas vraiment de honte à l’avouer. J’ai bien entendu une bonne trentaine d’excuses, toutes aussi valables à mes yeux, mais je ne me risquerai pas à les exposer de peur que quelqu’un ne les réfute systématiquement. Soyons bon perdant pour une fois. Ne blâmons que moi pour cette défaite, accordons à mon adversaire tout le crédit qui lui revient.
Ce tournoi canadien a été l’occasion de réaliser que j’ai commencé à pratiquer le badminton bien trop tard. J’ai commencé à un âge où d’autres étaient déjà champion Candien ! Hélas je n’ai pas commencé le badminton à 7 ans. Il faut que je me résigne à ne jamais être un “grand joueur”. Par contre j’ai réalisé que je pouvais encore être un grand arbitre, je dois actuellement être le plus jeune en tout cas. Je me suis fait teinter aujourd’hui les cheveux en gris (comme chaque été ou presque) et je m’en sers pour taquiner les autres officiels, en annoncant vouloir afficher une couleur de cheveux qui ne les vieillisse pas trop lorsqu’ils se tiennent près de moi en public.
Cela dit c’est bien plaisant d’arbitrer. On est aux premières loges pour observer les matchs, ces derniers ne commencent jamais sans nous, etc. Par contre c’est l’endroit le moins pratique pour fraterniser avec les joueurs… Certains continuent de me donner du “Monsieur” alors que nous nous sommes déjà affronté sur un terrain au court d’un tournoi. La distance de l’uniforme ?
Cette semaine c’est le grand show qui commence… Tout ce que le Canada compte de meilleurs joueurs se sont réunis ici à Sherbrooke pour une semaine. Je vais pouvoir apprécier leurs talents athlétiques et m’en délecter. C’est un peu (pour un amateur de hockey) comme si tous finalistes de la coupe Stanley faisaient leur finale dans votre jardin, au son de votre sifflet… Imaginez qu’en plus je suis payé pour assister au spectacle et vous aurez compris pourquoi j’ai un sourire dans la face en permanence… Alors que certains payent 5$/jour pour venir voir les rencontress, j’en reçois 30$/jour pour avoir accepté de me déplacer. On me loge, on paye mon déplacement (auto, moto, taxi, avion, trottinette, etc.), une navette me mène où je le désire sur et hors du campus, je suis invité dans toutes les cérémonies et banquets qui ont lieu lors de la compétition, ET JE N’AI QUE ÇA À FAIRE D’Y ALLER ! Autant vous dire que mes soucis actuels sont insignifiants.
Bon, il faut que j’arrête. Je ne suis pas là pour me vanter, juste pour dire qu’il y a de l’argent facile à faire et de bons spectacles à saisir en contrepartie d’un maigre travail (5 parties arbitrées par jour…). Est-ce que cela va être suffisant pour créer des vocations ?



