Il y a deux ans, l’archeveché de Montréal avait lancé une grande campagne de prosélytisme à l’aide de grandes affiches, sur lesquelles on pouvait lire :
Vos enfants savent-ils pourquoi ils ont congé de Pâques ?
Un lecteur du Voir, Pierre-Alain Cotnoir, avait fait publier cette réaction sous le titre "Je suis agnostique, Dieu merci". Depuis ce jour, je garde dans mon portefeuille sa précieuse intervention. C’est cinglant, c’est parfait.
(…) Oui, mon fils sait pourquoi vous fêtez des contes sanglants !
Je lui ai bien appris à ne pas croire au père Noël ni aux autres sottises, anges, diables, paradis, enfer, péchés véniels et autres fredaines de curés.
Je lui ai fait voir que les avancées de la connaissance amenèrent une partie de l’humanité à mieux comprendre sa destinée, depuis Galilée que vos prédécesseurs ont forcé à se renier, jusqu’à Darwin que leurs successeurs n’ont pu faire taire.
Je lui ai montré que votre amour du prochain n’allait pas au delà de tous les bûchers que vous avez dressés pendant pus de mille ans, des excommunications que vous avez professées, des interdits que vous avez sermonnés, des mises à l’index que vous avez compilées.
Je lui ai enseigné à douter, à ne pas s’enfermer dans les convictions, à chercher à comprendre, à ne pas croire l’autorité. Que ce que vous appelez religieusement la foi n’était que le summum de la capitulation de l’intelligence.
Je suis heureux qu’il vous regarde comme des vestiges d’un passé révolu. Je suis confiant qu’il poursuivra sa route, moins naïf que ne le furent mes grands-parents, malheureux analphabètes emmurés dans vos prisons de l’esprit.
Vous qui avez été les complices complaisants de ceux qui dominèrent notre peuple pendant trop longtemps, je souhaite que vos croyances, vos rites et vos institutions se transforment très vite en pièces d’ethnologie, juste bonne à montrer la bétise dans laquelle nagea l’humanité pendant des siècles.
Un mécréant agnostique fier de l’être et qui réclame à grands cris son excommunication depuis des années (vous aviez la main plus leste avant ! ).
Le dossier criminel et sanglant de l’Église ne s’arrête hélas pas là : complicité silencieuse et bienveillante durant la seconde guerre mondiale, nombreux cas d’abus sexuels, etc. Pourtant, joyeusement, chaque année, on célèbre encore à grand coup de chocolat cette fête religieuse. La raison de ce congé s’est perdu dans l’oubli de la plupart, mais l’évènement n’en est pas pour le moins devenu laïc avec le temps…