
Je devais créer une surprise à mon arrivée. Le vent a ralenti mon avion, m’a fait rater une correspondance, du coup j’ai dû revoir mes plans, et c’est avec cinq heures de retard que je faisais mon apparition auprès des miens. La surprise était éventée, mais elle avait bon goût quand même. Sourires niais, rires nerveux, larmes et embrassades.
Durant le vol transatlantique, alors que les autres regardaient un mauvais film durant 90 minutes, j’ai eu l’instinct de tourner mon regard vers le hublot et de contempler pendant tout ce temps un spectacle que je découvrais emmerveillé pour la première fois : des aurores boréales. J’ignore s’il faut y voir là un signe, mais c’est en tout cas un très beau signe, c’est féérique…
Je m’acclimate peu à peu. Ça n’est jamais très facile pour l’organisme de gagner 20°C en quelques heures. Ici on voit la pelouse, et il y a même déjà des paquerettes ! On me dit que j’ai un accent (il faudrait qu’ils s’écoutent parler…), aujourd’hui dimanche, je me suis fait ENCORE avoir, tout est fermé (nom de d’jiou…), je me gave de charcutaille (saucisson, paté de canard, andouillettes et autres cochoncetés), ces madeleines me sont douces. Je ne regrette ni mon départ ni mon arrivée, je suis encore sur un nuage, un nuage magnétique, une aurore boréale.

