Je voulais aller au cinéma pour voir les invasions barbares dont on m’a dit beaucoup de bien. Mais avant cela, je me devais de louer le déclin de l’empire américain, film primé de très nombreuses fois et réalisé aussi par Denys Arcand qui n’en est pas à son coup d’essai.
Bref, je savais que j’allais passer une très bonne soirée. Et c’est ce qui s’est effectivement produit, je le conseille à ceux qui ne l’ont pas encore vu. En gros, ça parle de cul tout le long, donc ça intéresse tout le monde…
Mais j’aurais quelques critiques forcément subjectives. On voit quasi uniquement des intellectuels (doctorants, enseignants, étudiants), ce qui est loin de représenter le Québec, de proche comme de loin. Ces acteurs ont des discussions d’opinion, exposant leurs expériences, leurs théories, confrontant leurs opinions, discutant pendant des heures sur un même sujet, dissertant, analysant, disséquant les propos de chacun… Bref, ça ne peut pas se passer au Québec, les débats sont un allergène pour la moyenne des québécois. L’ergotage n’est pour eux ni un plaisir ni un loisir, du moins d’après ce que j’ai appris de la petite cinquantaine d’ami(e)s que j’ai fréquenté durant plusieurs années. Et puis où sont ces autochtones qui connaissent l’histoire de l’ancien continent, utilisent et savent conjuguer l’imparfait du subjonctif dans leurs discussions ? Et puis faut pas déconner, on ne voit la neige que durant le générique de fin. Ça ne peut définitivement pas se passer au Québec…
Mais comme le film est excellent malgré ce que je peux en dire, en voilà un petit extrait que je trouve toujours d’actualité 18 ans après qu’il ait été filmé (étrange, non ?) :
Les signes du déclin sont partout, la population qui méprise ses propres institutions, la baisse du taux de natalité, le refus des hommes de servir dans l’armée, la dette nationale devenue incontrôlable, la diminution constante des heures de travail, l’envahissement des fonctionnaires, la dégénéresence des élites. Après l’écroulement du rêve marxiste léniniste, on ne peut plus citer aucun modèle de société dont on pourrait dire : « voilà comment nous aimerions vivre ».