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Romain.info Monologue extérieur
admin

30/12/2005

Une bonne idée pour les fêtes : soyez malin…

Cocktail molotov

Alors comme ça, le gouvernement a trouvé l’idée excellente d’interdire la vente d’essence au détail ? Pratique ! Comme ça si vous tombez en panne pendant le réveillon, vous serez certain de commencer l’année avec plein de pensées positives pour Sarkozy. Vous ne pourrez pas la déplacer, et en fin de compte, cela sera une cible de choix pour les feux de la saint Sylvestre des banlieues. Et si vous avez la chance qu’elle ne brule pas, vous pourrez dire adieu à votre autoradio.

L’idée de départ c’est d’empêcher que les vandales que nous sommes tous en substance, ne puissent avoir de carburant pour foutre le feu aux voitures des honnêtes citoyens que nous sommes aussi tous en substance. Une fois encore, les mesures préventives rendent la situation intenable. Mais j’ai une solution économique.

Un litre d’essence coûte environ 1 € 15. Un litre d’alcool à bruler qu’on peut se procurer dans n’importe quelle grande surface coûte moitié moins. C’est plus facile à transporter, pas besoin de grosse préparation pour transformer une bouteille en cocktail molotov, et vous pouvez toujours prétendre qu’on vous a demandé d’en acheter pour la fondue du réveillon en cas de contrôle policier. Allez, on se retrouve autour des feux ce week-end !

26/12/2005

Le grand nettoyage d’hiver

Argenterie

Voilà, Noël vient de passer. C’était excellent, comme souvent, un peu triste aussi, comme souvent. Cela faisait des années, pas loin de sept pour être précis, que les trois derniers survivants de ma famille nucléaire ne s’étaient pas trouvés réunis comme cela à un diner de famille. Mais voilà, nous l’avons fait, nous avons dégusté ce qu’il y avait de mieux, mangé dans le service qu’on ne sort même plus une fois par an, ce service avec les manches en os, les porte couteau en argent, les assiettes en porcelaine fine dorées à l’or fin, les verres si peu épais qu’on a du mal à croire qu’il ne se brisent pas dans nos mains. Tout cela est clinquant, volontairement tape à l’oeil, et malgré tout agréable si l’on n’en reste pas au côté très kitch de l’ensemble.

Mais voilà, tout ce clinquant à un prix. Et je ne parle pas du cours du lingot d’argent. Je parle de son brillant et des efforts méritoires qu’il faut dépenser sans compter pour en tirer quelque éclat.

Je m’étais proposé pour faire la vaisselle, n’ayant que peu participé à l’élaboration d’un repas coordonné en cuisine par mon frère pour l’occasion. Et avec ma manie de toujours vouloir bien faire je ne pouvais me contenter de les nettoyer. Il fallait que cela brille. Hors de question de frotter pour y parvenir, cela rayerait inévitablement la surface des couverts. J\’ai cherché un peu et finalement j\’ai trouvé la solution parfaite : celle qui fait briller sans frotter.

Bassine
  1. Tapissez une bassine en plastique d’une couche d’aluminium.
  2. Versez au fond une bonne poignée de sel.
  3. Ajoutez de l’eau bien chaude.
  4. Plongez-y vos couverts préalablement lavés à l’eau savonneuse et patientez quelques minutes

Techniquement, l’oxydation de l’argent qui ternit nos couvert c’est du sulfure d’argent. On va donc le décoller de son support par un effet de catalyse expliqué chimiquement ici. Votre bassine va sentir bon l’oeuf pourri. C’est normal, ça confirme simplement qu’il y avait du sulfure d’argent à la surface de vos couverts, et que la solution utilisée le détache. Ça pue, mais c’est normal. Pour ceux qui ne veulent rien perdre, gardez une fiole du liquide pour le 1er avril. Ça peut toujours servir.

Avantage connexe à l’expérience, vous pouvez ainsi déceler ce qui n’est pas en argent, comme ce briquet qu’on voit sur la photo. Dire que je comptais en tirer des fortunes une fois mon héritage encaissé… Quelle arnaque.

25/12/2005

Le peer to peer tue la musique ?

Rire

Je pourrais écrire des pages sur les évènements des dernières semaines, sur le projet de Loi DADVSI du prétendu Ministre de la Culture, détourné par les députés en faveur d’un projet de loi au moins aussi stupide. Je pourrais en parler mais je vais m’abstenir. Je n’ai besoin de convaincre personne que nos députés ne sont pas des consommateurs de culture comme vous et moi. Sur la base de ce postulat, comment pourraient-ils nous comprendre ? Pour y parvenir, LL de M a écrit un courrier à Nicolas SEYDOUX, président de Gaumont et membre du lobby à l’origine du projet de loi. C’est incisif, pertinent, très bien tourné, j’adore :

Monsieur Seydoux,

J’ai eu le déplaisir de vous entendre sur France Culture le 29 novembre 2005 étaler votre inaptitude arrogante à propos du projet de loi DADVSI ; par charité, je passerai sous silence les détails de votre vertigineuse inculture numérique (ah, le passage sur la bande passante pour nous fourguer un avenir improbable de compatibilité, un poème en hommage à la confusion…) pour me consacrer ici à un domaine sur lequel je suis plus inquiet encore qu’on vous laisse la parole avec autant de complaisance, à savoir la production des oeuvres d’art.

Vous êtes prétendument bienveillant — ce que, pour ma part, je ne crois pas — mais en tout cas rigoureusement incompétent pour ce qui est d’établir ce qui ressortirait, ou pas, au domaine de l’art. Non seulement les critères économiques que vous brandissez sont une insulte à tous les artistes qui, depuis la scission de la production artistique avec le pouvoir exclusif des commanditaires, ont produit des oeuvres sans l’argent ni la complicité des parasites de votre espèce, mais vous êtes un menteur en vassalisant toutes les formes d’art à la seule qui vous concerne vaguement (je parle du profit qu’on peut en tirer, pas de la jouissance à voir Roublev), le cinéma, en feignant de croire que leur genèse à toutes est placée sous les mêmes contraintes économiques (une petite lecture du désormais classique « La jouissance-cinéma » de Claudine Eizykman serait bienvenue, je pense) ; hé bien non seulement il est possible de faire de l’excellent cinéma dans un garage sans aucun producteur dans les environs (vous ferai-je l’offense d’une petite filmographie sur un sujet que vous prétendez connaître ?), mais l’intégralité des oeuvres composant ce qu’on appelle l’histoire de la littérature peut se produire avec un stylo à bille ; si vous me répondiez que pour produire des livres il faut du pognon, vous retomberiez dans les mêmes ornières navrantes qui vous font croire que ce n’est pas Hitchcock qui fait des films mais le producteur de Hitchcock. Pouvez-vous comprendre cette nuance ? Si vous ne le pouvez pas, cessez de parler au nom d’une partie de la population dont vous ignorez tout, à savoir les artistes. Que certains soient assez crédules pour vous écouter (vous écouter dire, par exemple « Je représente les auteurs »), arrivistes pour vous suivre ou menteurs pour s’enrichir en votre compagnie ne vous autorise pas à nous entraîner tous sans notre consentement sous votre bannière tape-à-l’oeil et de mauvais goût. J’ai même tort d’insister sur l’éventuelle coupure qui persisterait entre la production d’une oeuvre et ses conditions d’apparition sociale (diffusion, publication, exposition etc.), parce que ça fait belle lurette que les artistes les ont prises en main ; on ne vous a pas prévenu ? Vous ne sauriez imaginer le nombre d’oeuvres majeures dont vous ignorez tout - persuadé que le dernier état de l’art est celui qui arrive trop tard jusqu’à vous par des médias à la traîne, vendus à votre modélisation du monde étriquée et balourde - et qui circulent librement selon la volonté de leurs propres auteurs ; films, partitions, mp3, livres etc. Parlons un peu d’économie, vous voulez bien ? Vous prétendez que sans les producteurs les artistes sont foutus. C’est faux ; ou plutôt, ça n’est vrai que pour une certaine catégorie d’artistes dont, étrangement, la chute me navre d’emblée un peu moins que celle d’une feuille en automne.

En effet, lorsqu’un éditeur concède avec des mines de bienfaiteur la publication d’un jeune auteur dont les livres sont un peu plus difficiles que ce que Télérama fait passer pour de la littérature, il lui promet des ventes inférieures à celles que j’obtiens seul en auto-publication. Pour la plupart des musiciens que je connais, avec lesquels je travaille depuis vingt ans, attendre qu’un producteur accepte de les prendre en charge reviendrait à attendre patiemment la mort. Pourquoi à votre avis ? Hé bien si j’ai vent si régulièrement des chiffres de vente de la musique contemporaine, ça signifie qu’il y a toujours des porcs pour faire les comptes. Et s’il y a des porcs pour compter, c’est que nous ne sommes pas en train de parler de musique. Ça vous démange de changer de sujet, non ? Je me trompe ? Allez, me faites pas croire que ça vous a pas effleuré quand je parlais de musique contemporaine : « Qui ça intéresse la musique contemporaine » ? How much ? Des petits chiffres, l’audience, ça vaut le coup, ça vaut pas le coup ? Non ? Vous n’étiez pas déjà en train de compter ? Pourtant votre monologue sur France Culture ne laisse planer aucun doute sur ce que vous pensez être le cinéma contemporain. Non seulement les échanges de disques et les copies constantes sont depuis que j’en écoute (plus d’une vingtaine d’année) monnaie courante et n’ont jamais affaibli la moindre vente des petits labels (je me fous éperdument des autres ventes, celles de vos semblables qui pignent à l’idée de voir disparaître leurs vaches à lait, vous l’avez déjà compris), mais c’est la condition même de leur survie, c’est le meilleur organe de leur publicité. Quant au minable pourcentage que vos producteurs concèdent aux artistes qui ont la candeur de leur concéder leur travail, il sera toujours risiblement inférieur à ce que rapportent les concerts pour les uns et la prise en charge de leurs propres production pour les moins domestiqués.

On pourrait continuer, égrener : peinture exposée par les artistes eux-mêmes, bédés auto-produites etc. Les producteurs, ils arrivent quand le boulot est déjà fait, quand nous nous sommes crevés à faire - bien avant leur apparition dans notre paysage - une vie entière d’artiste, c’est-à-dire tout entier faisant corps avec ce qui se joue bien au-delà de la petite question de l’argent ; encore un truc qu’on vous a pas dit, mais toute oeuvre d’art digne de ce nom est une critique de la valeur ; elle en fonde une nouvelle. Autant vous dire que vous ne sauriez pas la reconnaître pour ce qu’elle est avec un parcours flêché au néon devant le pif, tant qu’elle ne se sera pas dévaluée dans la seule monnaie computable par vous.

Ah, et le partage… Gros morceau, ça, le partage. Vos producteurs chéris sont infoutus d’assurer le dixième du travail que le partage permet ; pendant des années je suis allé pleurnicher chez le loueur de vidéos de mon bled pour lui demander si quelqu’un avait pris en charge la publication de « la foule » de Vidor (idem à l’époque pour « The servant » de Losey, toute la filmo de Duras, la plupart des Ruiz etc.). Je rêvais de montrer à ma compagne ce film sublime vu une fois dans une cinémathèque. Rien. J’ai abandonné, usé. Hé bien voilà qui grâce au peer to peer est enfin fait, elle l’a vu. Sans les échanges en peer to peer, comment aurais-je pu enfin voir le « Funeral parade of roses » de Matsumoto, découvrir le cinéma de Buttgereit, faire découvrir autour de moi les films expérimentaux du début du siècle précédent ? Comment diffuserais-je mes propres films, d’ailleurs ? S’il fallait compter sur les éditeurs, comment pourrait-on aujourd’hui lire les textes de Vachey mis à disposition sur mon site ? Vous croyez vraiment que les producteurs de disques ont pris en main le pressage de tous les vinyles en CD ? Des clous : la moitié de ma discothèque serait considérée comme perdue corps et bien avec vos aigrefins, adieu les chants de travail et d’amour de Taïwan, adieu la collection Prospective du XXIe siècle, adieu les petits pressages de l’extraordinaire collection de Illusion Productions, adieu les interprétations exceptionnelles comme cette version de la K546 de Mozart par I Musici… Etc. Vous savez quelle est la chance de ces musiques de continuer à exister ? Le peer to peer.

La bande dessinée est, selon ses historiens mêmes, un médium sans histoire. On ne republie pas, ou presque pas les classiques. Martine Van et François Mutterer ont formé une génération de scénaristes avec leur « Carpet Baazar » ? Et bien ils seront condamnés à en parler avec les yeux qui brillent à des générations qui n’auront aucune chance de comprendre de quoi ils parlent. À moins qu’ils ne copient leur exemplaire, évidemment. Hé bien je viens de découvrir avec bonheur qu’a été inventé un logiciel de consultation de bédés numérisées, qui fait que circulent actuellement des centaines de titres jusqu’ici introuvables. J’aurai moins de scrupules à évoquer à mes amis des livres dont je craignais qu’il ne puissent jamais satisfaire l’appétit que je leur en avais donné.

Vous pourriez aujourd’hui sans rougir, par exemple, déclarer « Le photocopillage tue le livre » ? (c’est purement rhétorique, évidemment, cette question. Bien sûr, que vous pourriez, on a assez entendu sur France Culture que vous ne reculiez devant aucune énormité), allez, essayez après-moi, et venez regarder ma bibliothèque, celle de mes proches, ou allez simplement faire un saut dans une librairie : « Le photocopillage tue le livre ». Je ne vois pas de morts, moi. Vous en voyez, vous ? Ils sont où, les cadavres ? Il y a un moment où il faut se calmer un peu sur les déclarations frappantes, les slogans du genre « Le photocopillage tue le livre », parce que tôt ou tard, quelqu’un vous demandera des comptes sur le sens de ces métaphores. Continuons sur la métaphore : un détail assez éclairant, par exemple, sur votre mode de pensée, ce sont vos métaphores bouchères : que vous soyez assez épais pour penser réellement qu’il y a déperdition d’oeuvre quand elle est partagée est déjà confondant (c’est le contraire, vous l’ignoriez ? Une oeuvre est grandie par tous ceux qui se donnent à elle) ; j’ignorais en effet qu’on manquait de film quand on était plus de dix dans la salle, qu’on manquait de livre quand on se le passait de main en main après l’avoir lu. Mais que pour étayer cette niaiserie vous compariez les oeuvres d’art à du boeuf à débiter, voilà qui est réellement offensant.

j’ai la réputation d’être grossier,
donc,
veuillez agréer mes couilles,

L.L. de Mars

Voilà qui est bien dit. Joyeux Noël donc !

7/12/2005

Comment intégrer un ipod dans une voiture - Phase I

PowerPod de Griffin

J’ai acheté il y a un moment de cela un PowerPod de Griffin. Ça sert à recharger la batterie d’un iPod quand on est en voiture, ça se branche sur l’allume cigare. C’est très pratique. Et pour écouter l’iPod sur son autoradio, il faut acheter une cassette avec un cable qu’on vient brancher sur la prise audio de l’iPod. Et vous êtes prêt pour de lonnnnnnngs trajets sans risque de panne de batterie, d’overdose de pub et sans risque d’écouter deux fois le même morceau.

Bon, tout ça c’est bien pratique, mais c’est très moche, et le son est franchement nul. Pour commencer, vous avez un fil sous l’iPod qui va vers l’allume cigare, un autre sur l’iPod qui va vers l’autoradio, du coup, il ne tient en place nulle part, on ne peut le poser qu’à plat, avec plusieurs fils qui se rangent mal car ils ne se plient pas facilement (tant mieux, il sont resistants). A moins d’avoir le siège passager de libre ou une boite à gant dans laquelle on puisse encore ranger quelque chose, c’est très peu pratique, et vous perdez du coup tout l’avantage du bel écran et de la molette en façade. Donc plus de moyen de changer de musique facilement, ni de savoir quelle est cette chanson que vous redécouvrez. Et puis le son qui transite par le lecteur de cassette souffre d’un affreux souffle lié à la technologie utilisée. C’est tout de même malheureux d’avoir un appareil qui stocke les chansons de manière digitale et d’être obligé d’écouter son contenu en utilisant le système le plus archaïque qui soit. En tout état de cause, une voiture ne réunit certainement les meilleures conditions qui soient pour un audiophile, mais il y a certainement moyen de faire mieux qu’un cable à cassette…

Me doutant qu’il était possible d’améliorer cela, j’ai entamé la première étape de mon système idéal. Ma voiture étant loin d’être le dernier modèle de la gamme, je n’ai pas eu la chance d’avoir une solution déjà intégrée dans la voiture. Alors j’ai eu l’idée (mais je ne suis pas le seul) d’intégrer mon iPod dans la voiture. Mes objectifs sont les suivants :

  1. M’affranchir de tous les cables ;
  2. Pouvoir emporter l’iPod avec moi très facilement ;
  3. Avoir l’iPod face à moi quand je conduis ;
  4. Avoir un son de bonne qualité ;
  5. Avoir une installation discrète ;
  6. Recharger en même temps mon iPod dont la batterie faiblit ;

Mon but est d’intégrer une sorte de dock dans le tableau de bord en plastique de mon véhicule. Qui dit plastique, dit moulage, et donc je me suis acheté un merveilleux livre de Pascal Rosier sur le moulage. Mais un dock n’est pas seulement fait de plastique, il y a aussi une connectique spéciale, ces larges prises Firewire introuvables qu’on insère dans l’iPod. Introuvable jusqu’à ce jour, puisque j’en ai un bel échantillon sur ma table. J’ai deux sortes de prises Firewire, un jeu plus épais que l’autre, et la petite pièce noire c’est une prise à monter directement sur un circuit électronique. Si vous voulez m’en acheter, c’est possible. Les soudures vont être incroyablement minuscules, et je vais impérativement fabriquer un stylo à air chaud selon une de ces deux méthodes, car à l’achat cela reste plus cher que la valeur à l’argus de mon véhicule au complet.

Des solutions complètes existent déjà dans le commerce, mais pourquoi dépenser tant d’argent sans avoir le plaisir de tenter d’abord de le faire soi-même ? (à suivre…)