Du bon, du très bon
J’avais gagné le tableau de double du tournoi de badminton de Besançon « La plume des neiges » en 2006, et j’avais gagné un séjour d’une nuit en demi-pension dans un refuge Napoléon, celui du Col de l’Izoard. Seul ennui, ce refuge est à 300km et 2h30 de mon lieu de résidence actuel. J’ai tenté tout l’été, en vain d’aller profiter de ce lot, d’autant qu’il était assorti d’une journée dans un parc acrobranche ! Seulement je n’ai pas pu y aller et l’offre acrobranche est arrivée à expiration à la fin de la saison 2006. Pour éviter qu’il en soit de même avec cette nuit au refuge, j’ai aménagé mes activités pour y caser mon déplacement avant la date fatidique de fin février.
Seulement, le refuge est situé à 2360 mètres d’altitude, et à cette époque, pourtant très clémente, il y a suffisament de neige pour barrer la route dès 1745 mètres. Il faut donc marcher à pied, en raquette, en ski de fond, en ski de randonnée ou utiliser une motoneige pour parcourir les 9 km qui séparent la fin de la route du refuge…
On avait skié une partie de la journée dans une station voisine (dont je ne ferai pas de pub tellement ils sont cher !) et on a attaqué la montée, à pied, vers 17h30. Or, le soleil commence à se coucher à cette heure. Même pas peur ! On avait estimé le temps de monté à 1h30 et on ne s’est pas trompé. On a effectué une grande partie de la montée dans une obscurité quasi complète, sous un ciel étoilé magnifique et sans lune. C’était parfait, d’autant qu’il ne faisait pas froid du tout.
A l’approche du refuge on distinguait déjà les lumières de ce dernier, décoré comme un sapin de Noël, tache lumineuse dans un paysage où l’on imagine pas que l’électricité se rende ! Or, le refuge a l’électricité, de vrais lits, de vraies toilettes, une douche chauffée, la télé et tout le confort d’un chalet de montagne, l’accueil chaleureux en plus. Le repas était tout simplement fabuleux, et la carte des dessert nous laissa un instant sans voix, autant de choix appétissants ne nous ayant jamais été offerts dans des lieux plus accessibles et revendiquant une cuisine variée (et à des prix plus élevés…). J’avais du mal à y croire et c’est la panse dilatée, les papilles encore emoustillées que j’ai roulé jusqu’à mon lit pour y passer une nuit qui ne cessa que sur le coup des 11h00 le lendemain. On n’imagine pas le calme d’un refuge à 9 km de la civilisation… Au réveil, le soleil était ébouissant, et nous avions un programme alléchant devant nous.
En premier lieu, prendre un petit-déjeuner, histoire de voir si nous allions être aussi ravi que la veille (et ben oui…), mais surtout redescendre vers la voiture. Seulement pas n’importe comment. Marcher 1h30 au soleil c’est sympa. Mais imaginez maintenant qu’on vous prête des luges pour descendre 600 mètres de dénivellé sur 9 km ! La plus grande descente de luge de ma vie !
La meilleure descente de ma vie aussi ! J’ai du mal à retranscrire par des mots les souvenirs de mon enfance qui ont ressurgit durant ces longues minutes, ni ce que cela a réveillé en moi, mais c’était bon, tellement bon de glisser… Cet hiver, sans faute, je vais y retourner, je vous rapporterai quelques images supplémentaires pour ceux qui ne pourront pas se joindre à moi la prochaine fois.
En repartant, au Col du Lautaret on a croisé une meute de snowkite (eurs/istes ?). Vous prenez un surf (ou des skis, mais c’est plus rare), vous ajoutez un gros cerf-volant, du vent, de la neige et ça vous donne une bonne idée de ce à quoi ça ressemble.
Vous remontez les pentes sans effort, des heures de bonheur et de glisse dans des zones où personne n’ose aller. Avec le vent et la vitesse y’a même des malades qui font des 1260° (3 tours et demi en l’air) !