
Magnifique ! Pour une fois je ne me levais pas trop tard ce matin. Le téléphone eut beau sonner par deux fois, je suis resté bien confortablement dans mon lit. Mon colocataire à la mauvaise habitude de m’appeler pour ne rien dire dès qu’il a une pause à son travail. Si le téléphone sonne le matin et que je suis au lit, je le laisse donc sonner, après tout on a un répondeur.
Bref, quel plaisir en me levant de constater l’éclat intense du soleil, l’absence de vent et la chaleur qui rêgne dehors. Comble de la joie, j’eus même la chance de contempler un magnifique petit moineau dont la tête était ornée de jaune, les joues d’un vert pomme et le ventre d’un blanc immaculé. Ses plumes codales, ainsi que le reste de son corps était d’un gris bis. Son bec était fin, long, très pointu et comme je pus m’approcher suffisamment de lui, j’en vins même à remarquer que la partie supérieure de celui-ci était légèrement plus longue. Sans nulle doute ce bec était il très utile pour creuser le sol ou même le bois.
Je me suis amusé à détailler ses fines articulations en me demandant comment tout cela pouvait offrir le moindre support. Le squelette de ses pattes était aussi fin que des aiguilles et si ce n’était le très léger renflement fonctionnel de la peau sur ses glènes qui nous en rappelaient la fonction, on eut dit ces pattes créées par un artiste pour son oeuvre, et non faites pour le maintien d’un oiseau.
Il y avait quelques plumes jonchant le sol de mon appartement. Les chats avaient joué avec cette pauvre dépouille avant qu’elle ne rende l’âme. J’ai déposé la petite touffe plumeuse sur une table dehors, hors de portée des chats le pensai-je. Cinq minutes ne s’étaient pas encore écoulée qu’une chatte achevait de déplumer le reste de l’animal… Il tomba par terre, le chien s’approcha et l’avala.
C’est le printemps, il fait beau, il fait chaud, et même si on habite en ville la nature est parfois plus proche de nous qu’on ne l’imagine.


