Je ne vais pas me faire des ami(e)s…
Je n’ai jamais été très bigot. D’ailleurs, j’ai toujours préféré les insultes françaises (dont le thème tourne autour de la pureté sexuelle des femmes, et donc de l’honneur) à celles qui ont cours en Amérique du Nord (qui ne parlent que de bondieuseries). En agnostique prosélyte que je suis j’ai donc beaucoup de mal à comprendre tous ces fidèles qui prient autour du sort du Pape Jean Paul II. Ignorent-ils encore qu’il va mourir ?
Car après tout, à quoi servent les prières ? Si un Dieu existait, s’il écoutait les hommes, et s’il avait un quelconque pouvoir sur notre monde réel, prolongerait-il vraiment le calvaire que ce vieillard est en train de subir ? Il perd kilo après kilo, son corps refuse de fonctionner organe après organe, et tous ces chretiens voudraient quoi au juste en priant ? Que ça dure ? Qu’il « tienne » jusqu’à Noël ? On cours droit vers une momification pontificale…
Avec un peu d’avance, le débat a eu lieu aux États-Unis. Fallait-il ou pas débrancher Terri Schiavo ? Finalement c’était oui, ils en avaient le droit. Or, le Pape lui aussi ne survit que par un tube qui lui passe par le nez pour manger, et un autre qui lui apporte l’oxygène par la gorge… Bon, il n’est pas du tout dans le même état de délabrement, mais au train où vont les choses, on pourra se poser la question avant la fin du mois. Un médecin lui administrera alors la « peine capitale » :
The Vatican, which was also heavily involved in the Schiavo case, likened the removal of Schiavo’s feeding tube 13 days ago to capital punishment for an innocent woman.
Top Vatican officials described the death of Terri Schiavo as not only a human tragedy, but also an ethical, judicial and cultural tragedy.
« Denying nutrition has been converted into a death sentence, » Cardinal Renato Martino said.
(Source)
Leur Dieu a finalement peu de pouvoirs, il ne peut rien contre la justice des hommes. D’ailleurs, une fois encore, on constate que le pouvoir sur terre est aux mains des juristes et des médecins qui prolongent ou abrègent nos vies, selon qu’ils nous maintiennent branchés ou pas. Le pape serait mort hier, j’aurais cru à une mauvaise blague. Mais aujourd’hui, il peut s’en aller en paix. D’autant qu’il a déjà dit assez de conneries dans sa vie.
[edit] Exaucé à 21h37. On m’aurait entendu ?…[/edit]