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Romain.info Monologue extérieur
admin

31/3/2006

28/3/2006

Vroum-vroum, miam-miam et glou-glou

Gruyère

J’avais estimé que je méritais un voyage à l’étranger, d’autant que j’avais déjà dû reporter l\’expédition culino-touristique prévue initialement en raison d\’une panne imprévisible (quoique…). Et coup de chance, ce week end il faisait un temps incroyable.

Le voyage consistait à partir en Suisse visiter la ville de Gruyères, chef lieu de l\’AOC fromagère du même nom, de passer la nuit dans les environs, puis de repartir par un autre chemin, non sans nous arrêter au passage dans une station de bain thermale.

Gruyères

Première halte donc, Gruyères et son charmant décor (Akelia, il y a encore de la neige, mais plus pour longtemps…). Gruyères et un tout petit village, d’ailleurs, vous voyez presque tout sur la photo. Les grosses fromageries sont absentes du cliché, mais elles n’ont rien d’aussi charmant que les fruitières Jurassiennes et Savoyardes… Architecturalement le village est en pleine transformation, il y a des caméras (discrètes) dans les rues (!), et on sent le piège à touriste. Les rues sont pleines de petites échoppes où on vend des T-Shirt stupides, d’ailleurs j’ai acheté celui là juste pour prouver que je ne valais pas mieux que les autres. Autre fait curieux à Gruyères, il y a un musée. Et pas le musée auquel on s\’attendrait. C\’est le musée d\’un personnalité qui n\’est même pas née dans la région : HR Giger. C\’est le créateur des monstres et de l\’ambiance d\’Alien, le film tourné par Ridley Scott. Pourquoi ici ? Aucune idée, sans doute parce que la création de ce fromage délicieux n\’est pas étrangère à la présence d\’une souche extraterrestre dans le terroir… Si vous avez aimé Alien, il faut y aller, vous pourrez boire un verre dans un bar qui vous replonge dans l\’ambiance du film. On ne s\’est pas arrêté, je n\’aurais pas été assez détendu pour profiter de mon lait-fraise. Mais je comprends maintenant pourquoi il y avait plusieurs d\’jeun\’s goths qui nous ont précédé sur le chemin.

Le soir nous nous sommes fait recommander le restaurant La Cabriolle à Bulle où je me suis éclaté la panse à force de charcutaille locale et de fondue du terroir gruerien. Nous avons ensuite roulé nos nouvelles rotondités jusque dans un petit B&B franchement sympa. Madame Morel nous a gâté par son l\’accueil (vraiment chaleureux), la taille de la chambre (énorme), et le petit-déjeuner (gargantuesque). En Suisse, les B&B sont nettement moins cher que les hôtels les moins chers. Leçon retenue, expérience à refaire.

Aigle

Le lendemain pour oublier les excès de la veille, direction Lavey-les-Bains (avec une petite halte à Aigle histoire de ramener un peu de liqueur bachique pour ceux qui en consomment). Durant trois heures, on a profité des bains bouillonants, jacuzzis, buses massantes, de l’eau thermale, de la piscine extérieure à 35°C, des tourbillons, du sauna mixte naturiste (si si, j’y étais), de l’espace nordique, du hammam, et ses autres espaces détente plus obscurs (”Relaxation sous lumière de Wood avec arômes et musique douce“). J’ai tout essayé, et je continue de préférer le hammam au sauna. Moi qui n’aime pas les piscines, voilà de quoi me réconcilier avec l’élément liquide.

Nous avons ensuite repris notre route vers la France en passant par Chamonix, et nous avons prix en auto-stop deux randonneurs à ski qui étaient descendus dans une belle combe, mais du mauvais côté de la montagne… Et je ne regrette pas un instant de ce long périple.

22/3/2006

Maman ! Pas toi !

Maman ! Pas toi !

Heureusement que c’est mon frère qui a décroché, je pense que j’aurais laché le combiné du téléphone de dégoût. Dès qu’on parle de sexualité, je suis comme vous, je tends l’oreille. Quoique cela dépende de qui on parle. S’il s’agit de celle des adolescents, cela fait des années qu’elle ne m’intéresse plus. S’il s’agit de celle d’adultes ayant approximativement mon âge, mon intérêt n’est pas feint, je me ferai greffer une troisième oreille s’il était possible de capter ce qui échappe encore à mes sens. En revanche, s’il s’agit de la sexualité de personnes âgées, ce que je situe -pour l’instant- au delà de la soixantaine, je n’en veux rien savoir !

Ils ont beau avoir l’occasion et l’envie d’en profiter, je ne m’attends pas à ce que les détails me soit exposés quand je décroche le téléphone. Il ne s’agissait pourtant pas d’un appel érotique émanant d’une septuagénaire. C’était pire. C’était une porte ouverte sur la sexualité de ma mère. Cela aurait pu ressembler à cela :

Mon frère : Allo ?
Interlocuteur : Allo, est ce que je pourrais parler à Mme XXXX ?
Mon frère : Elle n’est pas là, je peux prendre un message ?
L’interlocuteur : C’est à dire, ça m’embête, mais j’ai un chèque qui m’est revenu impayé…
Mon frère : Elle peut vous rappeler ?
L’interlocuteur : Oui, je vais vous laisser un numéro de portable : 06 xx xx xx xx
Mon frère : Parfait merci.
L’interlocuteur : Vous allez recevoir des appels de mes collègues pour les mêmes motifs…
Mon frère : Vos collègues ?
L’interlocuteur : Oui, je ne suis pas le seul à avoir reçu un chèque de Madame XXXX qui revient comme impayé.
Mon frère : Mais vous travaillez ensemble et vous m’appelez pour un seul chèque alors qu’il y en a plusieurs ?
L’interlocuteur : Mes collègues travaillaient sur d’autres stands.
Mon frère : Des stands ? Mais vous m’appelez d’où ?
L’interlocuteur : J’avais un stand de gadgets et de perruques au salon de l’érotisme à Alpexpo.
Mon frère : Pardon ?!
L’interlocuteur : Madame XXXXX a acheté des perruques sur mon stand, ainsi que plusieurs vibromasseurs auprès de mes collègues.
Mon frère : …
L’interlocuteur : Bon, et bien je vais attendre qu’elle me réponde ? C’est votre femme, non ?

J’en ri encore, d’imaginer ma mère en train d’essayer des perruques sur le stand d’un salon de l’érotisme, entourée de jupes en cuir, de sting ficelle, de godemichets énormes et de bas résille… Heuuu… En fait, non pas vraiment. Et je vous interdis d’imaginer la scène, ou de m’en parler. Vous allez imaginer qu’elle a une vie sexuelle débridée, or, elle n’a pas de vie sexuelle PUISQUE c’est ma mère !

Pour la petite histoire, son chéquier avait été volé il y a de cela quelques semaines. Quand je pense qu’il y a encore des commerçants qui ne demandent pas de pièce d’identité sur présentation d’un chéquier, je suis presque content de la leçon financière qu’ils reçoivent.

7/3/2006

Il y a ceux qui écrivent les lois, et ceux qui les appliquent…

Sarkozy
Je trouve inadmissible qu’on ait pu ces jours derniers donner la parole à un barbare et un assassin présumé sur une grande chaîne de télévision.

Voici ce qu’a proféré M. Sarkozy, notre ministre de l’Intérieur, face à l’Assemblée Nationale au sujet de Youssouf Fofana, meurtrier présumé d’Ilan Halimi (source)

Pourtant, quelle que soit la faute “présumée”, nul n’est coupable avant que la preuve des accusations n’ait été apportée. Nous sommes présumés innocent jusqu’à preuve du contraire. Et de ce fait, libre de nous exprimer. C’est la base du droit français. Une base sur laquelle M. Sarkozy devrait méditer.

Certes, il y a un faisceau de présomptions, des preuves plus ou moins flagrantes, et l’intime conviction de chacun, fondée principalement sur ce que la télévision nous rapporte. Cependant, à ce que je sache, personne n’a accès aux éléments de l’enquête qui relèvent du secret de l’instruction. Inutile donc de nous offusquer qu’on donne la parole à une personne présumée innocente, car c’est précisément ce qu’elle est, ne serait-ce que pour permettre aux individus innocents de contrecarrer le jeu des médias qui peuvent rapidement fausser notre jugement sur la foi d’éléments subjectifs, lesquels détruisent inexorablement leur réputation (Cf. l’affaire d’Outreau).

D’ailleurs, tout ceci me rappelle que M. Sarkozy ne trouve pas “inadmissible” qu’on laisse un voleur, un détourneur de fonds publics et un menteur s’exprimer à la télévision, dans les journaux et à la radio. J’ignore si sa soudaine tolérance s’effectue sur une échelle où le vol, le détournement des deniers publics et le mensonge sont des actes considérés comme mineurs, ou si c’est parce que son président en est l’auteur. Enfin, je dis ça, mais je ne devrais pas, cet homme est innocent jusqu’à preuve du contraire…

6/3/2006