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Romain.info Monologue extérieur
admin

25/1/2004

Aurore boréale

Je devais créer une surprise à mon arrivée. Le vent a ralenti mon avion, m’a fait rater une correspondance, du coup j’ai dû revoir mes plans, et c’est avec cinq heures de retard que je faisais mon apparition auprès des miens. La surprise était éventée, mais elle avait bon goût quand même. Sourires niais, rires nerveux, larmes et embrassades.

Durant le vol transatlantique, alors que les autres regardaient un mauvais film durant 90 minutes, j’ai eu l’instinct de tourner mon regard vers le hublot et de contempler pendant tout ce temps un spectacle que je découvrais emmerveillé pour la première fois : des aurores boréales. J’ignore s’il faut y voir là un signe, mais c’est en tout cas un très beau signe, c’est féérique…

Je m’acclimate peu à peu. Ça n’est jamais très facile pour l’organisme de gagner 20°C en quelques heures. Ici on voit la pelouse, et il y a même déjà des paquerettes ! On me dit que j’ai un accent (il faudrait qu’ils s’écoutent parler…), aujourd’hui dimanche, je me suis fait ENCORE avoir, tout est fermé (nom de d’jiou…), je me gave de charcutaille (saucisson, paté de canard, andouillettes et autres cochoncetés), ces madeleines me sont douces. Je ne regrette ni mon départ ni mon arrivée, je suis encore sur un nuage, un nuage magnétique, une aurore boréale.

19/1/2004

Ce n’est qu’un au revoir…

Il est 16h00. J’ai quitté Québec. Je m’envole pour Grenoble, via Montréal, Frankfurt et Lyon. C’est un aller-simple.

Je quitte le Canada. Aucune raison particulière à cela. Plutôt une foultitude de raisons qui cumulées ont poussé mon choix en faveur d’un retour. Je ne suis pas amer (pas plus que d’habitude), je ne pars pas fâché (pas plus que d’habitude), ni frustré (pas plus que d’habitude), ni ruiné, ni richissime non plus et je ne doute à aucun moment que bien des choses découvertes ici vont me manquer. Il me faudra quelques semaines pour les identifier, le temps que mon coeur se remette de l’ivresse des retrouvailles. Alors seulement je regretterai bien des aspects du Canada. C’est exactement comme cela que cela s’est produit quand je suis arrivé. On ne prévoit pas le manque, on le vit.

Mais il y a aussi toutes ces personnes incroyables que j’ai rencontré ici, que j’ai appris à connaître et apprécier. Je sais déjà que vous allez me manquer, car je sais déjà que vous ne serez pas remplaçables. Merci pour votre accueil, votre amitié, votre amour parfois, vos rires, votre compagnie, vos silences, nos échanges, vos regards… Je voudrais n’en avoir oublié aucun(e) mais vous me connaissez, je suis très perfectible. Je ne souhaite pas que cela soit un adieu, mais plutôt un au revoir :

Amélie, André, Anick, Annie, Antonio, Audrey, Bernard, Brenda, Carl, Caroline, Catherine, Chantale, Cindy, Christian, Crisitan, Daniel, Danielle, David, Denis, Diane, Édith, Élise, Éric, Estelle, Étienne, Francine, François, Frédéric, Gabriel, Geneviève, Georges, Gilles, Hugette, Hugo, Isabelle, Jacques, Jean, Jean-Rémy, Jean-Sébastien, Jenny, Jeny, Jocelyn, Joe, Joëlle, Johanne, Jonathan, Julie, Katia, Louis, Louise, Louis-Jean, Luc, Lucie, Lucie, Marc, Marie-Claude, Marie-Élaine, Marie-Eve, Marilyne, Marquis, Maryse, Maude, Maxime, Michelle, Nancy, Nicholas, Nicolas, Normand, Pascal, Patrick, Paul, Philippe, Preetesh, Quang Dung, Rachel, Rachelle, Réjean, Réjent, Richard, Ruth, Sébastien, Serge, Shannon, Simon, Sophie, Steeve, Stéphanie, Suzanne, Sylvain, Sylve, Sylvie, Thomas, Troy, Véronique, Vincent, Weng, Xavier, Yvon…

Ma route se prolonge en France (pour l’instant), à Grenoble pour commencer, mais ce n’est qu’une étape.

15/1/2004

C’est amusant comme on nous mesure. Je suis un adulte, un tantinet plus grand que la moyenne, d’apparence svelte. Certains me trouvent même maigre/fin/skinny/etc. Pourtant, je dois m’acheter des chemises taille large… Je ne suis pas large ! Je suis tout ce qu’il y a de plus commun chez les adultes. Aucun embonpoint.

Et pour les filles c’est pire. Au Québec, une femme adulte doit choisir dans un rayon les pantalons huit ans.

Je sais que notre génération est plus grande que les précédentes, mais il y a quand même des limites. Revoyons toutes ces mesures dépassées… Et passons au système métrique pendant qu’on y est, parce que le système duodécimal avec ses pouces, pieds, verges (j’entends déjà les rires gras…), et son poids mesuré en livre c’est un peu compliqué (pour le reste du monde), non ?

11/1/2004

Elle s’était cassée. Ouais, ça se casse. Elle s’allumait et tout et tout, mais bon, rien d’autre. Et là j’ai la même, en toute neuve. Et même si je l’ai rapporté pendant le temps des fêtes ils me l’ont changée rapidement. J’aime ça comme ça.

[Edit] : je réalise que la plupart de mes amis ne peuvent en profiter parce qu’ils ont des ordinateurs qui ne sont pas assez puissants. Quel gaspillage d’argent quand on y songe…

6/1/2004

Je mangeais tranquillement devant la télé. Je ne faisais pas trop attention à ce qui s’y disait, c’était plus pour le fond sonore qu’autre chose. Puis, Max Inc. commence. Je lève les yeux et je tombe sur quelqu’un en train de tenir une raquette de badminton, un volant de badminton, jouer contre deux filles qui tiennent des raquettes de badminton, et tout ce monde est séparé un filet de badminton… monté à la hauteur d’un filet de volley-ball !

Je veux bien croire que les techniciens, les réalisateurs, les producteurs, les acteurs, les éclairagistes, les preneurs de son, etc, n’aient jamais joué au badminton. C’est difficile à croire, mais je veux bien me convaincre. Par contre, je peux pas comprendre que quand on ne sait pas on ne se renseigne pas. Ça me dépasse tant d’ignorance entretenue par si peu de volonté…