Que de péripéties en quelques jours… Ma vie a l’air très intense quand je la résume comme je vais le faire :
Pour commencer, jeudi, je me suis empressé de faire débloquer mon dossier auprès du Services des etudiants étrangers en vue de régler toute la paperasse administrative avant mon départ. Mon dossier était bloqué car je ne pouvais fournir de document d’immigration en règle. En fait je possédais un tel document depuis des semaines, mais j’ignorais qu’il suffisait, j’attendais avant de les contacter d’avoir mon visa d’étudiant renouvellé. Bref, une fois ce cafouillage réglé mon dossier était débloqué, c’est à dire que je pouvais m’inscrire à l’Université pour la session d’hiver (ouais ouais, celle qui s’était terminée quelques jours avant…). Dès vendredi, grâce à ce déblocage je me suis rendu au Registrariat de l’Université pour qu’ils attestent de mon inscription afin que je puisse obtenir le prolongement de ma couverture santé. Tout se serait passé très vite si j’avais eu de la chance, mais comme depuis le premier jour où j’ai mis les pieds à l’Université rien ne va comme il faut avec mes démarches administratives, il était normal (ne suis-je pas maudit après tout ?) que ça foire… Quelques heures plus tard, quelques coups de fils plus tard, quelques menaces plus tard, j’avais enfin mon document. Je me suis alors précipité au centre ville afin de faire valider ma couverture santé auprès de la Régie d’Assurance Maladie du Québec. Je ne pouvais attendre le lendemain, car le samedi rien n’est ouvert.
Je me couchais exténué de toute cette course et de ce stress bien inutile avant mon départ. Mais j’avais en main une preuve de couverture sociale qui allait servir à permettre le prolongement de mes droits une fois que mon statut de résident permanent serait validé. Sans couverture valide au moment de la validation du statut on laisse les nouveaux immigrants 45 jours sans couverture médicale. Je ne comprends pas pourquoi, c’est stupide, et les explications que je trouve le sont tout autant. Mais bon, je m’étais arrangé pour ne pas que cela m’arrive tout de même. Bref, ce matin là je rejoignais une amie afin qu’elle m’amène à la frontière canadienne pour faire valider mon statut de résident permanent (le papier qui me permettra de travailler en somme…). Quelques heures plus tard, longtemps après avoir fait un petit tour aux Etats-Unis (20 mètres, un demi tour et 20 mètres…), je revenais avec tous mes papiers en poche. J’estime à 12h38 approximativement, l’heure à laquelle on m’a souhaité amicalement la bienvenue au Canada. J’ai maintenant les mêmes droits que les canadiens, minus le droit de vote, mais quand on voit les abrutis sans éducation que sont les candidats aux diverses élections, je m’évite ainsi le joyeux casse-tête d’avoir à choisir le moins pire de tous.
Dimanche je m’accordais quelques heures de loisirs avec un ami et sa blonde à « La Ronde », un parc d’attraction sur l’île Ste-Hélène, non loin de Montréal. J’ai goûté à quelques manèges impressionnant. Mon souvenir le plus mémorable reste celui de « l’Orbite » où l’on s’asseoit sur une plateforme où l’on est arnaché comme dans une voiture de Formule 1 et où l’on vous catapulte dans les airs à une vitesse que je ne peux exprimer, mais au cours d’une accelération qui est évaluée à 4G ! Soit 4 fois le poids de votre corps… Pendant un instant j’ai pesé plus de 300kg ! Je ne pensais pas que cela allait m’arriver un jour. Une fois dans les airs, il faut bien redescendre et pendant un très court instant on vit un état d’apesanteur, rapidemment on a l’impression de tomber et cette sensation est très désagréable, d’autant qu’on ne touche alors plus notre siège et que l’on a le sentiment furtif qu’on va s’écraser pas loin en dessous… Mais somme toute c’est le meilleur manège qu’il m’ait été donné d’essayer au cours de ma presque longue vie.
En attendant pour un autre manège appellé le « Vampire », tout aussi impressionant », nous avons remarqué une fois arrivé au bout de notre heure et quart d’attente que des petits malins nous passaient devant grâce à une fille d’attente spéciale, dénuée de queue, au moyen de ticket que nous ne possédions pas et au sujet desquels nous étions alors très curieux… renseignements prit, pour un faible coût, on peut se procurer ces tickets à l’accueil et ils nous permettent de sauver un temps précieux. Nous sommes repassés dans ce manège où nous avions attendu 1h15, pour ne patienter que 5 minutes cette fois (il y avait d’autres personnes avec des tickets semblable devant nous cette fois là). Sinon ces tickets sont très utiles, curieusement leur existence est encore assez confidentielle et connaissant leur existence je suis assez content qu’elle le reste encore quelques temps…
Une fois revenu de « La Ronde » le coeur retourné plusieurs fois, les boyaux douloureux, la tête étourdie et la démarche hésitante, je suis allé chercher mes bagages chez l’ami qui m’avait gentillement hébergé la nuit précédente pour finalement me diriger vers l’aéroport. Angoisse à sa porte car il n’était pas là, ni même sa colocataire… Quelques minutes passent où je commence à perdre mon sang froid. Je l’appelle finalement sur son portable où je tombe sur son répondeur. Cela n’a pas vraiment contribué à m’apaiser… Finalement je le rappelle quelques instants plus tard et il me répond qu’il est en chemin. Il arrive juste à temps pour que je prenne un taxi qui m’emmena jusqu’au bus qui me déposa à l’aéroport. Une fois sur place mon coeur semblait vouloir recommencer à battre à un rythme normal. En chemin, la conduite saccadée du chauffeur d’autobus qui conduisait d’une main sur une route très fréquentée, tenant de l’autre une pizza large qui lui brulait les doigts m’avait maintenu dans un état plus qu’éveillé et je n’attendais rien de moins que la moindre menace d’accident pour lui crier dans les oreilles que son comportement n’avait rien de prudent. Ma vie vaut plus cher que son repas, qu’il n’avait qu’à déposer par terre d’ailleurs…
Une fois mes bagages débarqués, étant en avance de pas loin d’une heure et demi sur l’heure du décollage, je me suis tranquillement dirigé vers le comptoir d’enregistrement des bagages. On m’apprenais là bas que le vol était avancé de plus de 30 minutes ! En fait, il attendaient que tous les passagers soient à bord pour décoller le plus vite possible… Je me dépêche donc d’enregistrer mes bagages, mais demande tout de même que mon sac de raquettes de badminton fasse l’objet de soin attentifs. On me dit de le mettre en cabine, car le voyage n’est pas plein. Ayant noté ce détail, je demande à être placé à un endroit où je pourrais « allonger mes grandes jambes ». Fort gentillement on m’a alors offert une place sans aucun siège devant moi (incroyable hein !?), sans personne derrière moi, ni à côté de moi ! Bref, j’avais trois sièges pour moi seul et personne autour. Ca c’est vraiment un avion vide… Le confort ça se paye (999$). Le voyage à bord de l’avion de KLM s’annonce tranquille dans ces conditions… On nous sert pourtant vers minuit trente une petite collation. Ne pouvant résister à l’appel du sommeil, je m’endors avant le film pour ne me réveiller que quelques heures plus tard, pas loin d’Amsterdam. Ma nuit n’est pas complète, loin de là, mais je sais que je pourrais dormir plus tard avant d’arriver à Lyon, alors je patiente tranquillement en écoutant de la musique. On atterrit à Amsterdam, au Pays-Bas, pays du « pot » en vente libre, et j’ai pas loin de quatre heures d’attente avant mon prochain avion.

Je m’installe dans un coin, peinard, trouve mes bouchons en mousse que je m’insère dans les oreilles, et je tente difficilement de trouver le sommeil sur ces sièges définitivement pas étudiés pour cela. Pourtant, à ma grande surprise, ma fatigue prend le dessus et je m’endors comme un bébé. Cela allait être la sieste qui me coûterait le plus cher de mon existence…
Au réveil, je regarde machinalement ma montre pour remarquer que mon avion a déjà du décoller il y a de cela un bon quart d’heure… Vaseux et frustré de l’avoir manqué, je me dirige vers le comptoir de KLM où j’espère bien obtenir un changement pour un prochain vol. Evidemment cela se fait, mais pas gratuitement… 200$ ! Bordel. Moi qui voulait commencer à faire des économies pendant l’été. Si à chaque fois que je m’endors je perds 200$, je vais m’abstenir désormais. En plus il m’a fallu retirer de l’argent sur ma carte Visa, ce que je pensais ne pas pouvoir faire, et c’est à la troisième et dernière tentative que j’ai finalement retrouvé mon code (parce que ces cons de marchands au Canada ne sécurisent pas l’usage des cartes Visa en n’exigeant pas le code qui est pourtant programmé au sein de chacune d’entre elle…Alors fatalement, à force de ne pas m’en servir, j’oublie le code.). Miracle j’ai même pu retirer de l’argent. Et sans surprise ce sont des Euros qui sont sortis de la boite à sous.
Pendant le temps qu’il m’a fallu attendre avant le prochain vol, j’ai pu admirer l’air gracieux et élancé de ces charmantes habitantes du Pays-Bas qu’à toute fin pratique on nomme « hollandaises ». Certaines étaient au moins aussi grande que moi, pratiquement toutes blondes, parlant une langue dont je ne comprennais un traître mot, et maîtrisant l’anglais sans doute bien mieux que moi. Bref, avec aussi peu d’avantages de mon côté, compte tenu aussi de ma fatigue, je ne me suis même pas aventuré à tenter de nouer un contact, même bref avec une de celle-ci. Quelques heures plus tard j’arrivais enfin à Lyon où j’ai pu constater la fièvre footbalistique qui touche toute l’Europe en ce moment, car dans le hall d’accueil de l’aéroport un écran géant retransmettait les matchs en cours… Je me suis assis et j’ai regardé quelques actions, et à ma grande surprise j’ai même éprouvé du plaisir à cela. Je me sentais enfin bien chez moi.
Fiou… voilà ma vie. Et aujourd’hui j’ai trente ans. Il y a au moins autant de choses à venir.