Petit drame odorant hier soir. Ma chatte qui n’arrête pas de vomir s’est livrée à un exercice inhabituel. Des ami(e)s (enfin, si j’ose dire) sachant que ma chatte ne répondait à aucun nom défini, l’avaient déjà rebaptisé “puduk“, rapport aux effluves particulièrement goûteuses dont elle gratifiait parfois nos narines. Or, hier soir, alors qu’elle vomissait de la bile mêlée de sang pour la troisième fois de la journée (et pour une fois pas sur le canapé en daim qui est une vraie saloperie à nettoyer), elle profita de l’occasion pour se vider de l’autre bord.
Mis à part l’odeur, c’est surtout le sang qui m’a gêné. Direction la véto. Curieusement, ayant une idée préconçue sur son expérience, ce n’est pas le sang qui l’a gênée elle, mais bien l’odeur. Rien à voir avec ses glandes annales a-t-elle décrété, l’odeur était bien pire (et là, ami[e]s des animaux, je vous laisse imaginer ce qui peut être pire qu’un jus de glande annale…). Avec beaucoup de répulsion à force de tenter d’identifier la sécrétion sanguinolente putride à deux doigts de ses yeux -et de facto de ses narines-, elle nous gratifia quand même d’un diagnostic provisoire. Pas joli joli quand même. En gros, son système digestif n’est pas dans le meilleur état qui soit. Ce dont je me doutais vu qu’il ne s’écoule presque pas un jour sans qu’elle ne vomisse depuis juillet 1998 !
Elle m’a parlé d’aller à Lyon dans une clinique spécialiseé, de glisser un tube dans sa gueule pour aller regarder son oesophage… En rigolant, je lui ai fait remarquer que sur son conseil et pour la même pathologie j’avais fait faire des examens de sang, des radios de l’estomac, moult consultations, donné des pilules et d’autres liquides, sans résultats ! Tout cela avait financé sa voiture, mais que pour la maison il fallait trouver un autre gogo. J’ajoutais, hilare, que je ne voulais pas dépenser 800 euros pour un tel examen. Ce à quoi elle a répondu que ça coûtait bien plus que cela en fait…
Une toux subite étouffa mon rire. Ma chatte a bientôt 10 ans, et à ce stade je préfère la soulager que de tenter des folies sans la moindre assurance de réussite. Elle lui a fait trois piqûres, on l’a mise à la diète pendant 24 heures, et pour la suite on dirait bien qu’il faille qu’on songe à la cortisone comme traitement de fond. Là encore, aucune garantie. Les vétérinaires ne semblent pas avoir de devoir de réussite, leur science admet l’imperfection jusque dans le diagnostic. Je le sais, j’ai dû payer pour en avoir la certitude.