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Romain.info Monologue extérieur
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30/6/2004

Ne buvez plus idiot, buvez engagé

Mecca-Cola

Je suis un grand amateur de kebab et je vais souvent en déguster dans le quartier arabe de Grenoble, toujours au même endroit, chez l’Émir pour ne pas le citer. Et hier, en dévorant mon kebab j’ai découvert une boisson étrange. Il s’agit de Mecca-Cola. Ça ressemble à s’y tromper à une bouteille de cola, ça goûte le cola, mais c’est très différent des produit d’Oncle Picsou.

Pour commencer, c’est français (ouais, comme les chewing-gum hollywood), et puis surtout il y a des mentions marrantes sur la canette :

Ne buvez plus idiot, buvez engagé ! Shake your conscience !
10% Oeuvre caritatives locales.
10% Enfance - Childhood Palestine

En gros, quand tu bois du Mecca tu dis non à Oncle Picsou, tu bois contre Israël, et 10% des bénéfices de la SARL sont reversés à diverses associations. Je crois que c’est la première fois que je bois des idées politiques.

La fête des incivilités

File d'attente

Je n’ai pas vraiment pu suivre le programme prévu pour la fête du cinéma. Dimanche j’ai été retenu à un (beau) mariage, lundi j’ai remarqué qu’un cinéma avait annoncé avoir un film à l’affiche avant d’être certain d’en avoir une copie, et il m’a été impossible de voir certains films du fait que les séances étaient complètes. Y’avait du monde à la fête du cinéma.

Ce rassemblement massif de cinéphiles m’a surtout donné l’occasion d’observer un vice bien de chez nous : le manque de savoir-vivre. Mettez ça sur le compte de la foule si vous voulez, mais dans chaque file d’attente dans laquelle je patientais, il a fallu que je reprenne à l’ordre quelques resquilleurs qui doublaient impunément.

On dit que les “jeunes” ne respectent plus rien. Je constate que plus souvent qu’autrement ce sont les “moins jeunes”. La pire espèce étant la femme dans la cinquantaine (et au-delà). Elle double devant vous, ne comprend pas que vous lui fassiez une remarque (je suis trop vieux pour qu’on me traite d’insolent), et vous donne de magnifiques excuses. Petit florilège de ces dernières :

Elle : Je crains le soleil.
Moi : Vous n’êtes pas la seule. Et pourtant, les autres ne doublent pas…
Elle : Je suis avec d’autres gens qui sont derrière.
Moi : Et ça vous donne le droit de nous passer devant ?
Elle : Mais je suis toute seule, je me trouve toujours une place facilement.
Moi : Je suis aussi tout seul, et je fais la queue, comme tout le monde du reste.
Elle : Ho, c’est pas bien grave…
Moi : Vous avez raison, les règles de politesses c’est surfait. Allez pousse-toi la vieille !
Elle : Mais j’ai chaud dehors au soleil.
Moi : Regardez les autres dehors… Vous le leur avez dit ?

Moi je reste bouche bée. J’ai bien évidemment été taxé de misogynie, de ne m’attaquer qu’aux “faibles”, etc. Juste après que la dame m’ait dit ceci, je vois trois black ados se faufiler derrière elle. En toute logique, je leur ai dit que la file ne commençait pas là, mais deux cents mètres derrière. On m’a dit que ça ne me regardait pas, que comme j’étais devant je n’avais rien à dire, et on a échangé quelques noms d’oiseaux que je ne vais même pas tenter de retranscrire ici. Finalement y’en a deux qui sont partis. Mais la mémé derrière moi n’a pas bougé. Elle n’a pas dit un mot non plus quand ils m’ont traité de raciste, ni même quand ils m’ont dit que je n’aimais pas les Arabes (venant de noirs c’est risible…). Quel beau pays. Ça m’amuse de faire la police, mais cinq minutes seulement. J’attends nettement plus de discipline de mes compatriotes.

J’en viens à regretter les files d’attente du Québec, que ce soit pour monter dans un bus ou dans une administration. Il faut le voir/vivre pour comprendre tout ce qui nous sépare.

Mardi matin j’ai même vécu un cas encore plus incroyable. Je fais la queue (y’avait du monde à cette séance), je me trouve une place pas trop mal placée sensiblement vers le centre. J’y pose mes rollers et mon sac à dos et je vais me rafraichir aux toilettes. Quand je reviens la salle est presque comble. Je me présente devant ma rangée, prêt à déranger tout le monde lorsque je réalise que mes affaires ne sont plus là où je les avais laissées. Elles sont maintenant deux places plus loin, collé contre le mur, et à ma place il y a une jeune fille et un jeune homme. Je leur fais mon plus beau sourire et je leur dit :

Moi : Ha bon, vous avez décidé que j’allais me coller contre le mur ?
Lui : Haaa.. Heuuu.. Ouais y’avait ces affaires là (quand on est arrivé), alors on les a mises là.

Ouais. Un peu facile je trouve. Pas un mot d’excuse, à aucun moment ça ne leur a effleuré l’esprit que si j’avais le choix des places, je ne me serais pas collé contre le mur, a aucun moment ils ne m’ont demandé mon avis, ni n’avaient l’intention de le faire… C’est un peu comme ces personnes qui arrivent à la séance en retard. Vous les avez certainement déjà croisés. Vous arrivez tôt, vous vous choisissez de bonnes places, vous êtes tranquilles. Quand soudain ils débarquent, demandent à tout le monde de se décaler pour qu’ils puissent s’asseoir côte à côte, vous chassant de la place que vous aviez choisi d’occuper. À quel titre considèrent-ils qu’il soit plus normal de déranger huit personnes déjà installées plutôt que d’accepter que deux retardataires se séparent le temps d’une séance pour regarder un film ? Je cherche encore à comprendre.

26/6/2004

La fête du cinéma 2004

Cinéma

Un bon sportif ça se prépare longtemps à l’avance (pas comme les français qui viennent de se faire sortir au football par une belle équipe grecque). Pour cela il faut un planning, prévoir la charge d’effort, savoir estimer ses limites, prévoir des déplacements, un budget, etc.

En bon sportif, je me prépare donc pour la fête du cinéma édition 2004. Ça dure trois jours, du dimanche 27 après midi au mardi 29 au soir. Tous les films sont à 1 € 50 sauf le premier (plein tarif). Alors voilà mon planning :

Ouais, je sais c’est beaucoup. C’est pour ça que je m’organise en avance : rentabilisation optimisée de toutes les variables. Au final pour un budget de 21 € 50 je vais voir 12 films. Si vous êtes frustré(e) ou jaloux(se), je vous informe que ce n’est pas un sport sans dangers : il me faut un mois pour démêler les histoires par la suite… Et je n’y arrive pas toujours !

23/6/2004

J’haïs le prosélytisme politique

Petit grincement de dents aujourd’hui. Les élections européennes viennent de s’achever dans l’indifférence généralisée. Les hommes politiques ont commencé à faire connaître leur programme quelques jours avant les élections, il ne fallait pas s’attendre à ce que les votants débordent d’une énergie absente chez les candidats. Comme dans toutes les équipes, si les dirigeants ne s’impliquent pas, il ne faut pas s’attendre à ce que les autres suivent…

Mais cela n’était juste que le contexte à ma remarque du jour. Car ce qui m’énerve vraiment c’est la manière employée pour inviter les gens à voter pour un camp ou un autre. Je parle en particulier des affichages politiques. C’est pareil pour toutes les élections. Il y a des panneaux d’affichage officiels devant les écoles (puisque ce sont aussi les lieux de vote) quelques semaines avant les élections. Chaque parti politique dispose de son panneau, numéroté de 1 à X, et ce numéro est déterminé selon l’ordre du dépôt des dossiers. Tout le monde s’applique à y placer une affiche représentant son candidat dans le secteur, disposée lisiblement bien au centre du panneau. Il ne viendrait à l’idée de personne (cela serait passible d’amendes) d’apposer des affiches sur un panneau qui ne leur est pas attribué. Bref, jusque-là, les partis politiques sont tous de bons joueurs, et acceptent les règles de la démocratie en matière d’élection.

Là où ça se gâte, c’est que cet affichage vient nous envahir un peu partout ailleurs. À commencer par les panneaux dits d’affichage libres mis à disposition par la ville, et destinés traditionnellement aux annonces de spectacles et à tout autre divertissement culturel. À en croire ces hommes politiques, nous ne saurions jouir d’une vie culturelle durant les trois semaines qui précèdent toute élection. Cela ne serait pas nécessaire, et d’ailleurs, le zèle de leurs poseurs d’affiche ne laisse aucun doute sur cette hypothèse puisque les annonces de spectacles se retrouvent sous dix couches d’affiches à caractère politique…

Et puis il y a les petits partis et leurs tactiques vaines pour se faire entendre. À les regarder faire, ils s’imaginent que si l’on ne vote pas pour eux, c’est qu’on ne sait pas qu’ils existent. Non pas qu’on n’adhère pas à leurs idées, mais qu’on n’a tout simplement pas encore été évangélisé. La logique qui les guide est une logique basique de marketing : plus on voit mon produit, plus on a des chances de l’acheter. Il faudrait leur faire remarquer un jour que nous n’achetons pas toutes les conneries qu’on tente de nous vendre. Nous achetons parfois des produits pour leur utilité ! Ignorant cette réalité de base, ils se font un plaisir de nous polluer visuellement chaque recoin de la ville avec leurs affiches aux couleurs souvent criardes. Ils prennent d’assaut les vitrines des boutiques fermées, les murs des ponts et des bâtiments désaffectés, ou de toutes autres surfaces verticales qui permettent la pose d’une affiche. Autrefois on comptait le F.N., la L.C.R., F.O., les verts et d’autres petits groupuscules politiques parmi ces mauvais joueurs. Puis certains ont acquis plus de notoriété et ont renoncé à ces pratiques peu orthodoxes. Pourtant, hélas, alors qu’en pleine période électorale notre devoir de citoyen nous incite à voter, l’offre politique contient bien des conduites peu citoyennes.

Je voudrais tellement qu’on mette une amende pour chaque affiche posée dans un endroit où son affichage était prohibé. À charge pour les partis de contrôler et d’éduquer leurs afficheurs. Ça n’est pas à nous d’enlever ces affiches. Le problème c’est que ce sont les hommes politiques qui doivent voter ce genre de lois. Et je doute qu’ils aient le courage de mettre en place des lois qui contrôlent leurs écarts. Bref, Messieurs les Politiciens, alors que vous nous martelez que la citoyenneté fout le camp, que vous vous lamentez sur l’augmentation du nombre d’incivilités, je ne saurais trop vous conseiller de faire un énorme ménage devant vos portes…

21/6/2004

l’ANPE ne suit plus

Ce matin, comme souvent, je suis en pleine recherche d’emploi. L’ANPE reste la référence. Mais ce matin, ça marche pas :

Saturation d’anpe.fr

En raison d’un nombre très élevé d’utilisateurs, votre demande ne peut aboutir.
Merci de bien vouloir vous reconnecter ultérieurement.
Veuillez nous excuser de la gêne occasionée.

Ça va mal, on est de plus en plus…

18/6/2004

Ils sont patients chez Apple

Du caviar… Akelia vient de me livrer un morceau de toute beauté en la présence d’un extrait sonore de la conversation d’une femme parano qui téléphone au soutien technique d’Apple, ça vaut son pesant d’or.

En parlant de média, je viens de découvrir que Coca Cola allait offrir un nouveau Coke. Coke 2 pour être précis (et très peu original). Pour l’instant ça ne concerne que nos gros(ses) ami(e)s américain(e)s puisque la vertue première de ce breuvage est de contenir la moitié de sucre, la moitié de glucide et la moitié de calories… Tout cela en gardant le même goût que le Coke qu’on continue d’acheter en Europe (c’est à dire avec tout ce qu’il y a de bon : trop de sucre, trop de glucides et trop de calories).

Ne montez pas sur vos grands chevals chevaux

Cheval

La légende des chevals est terminée. Après avoir lu (y’a pas mal de temps de ça, mais il faut croire que je suis un obstiné) tout et son contraire au sujet du pluriel du mot cheval, je suis tombé par hasard aujourd’hui sur un texte court et clair qui synthétise à mon sens toutes les discussions qu’on a pu avoir sur le même thème.

16/6/2004

iTMS Europe ouvre ses portes… sur du vide

Le iTunes Store a ouvert ses portes en Europe ! Bénéfice immédiat visible dès ma première recherche :

Album : En attendant les caravanes de La Rue Ketanou
Prix FNAC : 17,84 €
Prix iTunes Store : 9,99 €

Bref, une économie de près de 8 €, de quoi se racheter un deuxième album… Je ne sais pas combien de temps cela va durer, j’avais entendu dire que les chansons devaient avoisiner les 1,20 € (pour les plus anciennes). Mais tant que c’est comme ça je compte en profiter, je vais remplir mon iPod à plein gaz !

Couplé avec Hymn pour se défaire de la protection DRM inclue dans chaque fichier téléchargé via Apple, je pourrais l’emporter et l’installer sur tous les ordinateurs que je fréquente (pour mon usage unique bien entendu, n’allez pas croire que je verse dans la forbanterie…). D’ailleurs, il y a un petit truc pour faire marcher Hymn avec les fichiers téléchargés avec la dernière version d’iTunes (4.6), en attendant une mise à jour de Hymn.

10/6/2004

Freecache à la rescousse !

Je n’en reviens encore pas… Le problème des sites comme le mien qui ont quelques extraits vidéo à offrir, c’est que très rapidement votre hébergeur vient vous faire remarquer que c’est bien beau d’être populaire, encore faut-il vouloir/pouvoir payer pour la bande passante utilisée.

Et bien plus maintenant grâce à freecache ! Au lieu de télécharger la vidéo de votre site, les visiteurs vont la télé;charger d’un cache crée sur d’autres serveurs un peu partout sur la planète. Avantages : vous ne payez pas la bande passante du cache, le téléchargement se fait à proximité de l’internaute avec possiblement des temps de téléchargement plus courts, et enfin l’internaute ne voit pas de différence. Limitation : marche uniquement avec des fichiers de plus de 5 Mo. Je fais le test avec le clip de Bush qui fait près de 15 Mo.

À noter que je ne vois pas à qui cela profite à part aux webmestres. Pourquoi offrent-ils cela sans contrepartie ?

5/6/2004

C’est (encore !) mon anniversaire !

Anniversaire

Il y a trente deux ans ma mère me donnait la vie. Puis la mort dans l’âme (sans doute) elle confia cette vie à d’autres vivants. J’ignore tout d’elle. Je lui dois pourtant la vie, celle que j’ai pu avoir, probablement plus glorieuse que celle à laquelle j’étais destiné. Je ne peux aujourd’hui éviter de penser à ces femmes qui font ce choix difficile d’abandonner leur enfant. Dans quel état d’esprit peut-on mener à terme sa grossesse sachant le destin de son fruit ? Pour beaucoup pourtant, mettre un enfant au monde est un vrai bonheur. Envisageons simplement un instant que ces femmes enceintes croisées dans la rue soient en train de se poser cette question cruelle : garder ou pas ? Afficherons-nous toujours ce sourire niais ? Depuis des années, je ne vois cela que comme de bien grandes responsabilités. Pourtant, je veux des enfants. Mais pas nécessairement des enfants de mon sang.

Quant à adopter des enfants à l’étranger, je trouve cela ridicule. Trop souvent c’est une tentation marchandée par des parents impatients dans des pays lointains. Pour soigner leur misère intérieure, ils vont en côtoyer une autre plus distante. Dans un endroit dans lequel ils ne retourneront probablement jamais. Ou alors si, pour aller chercher un autre enfant, un peu plus cher que le premier, car “les cours ont monté”.

Un enfant, ça ne s’achète pas ! Pourtant, de nombreux parents-bakchich se réfugient derrière les fumées humanitaires pour justifier leurs actions égoïstes. Comme si la misère n’existait qu’ailleurs. Et payer pour quoi, pour qui ? Se posent-ils seulement la question ? Arrivent-ils à dormir en y pensant ? Quel enfant voudrait tomber un jour sur le “reçu” de son achat, découvrir sa valeur marchande ? C’est mettre l’enfant bien bas dans son échelle affective… On achète des chiens ou des chats pour leurs origines exotiques. Par pitié, pas des enfants. Et si certain(e)s vivent mal l’attente inéluctable dans les procédures d’adoption en France, qu’ils sachent que cette attente est un moindre mal. Que tout refus est justifié par le déséquilibre social, affectif, économique, culturel, intellectuel du couple. Que ce temps d’attente permet de faire sortir d’un enfer programmé une jeunesse moins chanceuse. Que cela permet de mieux se préparer à cette arrivée, car elle prend bien plus que neuf mois. Qu’on ne peut confier à n’importe qui des enfants dont nous sommes responsables, et qu’il faut bien comprendre que ce délai vise à optimiser les chances de l’enfant de réussir, de s’épanouir.

Quant à moi, certains parents ne devraient pas avoir le droit de faire des enfants. Et quand je vois l’impatience proche du caprice par lequel en passent certains, je me dis que c’est une bonne chose que l’adoption ne soit pas chose facile. C’est tant mieux pour les enfants.