Belle prise de bec au menu aujourd’hui. Au menu, un service financier à rendre à mon colocataire qui se trouve en France. Il m’avait envoyé de l’argent avec Western Union et je devais le déposer sur son compte à la RBC. Jusque là c’est assez simple. Me voilà en route pour la succursale de sa banque dans laquelle il a un compte, et j’ai son argent dans la poche. En patientant dans la file d’attente je remarque une banquière dans la fin de sa quarantaine qui tente de servir un client visiblement uniquement anglophone. Sauf qu’elle n’avait pas l’air de parler un traitre mot d’anglais. Un petit d’jeun à côté était heureusement anglophone… Je comprenais pas ce qu’elle foutait là. Apparemment ils embauchent des gens bilingue (le p’tit d’jeun), dans une entreprise anglophone, et ils foutent au service à la clientèle une femme qu’est même pas foutue de dire « permis de conduire » et « carte d’identité » en anglais !? C’est fort…
Mais bon, voilà que c’est mon tour. La suite est moins drôle.
Moi : Bonjour !
Elle : Bonjour.
Moi : Je voudrais déposer de l’argent sur le compte de quelqu’un.
Elle : très bien…
Moi : Voilà, j’ai 600$ que je voudrais déposer sur le compte de
Jean Trucmuche.
Elle : Très bien… Est-ce qu’il a son compte ici ?
Moi : Oui oui…
Elle : Quel est son n° de folio ?
Moi : Ha désolé, je ne le connais pas.
Elle : (redressant vivement son visage) Alors désolé je ne peux rien faire pour vous.
Moi : Pardon ?
Elle : Si vous n’avez pas son n° de folio vous ne pouvez pas déposer de l’argent sur son compte.
Moi : Est-ce que vous pouvez le chercher ? Il m’a dit qu’il avait son compte ici…
Elle : Désolé, je ne suis pas autorisé à le faire.
Moi : Mais qu’est ce qui vous en empêche ? Mon coloc a besoin de cet argent sur son compte aujourd’hui…
Elle : On est ouvert jusqu’à 16h00.
Moi : Et ça change quoi ?
Elle : Vous pouvez certainement le contacter pour lui demander son n° de folio, non ? (regard niaiseux)
Moi : Vous supposez mal. Il est en France, sinon il se serait déplacé lui même, non ? (…lui renvoyant son air vaguement niaiseux)
Moi : Alors vous ne pouvez pas déposer SON argent sur SON compte ?
Elle : Non, désolé, je vais voir avec ma superviseure ce que je peux faire pour vous… (elle s’en va)
Moi : (je patiente en trouvant tout cela fort ridiculement compliqué) (elle revient)
Elle : Ma superviseure m’a confirmé que je ne peux rien faire pour vous.
Moi : Mais qu’est ce quels sont les terribles secrets qui font que vous ne pouvez pas effectuer cette recherche ?
Elle : On n’a pas le droit tout simplement !
Moi : (agacé) C’est amusant, j’ai l’impression que vous faites tout pour ne pas répondre à ma question pourtant fort simple : pourquoi ?
Elle : mais parce que ça ne se fait pas !
Moi : (Ho putain la cruche… mon gars c’est ton jour de chance, y’a une lauréate pour un dîner de connes…)
Elle : Vous comprenez c’est confidentiel.
Moi : Hein ? Mais qu’est ce que vous voulez que je fasse de son n° de folio ? (voyant une issue possible) Vous n’êtes pas obligé de me donner son n° de folio c’est tout simple, je ne vous le demande pas d’ailleurs, je ne veux que déposer tout cela sur son compte !
Elle : Oui mais il va bien falloir que je vous donne un justificatif, et sur le justificatif il y a son n° de folio !…
Moi : Y’a pas moyen que vous me cachiez le n° ? Je m’en fous moi. Après tout, vous avez un client qui veut déposer de l’argent sur son compte. Ça me paraît une demande difficile à refuser, non ?
Elle : Non Monsieur, parce que si je vous communiquais ce numéro vous pourriez en abuser.
Moi : (elle m’a écouté ou quoi la potiche ?!) Heuu… (curieux) Qu’est ce que je pourrais bien avoir à faire avec son n° de folio qui soit si terrible ?
Elle : (visiblement habituée) Vous pourriez aller ouvrir un compte dans une autre banque juste à l’aide de son n° de folio et le rendre débiteur, ou obtenir des prêts à son nom sans qu’il le sache, il pourrait se retrouver en prison par votre faute…
Moi : (moi qui adore toujours qu’on parle de moi comme d’un bandit en puissance, un service à la clientèle comme je le préfère : mauvais et insultant) Ça ressemble à un excès de prudence qui se transforme en mauvais service à la clientèle tout cela…
Elle : (de plus en plus amusée de voir que je ne pourrais rien faire pour la faire changer d’avis) Ha oui ? (air interrogateur.. qui donne envie de sauter par dessus le guichet et de lui enfoncer ses rouleaux de 2 dollars là où ça fera le plus mal…)
Moi : Mais c’est vraiment nul comme système ? Vous n’avez pas pensé à protéger vos clients plus que cela ?
Elle : Mais le système est très bien comme il est Monsieur (l’ostie de chialeux de français..). On dit bien à nos clients de ne pas dévoiler leur n° de folio, ils signent un papier en s’engageant à ne pas le faire.
Moi : (gentille fifille…) Et si j’apprends votre n° de folio par des moyens détournés, vous ne seriez pas contente que je ne puisse RIEN faire d’autre avec que de vous déposer de l’argent sur votre compte ? (hein mémé ?!)
Elle : Mais le système marche très bien Monsieur.
Moi : Visiblement ma présence à votre guichet et la raison de mon insistance vous ont échappés. Faut-il que je recommence depuis le début ? Vous voyez bien que le système n’est pas pratique pour votre clientèle ?
Elle : La RBC existe depuis très longtemps, c’est une institution respectable et si les choses sont ainsi…
Moi : (la coupant) On n’avance pas beaucoup en faisant du sur-place… Même si on fait du sur-place depuis très longtemps.
Moi : Bon, je vous remercie quand même de m’avoir dit tout ce qu’il ne fallait pas que je fasse avec son n° de folio et je vais l’appeler pour qu’il me le donne et appliquer tous vos mauvais conseils. À tout à l’heure…
J’ai finalement pu déposer l’argent sur le compte plus tard, ça a été très difficile de rejoindre mon coloc parti en France, il est furax, il m’a demandé le n° de téléphone du Directeur, je ne voudrais pas être à sa place. N’empêche, c’est pas pour sans arrêt comparer tout à la France, mais j’ai jamais rencontré ce genre de problème en France. On ne peut rien y faire avec le n° de compte de quelqu’un, à tel point que les associations les publient dans les journaux pour ceux qui veulent faire des dons. Bref, pourquoi c’est si compliqué que ça de simplement déposer de l’argent dans un compte ?