Me voilà de retour à Québec. Ma vie peut maintenant reprendre son cours normal, monotone, de recherche d’emploi en recherche d’emploi.
Hier soir d’ailleurs, alors que je visitais un site Internet regroupant des offres, j’ai découvert avec effroi que les policiers de la GRC étaient mieux payés que ne le fût mon père durant toute sa carrière. Il faut croire que les disciplines scientifiques, l’érudition et les nombreuses années d’études ne sont pas des facteurs importants pour décider de la rémunération ici bas…
Cette digression achevée, il faut que je vous parle de ma courte visite à Amsterdam (Hollande) lors d’une escale prolongée en chemin pour le Canada.
J’ai atterri le matin à Amsterdam, vers 8h30, et mon avion repartait à 16h10. J’ai donc eu le temps de mettre mes bagages dans la consigne de l’aéroport, de me prendre un billet de train pour rejoindre la ville et de la visiter. Premier incident, le train a 20 minutes de retard. Sachant qu’il y en a un toutes les 20 minutes en temps normal, je me demande ce qui a pu arriver. D’autant que j’ai eu le même problème en revenant. En plus il y a eu un cafouillage monstre entre les annonces faites via le haut-parleur et la réalité de ce qui se passait sur les quais…
Bref, à 10h30 je foule pour la première fois le sol d’Amsterdam. Premier choc, des milliers de vélos ! Il y en avait partout. Tout ce que la ville comptait de poteau et barrière en était recouvert, tel un lierre envahissant.
Face à la gare se trouve aussi un énorme terminus de tramway, et curieusement ils sont très différents les uns des autres. Couleurs, âge, forme, bruit sont autant de variantes savamment représentées. Il a plu, le sol est humide, le ciel couvert. C’est excellent, je ne souffrirai pas de la chaleur au moins.
Ma carte à la main, je me dirige vers la première étape de ma courte visite : le musée de la torture. Incroyable, non ? Pourtant, cela existe. À l’intérieur, tout un tas de vieux instruments de torture. Et je dois dire que de ce point de vue, nos aïeux ont été très inventifs ! Curieusement, une guillotine concluait la visite. Je ne crois pourtant pas que le but de cet instrument ait été de “torturer” au sens premier du terme. Quoi qu’il en soit, le musée est amusant, mais ne porte de musée que le nom. C’est un assemblage d’objets avec quelques commentaires trop succincts, mal agencés, mal conservés, poussiéreux. Malgré tout distrayant.

En poursuivant ma visite à travers les canaux de la ville, ses rues piétonnes et ultra fréquentées, j’ai finalement abouti devant l’entrée de l’Erotic Museum. Situé en plein dans le Red Light District, ce quartier où les prostitués sont présentés dans des sortes de vitrines… Cette atmosphère étrange, mêlant érotisme, vulgarité et banalité, chantée par Brel, est présente dans tout ce quartier. Le tourisme y est sans doute pour beaucoup puisque le sexe concerne tout le monde et intéresse tout le monde. Bref, ce musée situé dans l’épicentre érotique de la ville présente toutes les formes que les peintures, sculptures, dessins, et autres artéfacts ont pu adopter pour exprimer l’érotisme. Des photos très explicites aux subtiles gravures chinoises, tout y passe. Le concept est assez original et bon enfant pour éviter la vulgarité. On y explique même le fonctionnement et les tarifs habituellement pratiqués par ces “prostituées de vitrine” tenant officiellement des salons de massage…

J’ai quitté ensuite ce quartier pour rejoindre le centre-ville en longeant quelques magnifiques canaux. La circulation semble être infernale du fait de nombreux sens unique et de la présence de ces canaux en lieu et place de routes bétonnées. Je comprends que le vélo reste le moyen de transport de prédilection. Je suis ensuite allé manger un sandwich sur la place Dam Centrum. Il devait y avoir autant de pigeons, ces rats des airs, qu’à Venise. À côté de moi, un couple de coréen mangeait, en guise de repas de midi, des yaourts au fruit avec du blé soufflé. Curieux mélange auquel je n’avais jamais songé.

En revenant vers la gare, je suis passé devant le Sex Museum. J’y suis entré. Même concept, mais nettement plus interactif que le précédent. Non seulement, il était plus complet et moins cher, mais en plus il était plus intéressant en raison de la présence de tous ces automates. S’il ne fallait en visiter qu’un seul, ce serait celui-là. J’ai beaucoup ri de voir de jeunes Américaines ouvrir des yeux plus gros que leurs poings en regardant certaines photos carrément pornographiques. Leur gêne était aussi évidente que leur rougeur. Quelle idée de venir dans un tel musée quand on ne connaît rien de ces activités d’adultes principalement…

Ensuite, c’était l’heure de mon vol. Je me suis installé à ma place, près du hublot, et j’ai fait la connaissance de Johan et Ana (je ne suis plus certain de l’exactitude de leurs prénoms cependant), deux étudiants suédois qui partaient étudier à McGill. Je leur souhaite bien du courage. Ils étaient fort sympathiques. Mon goût pour les suédoises se confirme…