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Romain.info Monologue extérieur
admin

28/12/2004

La tourisme… n’a plus rien d’humain.

Aide humanitaire

Personne aujourd’hui ne peut ignorer qu’une catastrophe humanitaire sans précédent a (eu) lieu en Asie du Sud. Dès les premières heures après le passage du tsunami, les morts se comptaient en milliers. Aujourd’hui on en dénombre 55000. Demain sans doute un peu plus. C’est énorme. Aussi énorme que la vague qui a tout englouti. Et c’est sans compter les dégâts matériels pour l’instant inchiffrables mais qu’on devine conséquents au vu des premières images.

Les journaux nous innondent de témoignages de ces touristes qui sont allés s’enfermer dans des hôtels cossus, au bord de plages idylliques, … et qui doivent aujourd’hui interrompre leurs « vacances ». Ça me fout en rogne. On parle de 55000 morts ! On s’en fout de vos vacances Mesdames et Messieurs !

Pire que tout, non seulement on s’en fout, mais en plus je trouve cela lamentable de quitter les lieux d’une catastrophe humanitaire alors qu’on a pu s’en sortir sain et sauf. Il n’y a presque plus de risques aujourd’hui. Les morts se comptent par milliers. C’est certain que vous ne les connaissez pas personnellement, sans doute que vous ne parlez pas leur langue non plus, mais il n’est pas nécessaire de parler une langue spécifique pour faire preuve de courage et de coeur et d’aller aider les populations qui en ont le plus besoin.

A part quelques souvenirs, quelques vêtements, et un peu d’argent, ces touristes qui reviennent si vite ont aussi laissé ce qu’il subsistait de leur humanité en Asie du Sud. Je ne m’explique pas ce qui les pousse à quitter les lieux d’une telle catastrophe sans tenter de prêter main forte aux survivants ? Il est loin le temps où faire du tourisme signifiait aussi aller à la rencontre des populations autochtones.

15/12/2004

Le téléphone arabe n’est pas un mythe.

Infarctus

Le voisin de palier de ma mère a fait un infarctus aujourd’hui. C’est un homme arabophone, mais il parle français aussi. Il a frappé à la porte de chez ma mère, affolé et pas très cohérent, demandant qu’elle contacte les services d’urgence. Déjà qu’en temps normal ma mère « comprend vite mais il faut lui expliquer longtemps », alors là, en situation d’urgence ça a eu des résultats imprévisibles. Entre autres celui de composer le 16. Je ne sais même pas où ça donne le 16. Tout le monde sait que c’est le 15 qu’il faut appeler. Sauf ma mère quand on la stresse.

Les secours sont arrivés et son voisin est maintenant à l’hôpital. J’espère qu’il va aller mieux. Je l’espère sincèrement parce que je me fais du souci pour sa femme. Elle ne parle pas le français. Ma mère a bien essayé de la traîner dans un cours d’alphabétisation, mais sa motivation ne s’est pas rendue jusque-là. Et pourtant, ça lui aurait été bien utile pour appeler les secours, comme aujourd’hui par exemple… D’elle on ne sait pas grand-chose, elle sort peu et vit recluse chez elle. Ça se comprend assez si on ne parle pas la langue des autochtones. C’est donc son mari qui s’occupe des relations avec le monde extérieur, et c’est aussi lui qui a un salaire. En gros, s’il décède, elle n’a plus de ressources et elle doit faire ses courses dans un pays où elle ne sait pas lire ce qu’elle achète. Je ne lui souhaite donc rien de tout cela, c’est le scénario du parfait cauchemar pour tout le monde.

Comme ma mère ne comprenait rien aux cris affolés de cette femme, et qu’elle ne pouvait pas non plus tenter de la rassurer, elle a eu le bon réflexe de descendre quelques étages voir des voisins qui – eux – parlent arabe. Et là elle a assisté à un exemple de solidarité comme on n’en voit guère. En moins de temps qu’il n’en a fallu pour le dire, les familles arabophones de notre allée étaient prévenues, certaines avaient dépêché sur place qui leur fille, qui le patriarche, les unes prenant soin de la femme en larme, la conduisant jusqu’à l’hôpital (elle n’a ni permis ni voiture), les autres contactant la famille, laquelle est très vite entrée en contact avec ma mère pour savoir où il avait été hospitalisé.

Et tout cela me fait chaud au coeur. Les élans de solidarité gratuite ça cimente les relations. Et dans un HLM, pour y avoir vécu plus de 20 ans, je sais que cette socialisation et importante et nécessaire, tout le monde est plus ou moins dans la dèche. Et dans mon quartier, plus cossu aujourd’hui, malgré quelques tentatives intéressantes c’est plutôt morne socialement parlant. C’est très dommage.

3/12/2004

Le livre des petites truffes

Le livre des petites truffes

J’ai trouvé deux excellentes idées cadeau pour Nowel. Le livre des petites truffes ou Le livre des grosses truffes de Yoneo Morita et Hana-deka Club. Ce ne sont pas des cadeaux que je voudrais qu’on me fasse, mais simplement des idées que je fournis gratuitement pour vos propres achats.

Le premier (le seul que j’ai eu entre les mains) part d’un principe ultra minimaliste : un appareil photo avec un objectif « oeil de boeuf » (aka fisheye). Au final : d’excellentes photogaphies tantôt hilarantes ou tantôt attendrissantes et toujours très réussies de truffes félines. Le deuxième ouvrage doit offrir le même principe mais avec des truffes canines…

L’ouvrage (qui se parcours très vite) est agrémenté de petites citations délicieuses, du genre :

La différence entre un chat et un chien :
Le chien pense : ils me nourrissent, ils me protègent, ils m’aiment, ils doivent être des Dieux.
Le chat pense : ils me nourrissent, ils me protègent, ils m’aiment, je dois être Dieu.