Mont Pécloz en partant de la Chapelle de Bellevaux
Profitant d’une journée radieuse, sur l’initiative d’Akelia, nous avons entrepris de nous lancer dans une première (pour elle) : grimper au dessus de 2000m d’altitude à la seule force de nos jambes. Entrepris un peu à la dernière minute, nous avons cherché la veille un sommet répondant à son cahier des charges, et si possible pas trop loin d’Aix-les-Bains. Situé dans le massif des Bauges, le mont Pécloz culmine à 2197 mètres. C’est haut et on l’a donc désigné volontaire pour notre escapade. Ce qui était surtout frappant c’était l’altitude de départ : 870 mètres seulement. Le sommet était donc à 1327 mètres au-dessus de nos têtes lorsque nous avons quitté la voiture vers 9h30.
La première partie de la randonnée en direction de la Chapelle de Bellevaux se fait sur une route goudronnée, puis sur un chemin forestier presque carrossable. Après une fontaine, on part en direction d’un énorme névé, ou d’un petit glacier selon les écoles. Par la suite, le chemin monte en pente soutenue sur la gauche de la vallée, dans les sous-bois fort heureusement. On croise un énorme couloir d’avalanche et la quantité de neige encore accumulée au mois de mai est impressionnante. Suivre le sentier le plus à droite à l’intersection suivante (pas de panneau indicateur) et s’engouffrer sous les sapins, au frais. Sur ce chemin, un peu plus haut, on a dérangé deux bouquetins qui ont détalé trop vite pour que je les immortalise. On arrive enfin à la lisière de la forêt et devant nous commencent les alpages. Plus d’ombre, ni de fraîcheur, là commence la partie réellement difficile de cette randonnée. Dès qu’on entre dans les alpages, le sentier, à peine visible par endroits, serpente le long de la crête jusqu’au sommet. Il grimpe tellement vite que l’ascension s’apparente parfois plus à de l’escalade qu’à de la randonnée. On croise encore quelques névés, et il faut faire très attention, car l’herbe, complètement lissée après la fonte des neiges, est très glissante. Les cailloux font de piètres appuis, ils se dérobent et de descellent de la paroi. Les mottes de terre, heureusement peu humides le jour de notre ascension, sont encore les prises les plus sécuritaires qu’on puisse trouver. Le bâton n’est pas vraiment une option, ni à la montée, ni à la descente.
Tous ces efforts distillés pendant plusieurs heures, près de cinq dans notre cas puisqu’Akelia n’a cessé de poser son bâton pour prendre des photos, vous permettent d’accéder à un panorama assez incroyable pour la région. On distingue très clairement toute la chaîne de Belledonne, jusqu’au Mont-Blanc qui se dessine au-dessus d’Albertville, quelques sommets de Haute-Savoie dont j’ignore les noms, un bout du fond de la vallée des Bauges, le Grand Colombier, la station de ski Margeriaz (encore enneigée !), un coin du Revard et le massif de la Chartreuse au loin. Bref, un très agréable panorama et la saison ne fait que commencer…
À noter aussi, quelque part en chemin,une goûteuse trouvaille qui nous remplira bientôt le ventre.