Hier je suis allé dans un coin isolé,
Renifler des cailloux gardés dans des clotûres.
Y’avait deux autres chiens, un petit excité
Et un autre plus gros qui avait fière allure.
Sa belle stature m’avait tout de suite frappé,
Son poil noir, sa tenue, ce chien là m’intriguait.
Je le reniflais comme je l’aurais fait d’un os,
Quand ma truffe alla soudain buter sur ses gosses…
Avec effroi je fis quelques pas en arrière !
Dire que j’étais sur le point de monter un chien !
C’est qu’il ne m’aurait pas prévenu le pervers !
Je suis pas homo, même si ça lui plairait bien…
Enragé d’avoir été mené en bateau,
Je ne pouvais laisser l’incident impuni.
Ce corniaud allait constater sous mes beaux crocs,
Qu’il était temps de payer pour son infamie.
Fuyant une correction amplement méritée,
Son chemin croisa hélas celui d’une table…
Sous le choc il m’apparut quelque peu sonné.
Vaincu par K.O. au premier round. Pitoyable…
Je me remettais tranquillement de l’exploit,
Quand mon regard croisa celui de cette chienne.
Peu importe qu’elle ait une faiblesse à mon endroit,
ou pas. Qu’elle le veuille ou non, elle serait mienne.
J’ai d’abord tenté galamment de la séduire,
Mais la garce ignorait simplement mes avances.
Elle pouvait bien continuer de m’éconduire
Cela ne faisait qu’augmenter mon attirance.
Mes tactiques subtiles ayant toutes échouées,
Il m’a fallu l’aborder plus directement…
Je me suis plus contenté de la renifler,
Mais j’allais lui lécher le cou directement.
Tout cela n’eut pas sur elle l’effet escompté,
Je n’observais aucun changement remarquable,
Mis à part d’avoir soudain le cou tout mouillé,
Ce qu’elle n’avait pas l’air de trouver agréable.
N’en pouvant plus du jeu sans fin de cette agace,
Je me résignais à une approche directe,
Et l’enfourchant dans un mouvement fort salace,
J’entrepris de « zigner » de façon circonspecte.
Et une fois encore elle se dérobait sous moi,
et juste au moment où j’allais venir en plus !
Elle savait y faire avec les bouviers bernois
Pour ne pas mêler avec eux son vitellus.
Puis, nos maîtres nous menèrent jusqu’à la voiture,
Enchaîné l’un et l’autre à distance respectable.
On m’enferma dans un coffre inhabitable,
Beaucoup trop loin de la charmante créature.
Poussé par mes hormones je m’essayai encore,
Me faufilant très discrètement jusqu’à elle.
Je pense que mon approche fut un peu trop sonore,
Et on calma mes ardeurs insurrectionnelles.
On me ficela solidement à nouveau,
Et je fus obligé de rester à ma place.
Longue langue pendue je bavais à grande eau,
innondant ce qui me tenait lieu de paillasse.
Maintenant elle est loin de moi la petite,
Mais j’espère sincèrement pouvoir la revoir
Au cours d’une de ces réunions tripartite,
Que Georges, Lucie et moi aimerions ravoir…