Parlons de sexualité. Mais de la votre…

Je dois être super naïf, ou très prude, ou encore venir de Mars sans avoir rien lu de John Gray. Toujours est-il que je tombe des nues lorsque je découvre ce qui active et libère la libido de mes semblables. A ce titre, le cybercafé où je bosse est un observatoire ethnologique d’un grand intérêt. J’ai sous les yeux un échantillon de la population avec une très légère sur-représentation de la gente masculine. Mais tout l’éventail de la courbe démographique s’y retrouve, à l’exception des extrêmes (très jeunes et très vieux).
Et quoi que vous en pensiez, quelle que soit votre opinion sur la chose, laissez moi vous éclairer avec une évidence : internet c’est la panacée pour regarder des sites cochons. Je ne compte plus le nombre de fois où je suis allé aider un client dont une fenêtre était bloquée, et où j’ai découvert les milliers d’autres fenêtres de sites porno ouvertes derrière… Ou ces autres clients qui regardent tranquillement des extraits vidéo de film de cul. On est dans un cybercafé, il n’y a pas vraiment d’intimité, ce qui est sur l’écran du voisin, il ne faut pas beaucoup d’efforts pour le lire, et encore moins quand c’est en plein écran !
Mais nous sommes dans un monde d’adultes (principalement) et ça ne me choque pas vraiment ça m’amuse. Par exemple, j’ai aussi régulièrement des ados qui utilisent MSN et la webcam à des fins très différentes de ce que je pensais qu’on puisse en faire dans un lieu public. Il m’est arrivé (plusieurs fois) de devoir intervenir sur un ordinateur où un ado avait oublié de fermer MSN. En désactivant l’écran de veille, je me suis retrouvé malgré moi en train de reluquer les photos ouvertes de leurs interlocutrices non pas nues, mais presque. Les fenêtres de MSN laissées ouvertes me livraient aussi leur numéro de téléphone, parfois leur adresse, leur lieu de rencontre et tous les détails croustillants sur ce qu’ils envisageaient de se faire mutuellement. Tout ça écrit dans le style SMS qui fait fureur chez les d’jeuns. Bref, beaucoup plus d’information sur la vie sexuelle de mes clients que je ne souhaitais en connaître.
A 16 ans je me foutais des filles (à leur grand désarroi ai-je découvert plus tard), je ne pensais qu’au ski, au bicross, à faire des pétards avec du chlorate de soude et du sucre en poudre (n’essayez pas ça chez vous) et j’avais jamais entendu parler d’internet. Il était hors de question qu’une fille me voit à poil, et j’aurais pu attendre longtemps pour qu’elles me montrent leur poitrine, même en le demandant poliement. Les temps changent. La pudeur n’est plus la même et elle ne semble plus s’effacer en présence d’un public. C’est quoi la prochaine révolution ? Quoi que ce soit, une chose est certaine, cela sera détourné très vite afin de satisfaire la libido de mes clients.





