Recherche drogue en pavé…
La pensée suit parfois des chemins sinueux et je ne me lasse pas de voir le chemin qu’elle me fait parcourir en quelques secondes seulement. Il faudrait des heures pour verbaliser le film qui défile en nous.
En quelques secondes, ayant été plongé dans l’écoute passive d’une chanson de Brel mon sourire naïf a fait place à une mélancolie profonde, j’ai songé à l’amour (le propos de cette chanson), mais surtout la mort, la dernière, celle que je n’arrive pas à oublier. Puis sans que je sache trop pourquoi, par un méchanisme interne encore obscur, quoiqu’associé à cet évènement, c’est de poésie et de lecture dont j’ai eu soudainement envie.
En fait c’est une réminiscence d’un désir pas si lointain. Après être allé voir Elephant samedi (encore un film où la mort est omniprésente), j’avais erré dans une librairie à la recherche de quoi me mettre sous la dent. Je n’ai rien trouvé pour me rassasier. La lecture est un médicament pour moi en ce moment. Et c’est un médicament qui coûte cher, et personne ne rembourse ce genre de soins. Une vingtaine de dollars pour quelques heures de bonheur, c’est un petit investissement certes, mais pour un apaisement bien trop bref je trouve. J’ai besoin d’une lecture qui me marque, quelque chose de plus fort, fournit sur prescription uniquement, un traitement de choc, rien de léger, quelque chose de puissant, quelque chose de presqu’interdit, quelque chose qui induit une dépendance. Hélas Lovecraft est mort lui aussi.