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Romain.info Monologue extérieur
admin

28/4/2006

Elles sont là !

Jour J

C’est très étrange de savoir qu’elles sont ici, pourtant je savais qu’elles allaient arriver ces jours-ci. Mais c’est une chose de le savoir, et c’est est une autre d’en profiter. Et là j’en profite. Je profite de la présence de celle-ci, on parle de tout et de rien, de choses profondes, de secrets de famille, de détails personnels, et même si cela fait des années qu’on se connaît, qu’on pourrait écrire dix fois la Bible si on retranscrivait ce qu’on a pu s’écrire ou se dire, c’est un plaisir identique au premier jour. J’ai même du mal à me souvenir de la date de notre première rencontre, j’ai l’impression que cela remonte à si longtemps déjà, alors que cela ne fait guère plus de quelques années, une poignée tout au plus. Parler avec elle me replonge plusieurs années en arrière, fait rejaillir des souvenirs que le temps avait patiemment occultés. Sa présence me fait redécouvrir quelques plaisirs simples de mon existence auxquels je m’étais par trop habitué, aveuglé par la jouissance quotidienne de leur présence. Ce regard extérieur, typiquement ethnologique, me rappelle à la fois qui et où je suis.

Quant à l’autre, c’est très différent. Après tant d’années à rêver de la rencontrer, j’ai enfin pu la voir et même la toucher. Surtout la toucher, me dois-je d’avouer. Pour ma décharge, elle n’est pas farouche, et je peux être concupiscent. J’avais la bouche ouverte quand on me l’a présentée au premier jour, mais c’est avec un peu plus d’assurance que mes mains se sont posées sur elle avant-hier. Car ce jour-là, je savais qu’elle venait pour moi, qu’elle était à moi, alors j’ai très calmement promené mes yeux sur sa silhouette toute en rondeurs. Sans pudeur et sans honte, j’ai tourné autour d’elle, admiré la volupté de son cul (et quel bonheur ce fut…), le décroché de sa taille, puis mes pensées se sont perdues, je n’avais plus qu’une obsession, lui grimper dessus. Je m’étais acheté le jour même une protection en plastique juste à son attention, je l’avais choisi à ma taille et je brûlai de l’enfiler. Je pourrais vous parler de ce qui suivit, mais je sais que vous avez beaucoup d’imagination…

C’est en partie pour cela que je tiens à préciser que la première est Akelia, et que la deuxième est ma moto.

22/4/2006

J-5

Surprise

Plus que quelques jours avant qu’elles arrivent ! Il est prévu de longue date qu’elles soient ici dès mercredi prochain. Apportant avec elles de grosses valises pleines de promesses. Elles viennent toutes deux de très loin. Il leur aura fallu bien des paperasseries administratives, et des dépenses conséquentes pour arriver jusque-là. Je vais bien entendu leur offrir le gîte, pour le temps qu’elles voudront. Ensemble nous irons vers les sommets alentours, accrochés les uns aux autres je leur montrerai du pays, je leur ferai découvrir les attraits de ces montagnes escarpées qui foisonnent tout autour. Tirant sur leurs poignets jusqu’à leur dernier souffle, je mettrai à leur portée les panoramas les plus incroyables, permettant enfin à leur optique de scruter l’horizon. Je leur livrerai les secrets de mon arrière-pays. Je les nourrirai de ce que ce terroir produit de mieux.

Je suis très impatient qu’elles soient là, et qu’elles puissent profiter de ma « virilité en pshit-pshit » ©.

17/4/2006

10/4/2006

Faut arrêter de déconner !

Alcool

Je ne sais pas à quand remonte ton habitude de boire de l’alcool en cachette… Mais ne crois pas que ce soit passé inaperçu. Il y a déjà ta voix qui se fait vaseuse, ton élocution devient alors si typique… ton attention qui se relâche, il faut tout te répéter, et le lendemain tu as déjà tout oublié. Il y a tes pertes d’équilibre trop fréquentes, parfois dangereuses, comme cette fois pas si lointaine où les pompiers sont intervenus en pleine nuit après qu’on t’ait retrouvée la tête ensanglantée, inanimée dans le salon. Et puis il y a ce que je ne vois pas, ce que tu feins d’ignorer, ce que tout cela cause à ton organisme déjà affaibli par ton diabète. Crois-tu que l’alcool, le diabète et les médicaments qu’on te prescrit fassent bon ménage ? Crois-tu que ton corps qui a vécu jusque-là pourra en supporter beaucoup plus ?

Allez maman, il faut changer tout ça :

Vivant dans une société axée sur la jeunesse, la productivité et la consommation, la personne âgée subit de nombreux stress : augmentation du coût de la vie, relâchement des liens familiaux, attitude de non compréhension à son égard, vivant souvent au niveau du seuil de la pauvreté, logement souvent inadéquat, etc. Ces problèmes la rendant plus vulnérable à divers troubles physiques, émotifs ou mentaux. La perte d’appétit, le manque d’énergie et l’insomnie qui s’ensuivent sont souvent perçus comme « normal » en cette période de vieillissement, mais ce sont plutôt une manifestation dépressive qui résulte des difficultés d’adaptation à la réalité. Ne pouvant espérer de changements, le sentiment d’impuissance s’accroît. L’alcool jouerait alors un rôle d’anesthésique, lui faisant fuir cette réalité, lui donnant un certain réconfort.

Comme nous l’avons antérieurement souligné, la mort du conjoint est le principal facteur qui peut provoquer l’alcoolisme chez la personne âgée. La maladie, la retraite, les problèmes sexuels, le sentiment d’inutilité en sont d’autres. Il faut aussi ajouter une diminution progressive des énergies vitales, un manque de connaissances flagrant sur les psychotropes et leurs effets, une connaissance souvent intuitive et folklorique du fonctionnement de leur organisme, une identité construite à partir d’une polarisation des rôles sociaux (souvent la personne âgée s’identifie trop à son rôle social, à son métier, à sa profession et lorsque ce rôle s’amoindrit, elle ne se reconnaît pas comme ayant une valeur, un rôle à jouer dans cette société) et enfin, une médicalisation importante de la santé. Une grande majorité des personnes âgées sont capables de faire face à ces facteurs de vulnérabilité de par leurs acquis personnels, mais plusieurs développent ou accentuent leurs habitudes de consommation d’alcool.

Cette hausse de consommation lui cause non seulement des problèmes financiers, relationnels ou physiques mais les malaises pour lesquels elle se fait soigner cachent son problème d’intoxication. Niant son problème, étant souvent en situation d’isolement et devant des mesures de dépistage inadéquat, il est aisé de comprendre que si son alcoolisme n’a pas été diagnostiqué avant 60 ans, il risque de ne jamais l’être. (Source)

Si tu veux changer tout ça, sache que je suis là.

7/4/2006

2/4/2006

De fil en aiguille

Couture

Pour une fois que je terminais un tournoi relativement tôt et que je pouvais profiter du soleil… j’ai décidé que c’était le moment idéal pour m’enfermer dans ma voiture où il était grand temps que je procède à un petit nettoyage de printemps, ce qui n’arrive pas chaque printemps sur ce véhicule. Petit coup d’aspirateur, petit coup de pchit pchit puis chiffon attrape poussière, etc. Bref, je tentais par tous les moyens mis à ma disposition de donner un aspect plus réjouissant à ma bien vieille « pijo » 205 sociétaire… Au départ, ce n’est déjà pas le genre de voiture à affoler les filles, mais au moins quand elle sent bon, qu’il n’y a pas de miettes ni de papier partout, qu’il n’y a pas de poussière et qu’on voit au travers des vitres, on ne peut pas se trouver une excuse pour ne pas y monter.

Après
Avant

J’ai dû régler un petit détail esthétique sur le siège conducteur et vous pourrez apprécier ci-dessous le résultat de mes efforts. Et je vous assure que c’est la même voiture.

La semaine passée, en rentrant du travail, je remarquais une vieille femme en train de marcher le long de la route qui descend en ville. Une route dangereuse pour les piétons tout autant que pour les voitures. Il n’y a pas de trottoirs, pas de bas côté, pas de ligne médiane tracée au sol, et pas de lumière le soir. Pour ne rien arranger, c’est une belle ligne presque droite avec une belle inclinaison, limitée à 50 km/h, ce que peu de conducteurs semblent remarquer/respecter. Bref, il y avait cette vieille femme et je me suis inquiété de son sort. Je me suis arrêté à sa hauteur, j’ai baissé la vitre passager, et je lui ai offert de la descendre en ville. Elle a bien regardé le siège que je lui proposais, m’a dévisagé avec attention, a rejeté un coup d’oeil à l’arrière du véhicule, a reposé ses yeux sur mon tableau de bord, pour finalement me dire :

Elle : Vous travaillez dans la clinique là-haut ?
Moi : Oui
Elle : Bon, je veux bien, mais vous savez je fais attention, il ne faut pas monter avec n’importe qui.

Je ne sais pas quel fantasme improbable de viol elle nourrit, ni quelle crainte irrationnelle elle pourrait avoir, car je n’ai jamais entendu parler d’enlèvements de septuagénaire sur le bord de la route ces cinquantes dernières années. À moins que nous ne lisions pas les mêmes magazines. Morale de l’histoire, essayez d’être humain et généreux et on vous prêtera d’abord les plus mauvaises intentions du monde. Morale de cette morale, je n’ai pas une tête de violeur de septuagénaire.