Site personnel (ouvert aux commentaires) parlant essentiellement des thèmes suivants : CSS (cascading style sheet), Design Web (création de site internet), Geek, Mac, Apple, Photo, Vidéos, Flash, Droit, Vie en communauté, Responsabilité et d'actualité. Désolé pas de photos porno, pas de publicité, ni de fenêtre popup, on vous aura mal renseigné...
Romain.info Monologue extérieur
admin

20/5/2002

Oiseau

Magnifique ! Pour une fois je ne me levais pas trop tard ce matin. Le téléphone eut beau sonner par deux fois, je suis resté bien confortablement dans mon lit. Mon colocataire à la mauvaise habitude de m’appeler pour ne rien dire dès qu’il a une pause à son travail. Si le téléphone sonne le matin et que je suis au lit, je le laisse donc sonner, après tout on a un répondeur.

Bref, quel plaisir en me levant de constater l’éclat intense du soleil, l’absence de vent et la chaleur qui rêgne dehors. Comble de la joie, j’eus même la chance de contempler un magnifique petit moineau dont la tête était ornée de jaune, les joues d’un vert pomme et le ventre d’un blanc immaculé. Ses plumes codales, ainsi que le reste de son corps était d’un gris bis. Son bec était fin, long, très pointu et comme je pus m’approcher suffisamment de lui, j’en vins même à remarquer que la partie supérieure de celui-ci était légèrement plus longue. Sans nulle doute ce bec était il très utile pour creuser le sol ou même le bois.

Je me suis amusé à détailler ses fines articulations en me demandant comment tout cela pouvait offrir le moindre support. Le squelette de ses pattes était aussi fin que des aiguilles et si ce n’était le très léger renflement fonctionnel de la peau sur ses glènes qui nous en rappelaient la fonction, on eut dit ces pattes créées par un artiste pour son oeuvre, et non faites pour le maintien d’un oiseau.

Il y avait quelques plumes jonchant le sol de mon appartement. Les chats avaient joué avec cette pauvre dépouille avant qu’elle ne rende l’âme. J’ai déposé la petite touffe plumeuse sur une table dehors, hors de portée des chats le pensai-je. Cinq minutes ne s’étaient pas encore écoulée qu’une chatte achevait de déplumer le reste de l’animal… Il tomba par terre, le chien s’approcha et l’avala.

C’est le printemps, il fait beau, il fait chaud, et même si on habite en ville la nature est parfois plus proche de nous qu’on ne l’imagine.

17/5/2002

Cyber

On tient plein de propos suggestifs sur le printemps et ses conséquences sur les hormones des hommes et des femmes. Ces paroles ne sont pas dénuées de fondement, notre espèce réagit plus ou moins de la même manière année après année.

Le printemps c’est surtout l’occasion pour les femmes de porter de belles robes, camisolles, jupes, bustiers, décolletés, bref, tout un éventail d’ornements qui sont d’ordinaire remisés au placard pour raison de température froide principalement. Attirés par les morceaux de chair ainsi dévoilé, les hommes sont irreversiblement attiré. L’attention dont ils couvrent alors les femmes incite ces dernières à recourir plus souvent à ce genre de tenue dès que l’occasion le permet. Le soleil n’est beau que sur la peau, tout le monde le sait, tout le monde s’exhibe.

Il n’y a rien de fataliste dans le comportement décrit, chacun réagissant à des stimulis qui lui sont propres, je ne m’efforçais que de trouver quelques lignes directrices. Bref, on peut estimer qu’il y a bien plus que la “chair dévoilée” pour expliquer ce que chacun constate.

Je suis sur le point de vous confirmer qu’il y a autre chose en effet… Pour ceux qui l’ignorent encore, j’ai ICQ et il m’arrive de “chater”, surtout ces derniers temps car je n’ai rien d’autre à faire. J’ai une liste d’ami(e)s inscrits dans mon logiciel, et je ne parle qu’avec eux.

Or, en milieu semaine dernière j’ai eu la surprise de constater que TROIS filles habitant Québec m’avaient ajouté à leur liste de contact sans que j’ai jamais discuté avec elles auparavant. J’ai bien entendu parlé avec elles depuis pour savoir pourquoi elles m’avaient choisi parmi plus d’un milliard d’usagers d’ICQ… La réponse n’a pas été toujours claire dans les premiers échanges, mais avec une semaine de recul je me rends compte que les besoins sont assez évidents. Il s’agit souvent, et non exclusivement de la recherche d’un père, d’un frère, d’un ami, et/ou d’un amant.

Ce qui est amusant c’est que tout cela surgisse la même semaine alors que ce n’était jamais arrivé de l’année. En fait, je mens un peu, une vénézuelienne avait bien tenté de sympatiser avec moi auparavant, et en ce qui la concerne c’était d’un amant capable de l’héberger le jour où elle allait débarquer de son pays pour le Québec dont elle avait besoin.

Bref, je trouve cela amusant de voir que le soleil pousse autant au rapprochement. Car on pourra détourner comme on voudra le sens des actes posés par ces demoiselles (toutes plus jeunes que moi d’au moins 5 ans !), il n’en reste pas moins qu’elles ont choisit “par hasard” (?) un homme habitant la même ville qu’elles… Un homme… Environ du même âge… Habitant la même ville…

Internet un village global ? Non, je ne pense pas. C’est juste un moyen de se rapprocher de ses voisins. Un moyen pratique pour draguer sans bouger de chez soi. Un moyen pour sélectionner l’amant pour autre chose que son physique (sa manière d’écrire et sa capacité à maintenir une discussion intéressante), même si à un moment où à un autre une photo est demandée. D’ailleurs à ce moment là il est toujours amusant de (se) demander en quoi une photo aiderait à (mieux ?) continuer ce qui avait été déjà fort bien entretenu sans.

Le même raisonnement s’applique pour la recherche d’un père, d’un frère, d’un ami…

12/5/2002

ALLELUÏA ! S’il y a un Dieu, ce dont je me fiche éperdument du reste, je lui suis quand même gré d’être allé botter le cul de quelques fonctionnaires canadien émigrés en sol français.

Hier, dès potron-minet, alors que mes paupières et mes muscles étaient encore lourd de sommeil, le téléphone retentit. N’ayant aucune intention de troubler la position confortable dans laquelle mon corps s’était lové dans les draps, enchevêtrement inextricable de coton et de chair savamment travaillé par toute une succession désordonnée de gigotement nocturnes, je décidai, avec la lucidité comateuse propre aux premières minutes du réveil, que quel que pouvait être le motif de cette personne me dérangeant si tôt, j’en prendrai connaissance une fois mon sommeil complété, si tant elle qu’elle eût le courage de laisser une trace de sa voix sur mon répondeur. Plusieurs heures passèrent et je finis par me réveiller. Traînant dans la maison mon corps encore engoudit, posant sur chaque objet un regard hébété, faisant du bout des doigts quelques flatteries aux chats, je me rappelai qu’on m’avait réveillé le matin même au son stressant du téléphone. Fixant attentivement mon regard sur le clavier, laissant à ma vue le temps de faire le point, coordonnant mes gestes en les suivant des yeux, j’activai ma boite vocale en approchai mon oreille.

La voix de ma mère, le ton quelque peu dramatique, acheva de me sortir de ma torpeur. Rapidement je passais en revue les drames possibles… La voiture qu’elle s’était faite voler avait été retrouvée brulée ? Mon père avait fait une rechute, ou pire ? Mon frère développait ses premiers sarcomes de kaposi ? Elle était elle même hospitalisée ?

Laissant mon imagination de côté, je décidai de prêter attention à ses paroles. Elle me parla de bonne nouvelle, celle-ci sembla me concerner tout particulièrement. Tout à coup surgit dans mon esprit, alors qu’elle mentionna une lettre recommandée, l’éventualité qu’un longue attente approchant les deux ans soit sur le point de prendre fin. Puis j’entendis de sa bouche la confirmation de ce soupçon. Dans un élan paradoxalement dénué de toute vélocité, le Gouvernement du Canada venait de m’octroyer le statut de résident permanent.

A l’avenir, sitôt que je serais revenu de mes vacances en France, j’aurai la possibilité et la joie de pouvoir me chercher officiellement un emploi !

4/5/2002

Remboursement

C’est bien la première fois que cela m’arrive de toucher de l’argent du gouvernement. Et j’espère bien vivre suffisamment longtemps pour vivre à nouveau une telle surprise.

Deux chèques m’attendaient sur mon bureau. En fait j’ignorais qu’il s’agissait de chèques. Je voyais juste que cela venait du gouvernement du Canada. En tout et pour tout un peu plus de 600$ de réajustement des douanes pour des frais d’importation que j’avais dû payer il y a de cela presque deux ans. De l’argent que j’avais en quelque sorte “avancé” au gouvernement et qui me revient de droit plus tard, sans intérêt bien entendu, il ne faut pas rêver.

La question maintenant c’est de savoir quel nouvelle gugusse je vais m’acheter avec. Je serais tenté d’acquérir un puissant et bel eMac ou un très design et non moins puissant iMac… Bref, en vrai nerd c’est dans un nouvel ordinateur que je vais réinvestir sans l’ombre d’un doute. Ce dernier servira à remettre en place le défunt serveur Hotline/Carracho que je maintenais il y a de cela pas loin d’un an.

Je suis quelqu’un de très simple finalement. Donnez-moi un peu plus de soleil qu’il n’y en a en ce moment, l’attention d’un être cheri, au moins autant d’argent chaque semaine et je serais heureux comme un pacha.

Très satisfait d’être enfin revenu dans mon “chez moi” québécois, appréciant sans limite chaque apparition du soleil, excité à l’idée de repartir en France cet été encore, satisfait de ma nouvelle apparence grisonnante, les poches à nouveau pleines de billets, me délectant du spectacle de toutes ces jupes et de ces combinaisons qui font à nouveau leur apparition dans les rues et dans les bars, je vis dans un état de jubilation extatique prolongé… Pourvu que ça dure.

2/5/2002

Restaurant

Je ne me doutais pas qu’en joignant la cohorte grisonnante des arbitres mon train de vie et mes habitudes alimentaires allaient être boulversées. Or, hier, avec tout ce que le championnant canadien compte d’officiels assermentés, nous sommes allé manger dans LE restaurant le plus chic de Sherbrooke. Il s’agissait d’un restaurant français. J’ai bien entendu trouvé le choix fort original… Mais après tout pour quoi pas.

L’endroit était très “classieux” bien entendu, et nous devions à peu près être les seuls à ne pas porter de cravate. Peu importe, nous n’étions certainement pas là pour impressioner mais pour manger, quitte à déplaire un tant soit peu à l’étiquette de l’établissement. Du reste nous avons été fort bien accueilli, ayant tendance à toujours reprocher et à ne jamais féliciter je serais tenté de rajouter qu’au prix qu’on paye les repas cet accueil est le minimum qu’on soit en droit d’attendre. Ce fût long avant qu’on nous apporte à chacun nos plats. Nous avions déjà commencé à saliver à la lecture du menu et de nombreuses questions avaient surgi alors que nous tentions d’expliquer aux anglophones ce que pouvaient bien contenir certains plats aux noms fleuris. A titre d’exemple voici ce qui m’a été servi :

Potage de saison (rutabaga)
Salade d’avocados et rémoulade de moules à la coriandre et ciboulette
Mignon de filet de boeuf aux échalottes mauves et vin rouge
Assiette de trois fromages (bleu - mamirol - chêvre frais)
Coupe glacées maison aux fruits confits et noisettes
Tisane aux délices de cassis

J’ignore toujours ce qu’est une rutabaga. Je sais vaguement que c’était un légume fort consommé durant la seconde guerre mondiale par mes grands parents, qu’il remplaçait plus ou moins la pomme de terre, mais pour le souvenir que j’en ai c’est à mi-chemin entre la patate et le poireau au niveau du goût. Quand a l’aspect du légume cela reste un mystère que je n’ai pas envie de fouiller. Le souvenir que j’en ai est périssable et je sens que je pourrais très bien passer le reste de ma vie sans jamais y goûter de nouveau sans que cela ne me gêne plus que cela.

Je n’étais jamais allé dans un restaurant aussi chic auparavant, et je n’imaginais certainement pas avoir à le faire à moins d’y amener une conquête pour un souper romantico-chico-vieux jeux… Cela ne m’a pas empêché d’apprécier la soirée, et d’apprécier à ne pas avoir à payer toute la facture. Sans vin, la mienne dépassait les 45$ (sans le tip), somme que je ne m’imaginai pas assez fou pour dépenser un jour en un seul repas. Dans ma misérable vie d’étudiant cela représente le budget de presqu’une semaine d’approvisionnement en patates-pâtes-Bolino-Kraft…

Voilà les souvenirs que je garde de cette semaine d’arbitrage. La bouffe. C’est le seul plaisir qu’on puisse s’offrir avec notre TRÈS modeste Per Diem.