Pourtant tout avait si bien commencé…
Ce devait être un week-end relax avec un programme bien étudié pour sa dose de plaisirs aussi variés soient-ils. Quelques heures de route vers la Suisse, direction Gruyères pour y découvrir le fromage du même nom, son village, et les alentours. C’était l’occasion pour aller déguster les spécialités fromagères locales notamment la fameuse crème de Gruyère, introuvable même dans nos régions savoyardes. Puis il était convenu que nous allions contempler le 28e Festival International de Ballons à Château-d’Oex. Ceci devait être suivi d’une agréable nuit dans un chalet B&B et la journée suivante consistait simplement à s’offrir un après-midi de plaisir dans les espaces oriental (hammam mixte) et nordique (sauna mixte… et naturiste) de Lavey-les-Bains.
Bref, la grosse vie sale, des loisirs relax et de la bouffe “cochonne” qui va séjourner longtemps sur mes papilles avant d’aller satisfaire les bourrelets naissants de mon corps décidément de moins en moins longiligne.
Mais voilà , j’aurais pu vous faire le récit épique de ces aventures si la voiture utilisée (qui n’est pas la mienne fort heureusement) n’avait pas décidé de tomber en panne sitôt entrée sur l’autoroute. Quelques heures plus tard et plusieurs sauts de puces plus loin nous étions encore à moins de 30 km de la maison, immobilisés pour le week-end, pestant contre les services d’assistance des assurances qui ne nous proposaient rien de mieux que d’amener le véhicule 30 km encore plus loin de notre domicile… Nous avons préféré faire du stop dans l’autre sens. Et nous avons eu de la chance. J’ai toujours compté moins de 50 véhicules avant qu’un automobiliste généreux ne vienne à notre secours. Mais pour 30 km il a fallu tendre le pouce trois fois. C’est donc à coup de saut de puce que nous sommes aussi revenus à la maison.
Pour nous remettre de nos émotions, nous avons décidé de noyer notre chagrin dans un bon repas chaud. Direction Le Grillon à la Motte Servolex où nous avions entendu dire que les cuisses de grenouilles y étaient bonnes et servies à volonté. En fait, point de service à volonté, mais une agréable découverte. Au milieu de nulle part ce restaurant apparaît comme une verrue au milieu des champs. Au premier regard on a l’impression d’entrer dans une usine. Il y a tellement de tables qu’on ne peut étouffer la crainte d’avoir à supporter une énième cantine scolaire. La déco est un mélange entre un style qui évoque les années soixante avec son formica, ses angles droits et des lumières jaunes, et un style nettement plus contemporain avec des voiles drapés et une section non-fumeurs séparée par une vitre des espaces plus pollués. La carte n’est pas spécialement bon marché, mais il faut avouer que le prix est à la hauteur du plaisir qu’on découvre sous notre fourchette. Mignardises, pain et eau vous attendent à table. Un Kir vous est servi dès que vous êtes assis. Puis cela s’enchaîne, entrée, plat principal accompagné d’un gratin dauphinois crémeux, plateau de fromages très appétissant, et dessert qui achève de vous rassasier. Quant aux grenouilles (délicieuses), sachant que toutes les espèces sont plus ou moins protégées en France, j’ai questionné le serveur sur leur provenance. Ce plat est tellement connoté comme appartenant à notre culture (nous ne sommes pas des “froggies” pour rien) qu’il reste surprenant d’apprendre que nous mangeons un produit congelé en provenance d’Indonésie !?
Cela dit, Le Grillon reste une très bonne adresse, mais réservez impérativement pour avoir une place dans la section non-fumeurs. Il est incompréhensible que les efforts des cuisiniers pour préparer des plats fins à l’aide d’ingrédients choisis pour leur fraîcheur et leur qualité gustatives aient tous le goût de tabac. Pour avoir testé la salle fumeurs, je refuse d’y retourner si je ne peux pas sentir ce qu’il y a dans mon assiette.