Leçon n°1 : le kilomètre 584
Je me serais volontier épargné cette étape, mais il semble qu’elle soit inévitable. Au même titre qu’un tache sur votre chemise faite pendant le petit déjeuner : vous savez très bien ce qui pourrait arriver, vous faites tout votre possible pour l’éviter, mais à un moment il y a cette insignifiante miette de tartine qui se décroche, vous assistez à la scène au ralenti, c’est une réaction en chaîne. Elle tombe dans votre bol, s’enfonce dans la masse chocolatée, une goutte remonte à la surface et vous éclabousse en s’éclatant sur la surface laiteuse… C’est imparable.
De même, tout confiant, je me disais que je n’allais jamais tomber à moto. Je savais ce qu’il ne fallait pas faire, je faisais tout pour contrôler ma trajectoire, ma vitesse, mon environnement. Tout ça je le faisais bien, sauf hier soir. Pour faire le fier devant des amis je les ai doublé trop vite, eu trop confiance, puis j’ai vu ce petit bout de plastique à l’entrée du virage, j’ai trop élargi ma trajectoire pour l’éviter (pourquoi j’ai fais ça d’ailleurs ?) et j’ai terminé ma course hors de la route. Finalement j’ai chuté, à faible allure certes, mais j’ai quand même payé le prix de ma connerie passagère : plastique latéral abimé, repose pied passager déssoudé, pédale de frein au pied repliée, manette de frein cassée.
Mon rodage n’est pas terminé et je souhaite vivre jusqu’à 80 ans, il va falloir que je me tempère.