On se fout de la citoyenneté ?
Indépendamment du bonheur ou de la tristesse que vous pouvez éprouver à la lecture des résultats des élections présidentielles de 2007, il y a quand même une information à retenir. Un écart de 4 % de votants sépare les deux candidats. Or, 4 % ça n’est pas rien, cela représente 2 192 797 votants, soit l’équivalent de la population de Paris d’après le recensement de 1995 !
La victoire est donc franche. Pourtant, il y a quelques oubliés dans le décompte. Voter est un devoir de citoyen. Personne ne vous force à le faire. Mais dès lors que vous votez, il est donc important que l’État prenne note du résultat de votre vote. Or, en France, aujourd’hui, ne semblent avoir réellement de l’importance que les résultats exprimés. C’est un constat et je le regrette.
Nicolas SARKOZY : 18 983 408 (53,06 % )
Ségolène ROYAL : 16 790 611 (46,94 % )
Abstentions : 7 128 894 (16,03 %)
Votants : 37 343 469 (83,97 %)
Blancs/nuls : 1 569 450 (4,20 %)
Exprimés : 35 774 019 (95,80 %)
En somme, l’acte citoyen qui consiste à se rendre aux urnes, de manière libre et sans contrainte, pour y délivrer un message (dont je vous laisse l’interprétation) qui s’exprime en votes blancs et votes nuls n’est pas entendu. Ces votes sont regroupés de façon arbitraire, rendant caduque la nuance exprimée. Pourtant, il y a une belle leçon à tirer de ce type de vote autorisé, et les politiciens/technocrates/administrations ne semblent pas prêts d’en faire la synthèse. Dès lors, il est amusant de lire sur les sites des administrations du gouvernement que les votes ne sont pas rendus obligatoires en partie pour la raison suivante :
forcer les citoyens à utiliser leur droit de vote peut avoir des effets déstabilisateurs sur les résultats : augmentation des votes blancs, nuls ou extrémistes, qui pourraient symboliser l’opposition des citoyens à une telle procédure.
(Source)
Je note que cela pourrait symboliser cela, comme cela pourrait symboliser tout autre chose finalement. La preuve n’est pas faite, la démonstration n’est pas achevée. En somme, c’est un postulat. Mais alors, pour en avoir le coeur net, s’est-on une fois sérieusement posé la question de la signification du vote blanc et du vote nul de ces quelque 1 569 450 citoyens français qui se sont déplacés aux urnes le dimanche 6 mai 2007, puisqu’il est établi qu’ils n’ont fait l’objet d’aucune pression pécuniaire/juridique pour s’exprimer ?
Je n’ai voté ni blanc ni nul, mais cela fait des années que je constate qu’on ignore l’avis de 4 % des votants…