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Romain.info Monologue extérieur
admin

28/4/2003

Je laisse mon appartement pour deux semaines. Je descends dans le sud. Pour commencer, demain, halte à Montréal où je compte bien profiter du soleil sur une terrasse et commencer la lecture de l’Alchimiste de Paulo Coelho. Il faut aussi que j’aille m’acheter un plastron pour mon déguisement de Jules César (très réussi), parce que dans deux semaines j’ai un tournoi par équipe déguisé. Et notre thème c’est Astérix et Obélix. Du coup, je le sais déjà, je serai privé de potion…

Après direction Valleyfield pour arbitrer la Championnat canadien Sénior. On va loger dans un Cegep, je crains que ce ne soit miteux…

Puis, retour vers Montréal pour arbitrer la Championnat canadien des Maîtres. Là ça devrait être plaisant, je pourrais sortir le soir, profiter du monde… Sauf que je me connais, je vais être crevé. Mais bon, avec toutes ces Montréalaises qui n’attendent que moi, ça va être dur de résister à l’appel du printemps.

Enfin, direction Pierrefond pour participer à ce fameux tournoi par équipe, en déguisement.

Et pendant ce temps, mon coloc va en profiter pour se taper d’autres filles et tromper sa blonde, en douce…

26/4/2003

En plus il est infidèle...

Vivre avec mon coloc, X, c’est comme regarder un soap opéra à la télévision, on a tous les ingrédients (amour, haine, trahison, fraude, méchanceté, bétise, argent, etc.) sauf que c’est “live” et qu’on peut interagir. Je refuse encore de croire que c’est “ça” une vie (normale). Petit résumé des derniers rebondissements :

- X refuse de m’intégrer sur le bail, car cela lui permet de récupérer un retour d’impôt conséquent, puisqu’il déclare comme sorti de sa poche de l’argent qui est en fait pour moitié sorti de la mienne. Conséquence, avec cette fausse déclaration il touche deux fois plus d’argent que nécessaire, et la portion supplémentaire qu’il récupère est subtilement détournée de ma poche.

- Avant hier, en allant me coucher à 3h30, je le vois revenir d’un bar avec sa copine. Je termine de me brosser les dents, et je leur dit “bonsoir” avant d’aller dormir. Et là je réalise que ce n’est pas du tout sa copine… Plus tard, j’ai eu la confirmation sonore qu’elle n’était pas seulement venue admirer l’appartement. Le lendemain matin, vers 11h30, je me lève et je prends ma douche. J’entends que ça s’agite dans la chambre à côté. L’inconnue a décidé de lever le camp avant que j’ai terminé, de peur de me croiser sans doute. Une heure plus tard, sa copine (une fille naïve, charmante, aimante, bonne poire, fidèle et manipulée) arrive et le surprend (encore) endormi dans son lit. Elle trouve ça charmant…

À ce stade commence une situation intéressante. J’ai le moyen d’obtenir ce que je veux par un chantage pur et simple. Sauf que, je subodore qu’au final il enverra bouler sa blonde actuelle pour regagner un célibat qu’il affectionne, et nos relations seront encore plus tendues qu’avant. Donc, même si j’ai le choix des armes, je pense que je vais renoncer à en user. Pourtant c’est tentant de dénoncer un connard…

24/4/2003

C’est nouveau de ce soir, tous les liens qui ouvrent une nouvelle fenêtre auront désormais une petite icône à la suite du lien : nouvelle fenêtre.

Pour les nerds et autres webmestres, j’explique comment procéder sur le site de Sitepoint (si si, tout en bas de la page). En anglais uniquement.

23/4/2003

Un cadeau du chien...

Petit aperçu sur ce que c’est que de faire de la colocation avec un chien et son maître sans-gêne. Notre voisin Y frappe à la porte. Il entre et annonce que le chien de X, Moushka, vient de déposer il y a 10 minutes de cela un gros cadeau odorant sur sa moquette. Et là on parle vraiment d’un gros cadeau. Un bouvier bernois adulte ça mange… Et, par voie de conséquence, tout est pesant chez lui.

Or, voilà que la première réaction de X est :

Qu’est ce que tu lui as fait ?

Mais pas dans le sens : “Comment l’as-tu puni”. Plutôt genre : “Qu’as-tu bien pu lui faire pour qu’il se venge comme ça ?”.

À aucun moment, et malgré mes habiles insinuations, il ne lui est venu à l’idée de tenter de réparer les dégats, ni même de s’excuser, ou encore de corriger le chien. Comme quoi il peut très bien être propriétaire de son chien, mais pas responsable. On pique lequel là ?

22/4/2003

Tu aimes les jeux ? Tu aimes réfléchir ? Tu sais te servir de 7 doigts à la fois ? Alors tu dois absolument essayer Kiki the Nanobot qui a gagné uDevGame 2002.

Je voulais remplir ma déclaration d’impôt via Internet, mais impossible. Je suis renvoyé à une page qui me dit de télécharger Explorer ou Netscape. Du coup, piqué au vif, je leur envoie un courriel assassin.

Pour charger cette page il faut télécharger plus de 128Ko, soit patienter plus de 18 secondes avec un modem 56K. De plus la page en question n’est absolument pas valide et ni moindrement optimisée. Parlez-moi d’accessibilité… Tout ça pour se faire dire d’aller télécharger un autre logiciel.

Comme j’avais laissé mes coordonnées complètes, ils m’ont appelé environ deux heures plus tard. Juste pour me dire que ma plainte allait être référée aux personnes adéquates (elle ne devait pas trop savoir à qui l’envoyer en fait). J’aurais jamais pensé être rappelé pour si peu. Ça me rassure quand même de savoir qu’ils lisent leur courrier. Elle a quand même conclu avec une remarque qui m’a fait frémir. Elle disait que le Ministère n’avait pas développé son site pour les quelques 4% d’utilisateurs que représentent les internautes avec Macintosh. Mais là on parle de service public, pas de business privé. Si je l’avais laissée faire, elle m’aurait dit que le gouvernement n’allait rien faire non plus pour les aveugles, les sourds et les muets, parce qu’ils ne représentent, eux non plus, pas plus de 4% de la population québécoise…

21/4/2003

Pourquoi Pâques au fait ?

Il y a deux ans, l’archeveché de Montréal avait lancé une grande campagne de prosélytisme à l’aide de grandes affiches, sur lesquelles on pouvait lire :

Vos enfants savent-ils pourquoi ils ont congé de Pâques ?

Un lecteur du Voir, Pierre-Alain Cotnoir, avait fait publier cette réaction sous le titre "Je suis agnostique, Dieu merci". Depuis ce jour, je garde dans mon portefeuille sa précieuse intervention. C’est cinglant, c’est parfait.

(…) Oui, mon fils sait pourquoi vous fêtez des contes sanglants !

Je lui ai bien appris à ne pas croire au père Noël ni aux autres sottises, anges, diables, paradis, enfer, péchés véniels et autres fredaines de curés.

Je lui ai fait voir que les avancées de la connaissance amenèrent une partie de l’humanité à mieux comprendre sa destinée, depuis Galilée que vos prédécesseurs ont forcé à se renier, jusqu’à Darwin que leurs successeurs n’ont pu faire taire.

Je lui ai montré que votre amour du prochain n’allait pas au delà de tous les bûchers que vous avez dressés pendant pus de mille ans, des excommunications que vous avez professées, des interdits que vous avez sermonnés, des mises à l’index que vous avez compilées.

Je lui ai enseigné à douter, à ne pas s’enfermer dans les convictions, à chercher à comprendre, à ne pas croire l’autorité. Que ce que vous appelez religieusement la foi n’était que le summum de la capitulation de l’intelligence.

Je suis heureux qu’il vous regarde comme des vestiges d’un passé révolu. Je suis confiant qu’il poursuivra sa route, moins naïf que ne le furent mes grands-parents, malheureux analphabètes emmurés dans vos prisons de l’esprit.

Vous qui avez été les complices complaisants de ceux qui dominèrent notre peuple pendant trop longtemps, je souhaite que vos croyances, vos rites et vos institutions se transforment très vite en pièces d’ethnologie, juste bonne à montrer la bétise dans laquelle nagea l’humanité pendant des siècles.

Un mécréant agnostique fier de l’être et qui réclame à grands cris son excommunication depuis des années (vous aviez la main plus leste avant ! ).

Le dossier criminel et sanglant de l’Église ne s’arrête hélas pas là : complicité silencieuse et bienveillante durant la seconde guerre mondiale, nombreux cas d’abus sexuels, etc. Pourtant, joyeusement, chaque année, on célèbre encore à grand coup de chocolat cette fête religieuse. La raison de ce congé s’est perdu dans l’oubli de la plupart, mais l’évènement n’en est pas pour le moins devenu laïc avec le temps…

18/4/2003

Je viens de perdre un pari. Et je suis loin d’être triste. Tout comme je suis loin d’être surpris. En visitant Les coups de langue de la grande rousse j’aurais mis ma main au feu qu’elle était française de France.

D’abord parce qu’elle utilise des termes familiers français (”berges” pour “ans”), ensuite parce que le sujet de son site est entièrement consacré à la langue française.

Mais non j’ai perdu. C’est d’un mélange italo-québecois pur laine.

Maintenant je cherche des québecois(es) avec les mêmes talents dans la tranche 30-40 ans…

Je viens de recevoir ma Carte Soleil (l’équivalent “low-tech” de la Carte Vitale). Et, dans la même enveloppe, il y avait un formulaire à remplir et à signer pour faire don de nos organes s’il advenait qu’on décède. Ben, je l’ai rempli et je l’ai collé à ma Carte Soleil.

Et pour ceux que ça choque, je les rassure, si vos rêves se réalisaient, mon cadavre serait rapatrié en France de toute façon, puisque je ne suis pas citoyen canadien. Et, en France, l’Article L. 655-11 de la Loi n° 94-654 du 29 juillet 1994 stipule que :

Le prélèvement d’éléments du corps humain et la collecte de ses produits ne peuvent être pratiqués sans le consentement préalable du donneur. Ce consentement est révocable à tout moment.

Et personnellement, j’en ai rien à foutre. J’estime que c’est plus à ceux qui me survivent de juger si ça les peine de me savoir amputé d’un morceau de moi ou pas. Une fois mort, je ne vois pas ce que ça change de toute façon. Ils pourront bien donner le bout qu’ils veulent à qui ils veulent.

Encore une langue intriguante...

Mon coloc, X, est une source intarissable de questionnements linguistiques (tout comme cette photo qui éveilla en moi un profond questionnement… non linguistique en revanche). Il ne les suscite pas consciemment, il les créé. Pas plus tard qu’hier, buvant une bouteille de vin de dépanneur et l’appréciant malgré tout, il proposa à sa blonde, XY :

Est-ce que tu veux d’autre vin ?

Non, non, non… Il ne proposait pas du vin venu d’une autre bouteille ! Il s’agissait du vin dégeux de la même bouteille pas bonne. Et là c’est comme un gant de métal qu’on frotterait lentement contre un tableau en ardoise. En tout cas c’est l’effet que ça fait à mes oreilles. Parce que ma conscience me dicte de dire plutôt :

Est-ce que tu veux encore du vin ?

Après tout, “autre” ça désigne quelque chose de différent, alors que “encore” se rapporterait plutôt à la même chose (les petits enfants disent “encore” pour réclamer une ration supplémentaire de frite, et les femmes adultes disent “encore” dans un tout autre contexte… Et si elles disaient “un autre” à la place elles passeraient pour de fieffées salopes). Si je ne connais pas les règles qui régissent l’usage de autre et encore, en revanche j’ai accès à leurs définitions :

Autre, adj. : Qui est différent, qui est distinct, qui n’est pas le même. Il n’est pas comme les autres hommes. Un autre projet. Ils viendront un autre jour, une autre fois. Il faut prendre l’autre route
Encore, adv. : De nouveau, une fois de plus, davantage. Il a encore téléphoné. J’ai encore perdu. Je prendrais encore du thé.

Mais cela ne règle pas tout, puisque cela ne me gêne pas par contre de dire :

Garçon, deux autres bières !