Devoir de mémoire
Ville héroïque à la pointe de la résistance française et du combat pour la libération. Dressée dans sa fierté, livre à l’Allemand, malgré ses deuils et ses souffrances, malgré l’arrestation et le massacre des meilleurs de ses fils, une lutte acharnée de tous les instants.
Bravant les interdictions formulées par l’envahisseur et ses complices, a manifesté le 11 novembre 1943, sa certitude de la victoire et sa volonté d’y prendre part. Les 13, 14 et 16 novembre 1943, a répondu aux représailles et à l’exécution des chefs des mouvements de la résistance, par la destruction de la poudrière, de la caserne, de transformateurs et d’usines utilisés par l’ennemi.
A bien mérité de la Patrie. »
Grenoble, Compagnon de la Libération par décret du 4 mai 1944.
Je déteste d’ordinaire entendre parler des anciennes guerres que la France a pu connaître, car souvent cela provoque chez moi bâillements et fatigue soudaine [Mise à jour : il n'y a aujourd'hui plus que 15 survivants à la guerre de 14-18]. Je ne sais pas si c’est l’âge qui m’a rendu plus sensible à ces boucheries et ces sacrifices. Mais je ne voudrais pas passer sous silence le passé glorieux de Grenoble et l’importance qu’ont eu les résistants grenoblois dans l’histoire de la Libération française. Parce que si les guerres ne m’excitent pas, en revanche je suis fier d’être grenoblois.
Tout a commencé quand j’ai appris que Grenoble était l’une des… 5 villes françaises décorées de la Croix de la Libération. Cinq villes seulement ont résisté avec suffisamment d’efforts pour que De Gaulle les remercie à la Libération ? C’est tout ? Mes grands-parents étaient si pantouflards que ça ?! Et on se gargarise d’être des révolutionnaires ? Quelle déception…
Et puis j’ai fouillé un peu et découvert ce que les Résistants ont foutu comme merdier dans les plans allemands et italiens. Et puis je suis tombé sur l’impensable. Le summum de la stupidité. Alors que tous ces résistants étaient organisés en réseaux secrets, portant des surnoms pour masquer encore un peu plus leur identité, il a fallu qu’un crétin de résistant se constitue un carnet avec les noms, surnoms et adresses de tous ces gens qui travaillaient dans l’ombre de la résistance… Il faut le faire… Et cet abruti s’est fait attraper avec son carnet. Sa connerie n’a pas tué que lui, hélas.
Le 11 novembre 1943, contre l’avis du gouvernement de Vichy, Grenoble commence un jour férié et commémore la défaite de l’Allemagne en 1918 en manifestant sous les officines locales de la collaboration. Les Allemands n’ont pas aimé. En représailles, selon les sources, entre 400 et 600 patriotes sont déportés dans la semaine suivante. Et puis les Allemands tombent sur le fameux carnet et dans la semaine suivante ils tuent tous les chefs des réseaux de résistance : Eugène Chavant, Jean Perrot, Marie Reynoard, René Gosse, Léon Martin, Paul Vallier, et bien d’autres. Pour les exécuter rien de plus facile, ils se rendent à leur domicile ou sur leur lieu de travail et les abattent sur place, à vue. Pas d’interrogatoire. La mort immédiate.
Il est triste de remarquer que le résistant qui a permis par son imprudence l’exécution des chefs de la Résistance locaux a une rue qui porte son nom. Que dis-je, un boulevard : le boulevard Jean Pain. Et je me demande quel malade a décidé que ce boulevard allait précisément être celui qui dessert la Mairie !?