Ma rencontre avec des vigiles de Castorama
Après l’acquisition de mon caméscope numérique, j’ai tout de suite voulu me créer un exemplaire similaire de la poor man steadycam à moindre coût. Une steadycam sert à stabiliser les prises de vue et éviter cet effet bougé dans les film de porno amateur.
Je me dirige donc, le jour du réveillon, vers mon magasin de bricolage le plus proche et j’arrête mon choix sur le Castorama du coin. Bien entendu, j’y suis allé avec mon camescope pour trouver un écrou au pas de vis identique afin de fixer mon camescope à la steadycam. Je commence par chercher les éléments en métal, puis je me ravise pour du PVC nettement moins cher (mais moins rigide aussi). Enfin, je passe faire un tour au rayon des écrous. Là je réalise que le pas de vis n’est sans doute pas métrique, car rien ne semble correspondre. Un peu déçu et perplexe je passe à la caisse. Juste avant de sortir je me fais interpeler par un vigile du service de sécurité qui me demande de l’accompagner. Sans vraiment réfléchir, je dis oui et je le suis.
Une fois arrivé dans leur petit bureau où un autre vigile plus jeune attend, le ton courtois disparait et cela donne à peu près ceci :
Vigile : On nous a informé que vous avez filmé à l’intérieur du magasin, il faut des autorisations pour cela. Vous avez des autorisations ?
Moi : Non, pas du tout (petit sourire en coin à l’idée que tout part du principe que j’ai filmé quelque chose).
Vigile : Pourtant on vous a vu filmer, c’est interdit. Vous êtes certains que si on appelle la police ils ne vont rien trouver sur votre camescope ?
Moi : (abasourdi) C’est faux.
Vigile : Vous vous êtes présenté à l’accueil et vous avez dit que vous alliez filmer, et vous n’avez pas d’autorisation.
Moi : Je me serai présenté à l’accueil pour dire ça ? Mais quelle est la personne qui m’a vu me présenter à l’accueil, on va aller la voir tout de suite et tirer ça au clair (me retournant vers la porte pour sortir…)
Vigile : il n’y en a qu’une (m’empêche de sortir, son collègue va a l’accueil et reviens peu après). Alors il y a eu un petit malentendu, en fait vous ne vous êtes pas présenté à l’accueil.
Moi : Non en effet. Mais ce n’est pas le seul mensonge que vous avez proféré à mon égard du reste.
Vigile : Avouez que c’est louche quand même de se balader dans un centre commercial avec un camescope pour ne rien filmer ? Je sais pas mais je vois pas pourquoi on ferait cela, ça ne sert à rien !
Moi : Mais pour commencer, ce que je fais avec mon camescope dans la main ne vous regarde en rien, et qu’est-ce que vous me reprochez au juste maintenant ?
Vigile : Vous vous êtes servi de votre camescope dans le magasin.
Moi : Vous avez un témoin visuel qui affirme cela, votre système de surveillance m’a identifié, ou c’est encore une accusation de plus sans fondement comme la précédente ?
Vigile : On appelle la police pour qu’ils vérifient ?
Moi : Appelez-les, mais sachez que ça ne s’arrêtera pas là (je vais passer mon réveillon ici moi ?).
Vigile : Bon d’accord on les appelle tout de suite. (il trifouille sur son téléphone)
(peu après un représentant de la direction entre dans le bureau)
Direction : Monsieur bonjour
Moi : Re-bonjour (je l’avais déjà interpelé dans les rayons pour lui demander quelque chose)
Direction : Qu’est ce qu’il se passe ?
Vigile : Monsieur a filmé dans le magasin sans autorisation.
Direction : Monsieur vous avez filmé dans le magasin ? (enfin la bonne question…)
Moi : Non !
Direction : Bon ben je pense que c’est tout, non ? Désolé pour le dérangement.
Moi (me tournant vers le jeune vigile, de loin le plus obtus) : A toutes fins pratiques, vous ne m’avez pas demandé pourquoi j’étais venu avec un camescope (je leur explique pourquoi je suis venu acheter ces pièces chez eux), vous auriez dû commencer par cela plutôt que de m’accuser sans l’ombre d’une preuve, en affirmant des choses fausses par ailleurs, et en omettant de vous excuser en outre. Mais je n’oublierai pas la qualité de votre accueil et regardez moi bien car c’est la dernière fois que je mets les pieds chez vous.
Bon en fait c’est faux, j’ai décidé depuis d’y retourner pour aller me faire rembourser ce que j’avais acheté. Mais quand même, cela m’a questionné sur deux points :
- Au nom de quel article de loi il serait interdit de filmer dans un magasin (je ne parle pas de diffuser, mais bien de filmer, et pas en caméra cachée) ? Je n’ai rien trouvé dans Légifrance à ce jour qui me l’interdise.
- La police a t-elle le droit de saisir mes biens (ici mon camescope) et de les fouiller sans mon accord hors du cadre d’une mise en examen ?
Bien entendu, compte tenu de cet accueil, de cette méfiance, de ces accusations non fondées, et de la politesse des vigiles, je ne retournerai pas au Castorama de la rue des Marais dans la zone industrielle des Landiers à Chambéry. J’invite aussi ceux que ce récit choque à fréquenter désormais l’Entrepôt du Bricolage à Bassens qui n’a pas démontré jusqu’à présent d’aussi calamiteux efforts de relation avec sa clientèle.
Je n’ai pas eu le réflexe de mettre en marche mon camescope pendant cette entrevue, ne serait-ce que pour enregistrer les propos tenus… Quel dommage quand j’y pense.
Sinon, bonne année 2008 au fait !