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Romain.info Monologue extérieur
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27/5/2008

Visite à la MC2

Le Dragon Bleu

Après une vingtaine de jours passés dans les cartons à préparer un déménagement suite au décès de ma mère, j’avais un grand besoin de me changer les idées et la présence de dale tout à fait fortuite à Grenoble m’en a donné l’occasion.

Avec deux places déposées gracieusement à mon attention à la MC2 pour le spectacle sur lequel il travaille, j’ai assisté à la pièce : Le Dragon Bleu (avec toutes les majuscules, il semblerait). Cela faisait des années que je n’avais pas mis les pieds au théâtre, sans doute depuis que j’avais été obligé d’assister à l’École des femmes en première. J’en gardais le souvenir d’un truc pompeux, avec des tournures moliéresques tout à fait décalées dans l’oreille du jeune de 17 ans que j’étais alors. Dans mon souvenir, les spectacles étaient gratuits puisque financés par l’école. Et puis il y a eu cette représentation… En vrai touriste, on a débarqué sur place en retard (une vilaine histoire de pizza trop chaude et de clef perdue dont vous ne voulez pas entendre les détails), la représentation avait commencé depuis 10 minutes et on nous a quand même laissé rentrer, ce qui était sympa étant donné que c’était marqué à peu près partout qu’on ne pouvait pas le faire. On s’est installé sur le bord pour ne gêner personne et on a essayé de comprendre ce qu’on avait raté.

L’histoire est très simple. Sans vendre le punch, je dirais que c’est celle d’un homme expatrié en Chine qui héberge pour une nuit une amie qui fût sa femme, ceci sans avouer à son actuelle compagne ni à son ex-femme les relations qu’il entretient ou a entretenues avec l’une et l’autre. L’histoire tourne autour du milieu de l’art, des procédures d’adoption, de la difficulté de tirer un trait sur ses idéaux, du gout pour l’aventure et les aventures. Bref les ingrédients classiques d’une comédie de mÅ“urs. Mais la comparaison s’arrête là.

La scénographie est tout simplement fabuleuse. Bien plus que l’histoire, en tout cas dans la version du spectacle que j’ai pu voir qui semble changer à chaque représentation, c’est la scénographie qui épate. On dirait une bédé. La scène est coupée en deux niveaux horizontaux, et en plusieurs grilles verticales et forme une trame de 8 cases dans mon souvenir. Le spectacle est trilingue et les sous-titres sont projetés sur la scène dans une police de caractère qui n’est pas sans rappeler BB Lint McCree chère aux bédéphiles. Au premier plan, pour les besoins de l’histoire, des miniatures défilent comme sur certains dessins animés pour assurer les transitions. L’éclairage, le traitement du son omniprésent (surround), la musique, les projections vidéos qui arrivent de devant, de derrière, rajoutent à l’histoire ce que le jeu des acteurs (du reste excellent de naturel) ne pourrait seul suffire pour animer la scène. Certes, tout n’était pas parfait. Il y a eu quelques couacs techniques et on sentait un peu trop les transitions (quand on n’entendait pas tout simplement les déménagements), et dans l’ensemble j’ai passé un excellent moment. Derrière moi, deux gamines s’agitaient sur leurs sièges, l’une reprochant à l’autre le choix du spectacle, et j’ai compris la profondeur de leur dépit quand l’une d’elles a sorti son téléphone pour rédiger un SMS pendant la représentation. J’arrivais à distinguer les doigts qui pianotaient furieusement sur les touches malgré la musique…

À la fin du show, au troisième rappel, quand les techniciens sont aussi montés sur scène, j’ai réalisé qu’il fallait bien plus de staff que je ne l’imaginais pour faire tourner un tel spectacle. Trois acteurs, et une équipe d’une quinzaine de personnes derrière le rideau. Sans compter la régie. J’ai compris à ce moment-là que des 20 euros du plein tarif que j’aurais dû débourser, après la location de la salle, il ne restait plus grand-chose à partager entre tous ces gens. Sans compter qu’il n’y a eu que trois représentations à Grenoble, dont une annulée. C’est sans doute ce que Robert Lepage a voulu m’expliquer en m’adressant personnellement une réflexion gauche et je présume volontairement indélicate en rapport avec un commentaire laissé sur le site de dale. Sa remarque m’a touché, sans doute parce qu’il n’avait pas tort sur le fond, et que sur la forme je dois avoir besoin de plus de renforcement positif qu’il ne m’en a offert (une subtilité qui n’est pas l’apanage de tout le monde)

Après le spectacle, nous avons accompagné l’équipe qui est allée manger en ville. Autour d’une table, j’ai pu faire plus ample connaissance avec Tai Wei Foo, l’adorable et curieuse actrice/danseuse. C’était un moment très agréable pour terminer la soirée. Et puis cela m’a permis de découvrir les quelques restaurants qui servent encore des repas après minuit. Depuis, quelqu’un de bon conseil m’a parlé de la cafétéria du MIN qui ouvre dès 1h00 du matin. Un bon plan pour la prochaine fois…

22/5/2008

16/5/2008

Quelle barrettes RAM sont compatibles avec un Macbook ?

Mémoire RAM

Je voulais simplement augmenter la taille de la RAM de mon ordinateur portable. Dans les faits, c’est assez simple. Mais là j’ai un peu compliqué les choses, je suis aussi tombé sur du personnel non sachant (mais très péremptoire pour le coup), pour arriver à une offre qui ne me satisfait qu’à moitié. Petit récapitulatif.

Mon MacBook utilise de la mémoire SO-DIMM, comme tous les ordinateurs portables, de la DDR2 PC5300 (667Mhz) en particulier. Je ne savais pas tout cela avant d’aller le vérifier dans le logiciel Informations Système qu’on trouve dans le dossier Utilitaires. Je passe donc commande de mémoire auprès d’un vendeur en ligne qui se trouve avoir un guichet de retrait à Grenoble, ce qui est fort pratique et évite certains frais d’expédition. Ma commande portait sur 4 barrettes de mémoire de marque Corsair pour doper 2 MacBook à 4Go de RAM chacun.

Ma commande arrive rapidement, je vais la retirer et je réalise ma première bourde. Il s’agit de mémoire DIMM, et non de SO-DIMM. C’est-à-dire que les premières sont prévues pour des PC standards et les deuxièmes pour des PC portables. Je rapporte les barrettes et je demande un échange pour des SO-DIMM. Coup de chance, ils en ont en stock. Arrivé chez moi, je les installe et là ça ne démarre pas. J’essaye plusieurs configurations pour écarter la possibilité d’avoir une barrette sur les 4 qui soit défectueuse. Rien n’y fait, aucune combinaison ne laisse démarrer mon Macbook. Je retourne donc au magasin, cette fois-ci avec mon portable. J’explique au vendeur ma mésaventure et je cherche à en connaitre la cause, car rien ne semble marcher. Patient et compréhensif, il prend le temps de faire quelques tests pour vérifier que les barrettes ne sont pas en cause. Il demande ensuite conseil à un collègue qui répond du tac au tac qu’il a déjà eu le même problème avec l’ordinateur d’un client et qu’au final il en a conclu que “les MacBooks ne fonctionnent pas avec 4Go de mémoire, c’est pour ça”. Curieux de nature et en désaccord avec les balivernes que je venais d’entendre, je demande à mon vendeur d’aller sur le site d’Apple lire les spécifications techniques de ma machine avant de croire sur parole les affirmations de son collègue. Sans surprise, le MacBook peut fonctionner avec 4Go de Ram (Vendeur 0 - 1 Romain).

Aussi intrigué que moi, le vendeur souhaite tester les modules d’autres marques. J’extraie de mon Mac une barrette de Ram de marque Corsair en guise de démonstration… Les MacBook acceptent donc tout aussi bien la mémoire vendue (atrocement cher) par Apple que n’importe quel autre module de mémoire, même sans marque. Pas de marque de mémoire propriétaire donc. Ne reste que la piste d’une incompatibilité de CE module chez Corsair.

On part alors rapidement sur internet à la recherche d’un module qui fonctionne avec mon MacBook. On finit péniblement par trouver une référence qui a l’air de fonctionner commercialisée par Kingston, le module KTA-MB667/2G. Pas de chance, il n’est pas référencé. Je demande alors un remboursement, ce à quoi on me répond que la boutique ne fait pas de remboursement, mais des avoirs valables 1 mois. J’ai beau expliquer que je ne vais pas bloquer près de 140 € pendant un mois, qu’il serait plus simple qu’ils passent commande de mon produit et répondent à ma demande initiale. Le vendeur me répond qu’il ne peut faire cela, que je dois adresser un mail pour régler cette situation. Je trouve cela étrange, mais je me plie à sa demande. Ce matin, j’écris donc le message suivant :

Bonjour,

j’ai acheté le 26/4 deux barrettes se mémoire SO-DIMM de 2Go de marque Corsair pour les installer dans mon MacBook.
Or, après différents tests, à la fois chez moi puis en magasin, le vendeur et moi-même en sommes arrivés à la conclusion que les barrettes Corsair ne fonctionnent pas sur mon MacBook.
Une rapide recherche sur internet nous a rapidement confirmé que le MacBook accepte jusqu’à 4Go de RAM, le matériel étant dès lors hors de cause.
En cherchant sur des forums dédiés au mac, nous avons remarqué que les barrettes de Kingston avaient elles l’air de fonctionner. Nous avons relevé les caractéristiques de ces barrettes :

Kingston KTA-M667/2G SO-DIMM PC5300 667 Mhz

Aujourd’hui, j’ai un avoir de 139,8 euros, valable 1 mois (échéance le 26/05/08), mais vous ne semblez pas avoir en stock des barrettes Kingston compatibles avec mon matériel et ma commande. Je souhaiterais équiper mon portable avec ces barrettes de 2Go (vous semblez en revanche avoir en stock des barrettes Kingston de 1Go). Compte tenu que le fournisseur est déjà référencé auprès de vos services, je suppose que cette commande est possible.
À défaut, compte tenu que vous ne disposez pas des produits demandés exempts de vices cachés, je vous demanderai un remboursement pur et simple (articles 1641 du code civil et L211-10 du code de la consommation).
Cependant, j’ai l’habitude de traiter avec vous et je ne doute pas que vous puissiez effectuer cette commande. J’attends donc avec impatience son arrivée.

Cordialement.

Quelques instants plus tard, je reçois un email de confirmation m’indiquant que la nouvelle référence a été ajoutée au catalogue et que je peux commander dès que je le souhaite. Un petit détail cependant n’échappe pas à mon observation, la mémoire Kingston est 20% plus cher que celle précédemment achetée (42,00 € au lieu de 34,95 €). Je me sens pris au piège d’autant que — renseignement pris entre-temps â€” comme j’ai payé par chèque au comptoir ma première commande et non par carte via internet comme je le fais habituellement, je ne peux me faire rembourser mon avoir (Vendeur 1-1 Romain).

Bon, du reste j’ai désormais une mémoire certifiée compatible Apple, et vous voilà informé (Google fera le reste) si vous souhaitez éviter ce genre de mésaventures à l’avenir achetez des barrettes de 2Go Kingston KTA-M667 (en 1Go n’importe quelle autre marque fait l’affaire). Le magasin en question c’est E-Network. D’ordinaire ils sont bon marché, et ils ont su ici se montrer réactif à défaut d’être les plus abordables.

13/5/2008

Quand il faut empaqueter tout son passé

Souvenir

Mes parents ont emménagé à l’adresse que je leur ai toujours connue peu de temps après ma naissance. De ce fait, j’ai toujours eu une chambre au domicile de mes parents qui a servi après mon départ de bureau ou de chambre de dépannage. J’y ai toujours laissé ce que je ne voulais pas emporter avec moi quand je devais quitter Grenoble pour le sud, le nord ou l’étranger. Année après année j’ai épinglé au mur des photos, des cartes, des post-its et laissé sur chaque étagère des souvenirs, des trophées, et les témoins d’expériences avortées. Chaque objet a son histoire et me ramène quelques années en arrière, me remémore mes copains de classe d’alors, m’invite à me souvenir quel était la mode vestimentaire que je suivais, comment j’étais coiffé, etc. Plus qu’une chambre, plus qu’un bureau, c’est un concentré de moi, un résumé de Romain qui tient dans 30m3.

Le plus terrible, c’est de faire des choix dans ce que l’on va garder et ce que l’on va jeter. Tout peut resservir un jour, tout mon bordel accumulé n’a pas fini à la poubelle depuis toutes ces années pour de bonnes raisons. Il y a des raisons meilleures que d’autres pour s’aider à faire un choix, comme la valeur sentimentale, vénale, l’utilité, le faible encombrement, ainsi qu’une foultitude de priorités distinctes que chacun ordonne selon son instinct, selon sa sensibilité. Pour un ex-muséologue, je trouve cet exercice difficile. Je suis capable d’ordonner, de classer, de trouver un dénominateur commun, une certaine logique rationnelle qui lie ces artéfacts entre eux, mais par excès de conservatisme certainement, peu finissent à la poubelle.

Quand je fais cet exercice dans ma propre chambre, pour mon propre compte, je trouve cela souvent cornélien. Quand je dois faire le même exercice dans les affaires des autres, mes parents en l’occurrence, curieusement, je trouve cela plus facile. Je ne connais pas tous ces gens sur les photos, toutes ces notes écrites ne m’évoquent rien, ces livres sur les étagères ne me rappellent rien que l’histoire qu’ils suggèrent, tous ces bibelots accumulés ne sont pas imprimés dans mes souvenirs. Je ne retrouve le souvenir de mes deux parents que dans des objets du quotidien, des choses en apparence banales : une théière, un sucrier, un plateau, une lampe… Je retrouve même d’horribles cadeaux que j’avais solennellement confiés à mes parents à l’occasion d’un anniversaire ou plus probablement à Noël, fruit de mon esprit créatif d’alors. Ils les avaient sans doute gardés, car ils trouvaient mon geste touchant, mes efforts méritoires. Aujourd’hui, je regarde ces objets et je n’y vois que des babioles sans intérêt. Avec mes yeux d’adulte, mon esprit détaché de tout sentimentalisme, j’ai même un peu peur de ma réaction si j’ai des enfants un jour et qu’ils sont d’aussi mauvais artistes que moi. Devrais-je tout garder jusqu’à ma mort ? C’est ce qu’ont fait mes parents en tout cas.

Je n’ai pas terminé de mettre en carton tous les livres, je n’ai commencé que les romans policiers, ce qui me paraissait le plus facile, j’ai déjà près de 20 cartons contenant pas loin de 1500 ouvrages. Chaque livre est inventorié à l’aide de Delicious Library (OS X uniquement… Sinon il y a BiblioteQ qui est open source), je veille à ce que mon inventaire contienne à minima le titre, l’auteur, la collection, le nombre de pages, l’année de parution de chaque ouvrage. C’est un travail de moine qu’avaient commencé mes parents sur de petites fiches cartonnées, anticipant sur les innombrables demandes de prêts sollicitées par les amis-es de la famille. La maison a toujours été réputée pour être une véritable bibliothèque, chaque livre étant classé selon son thème, par ordre alphabétique d’auteur. Je ne fais que poursuivre leurs efforts, avec des moyens modernes, à l’aide d’une webcam qui fait office de lecteur de code-barre et d’un logiciel qui rapatrie les informations prises sur des bases de données internationales. Tout va plus vite fort heureusement. Quand j’en aurais terminé avec ces romans policiers, il faudra s’occuper des romans littéraires français, étrangers, des essais politiques, sociologiques, scientifiques, des encyclopédies, de la partie sur les religions, l’histoire, l’art, etc. Sans doute aurais-je au final autant de cartons qu’il ne faut de briques pour construire une maison… L’essentiel sera vendu, je garderai le reste pour ne pas oublier mon passé.

5/5/2008

Il y a aussi de l’alcool dans l’absinthe

Absinthe

L’absinthe, avant d’être interdite en France en mars 1915 puis à nouveau autorisée en 1988, était réputée pour son gout amer et sa saveur prononcée. C’est avec un certain dandysme que l’on peut encore contempler des gravures, peintures et autres représentations graphiques des consommateurs se pliant au rituel du sucrage, le plus souvent instrumentalisé par des cuillères créées spécifiquement à cet usage. Ancêtre du pastis, les consommateurs venaient troubler l’absinthe en versant de l’eau sur un sucre, lequel se diluait dans la préparation.

On se souviendra pour l’histoire du nom de l’un des propriétaires de la première distillerie d’absinthe ouverte par des artisans d’un village Suisse au Vals-de-Travers (presque un bon jeu de mots), car son petit commerce fleurira par la suite : Henri Louis Pernod.

L’absinthe (la boisson) fût interdite en raison des dégâts qu’elle causait, notamment parce que sa consommation excessive avait des effets indésirables redoutables tels que : troubles gastro-intestinaux, hallucinations auditives et visuelles, épilepsie, psychoses et suicide. Pourtant, elle pourrait faire partie de vos cinq rations quotidiennes de fruits et légumes pour limiter les risques cardiovasculaires ou de cancer (si vous fumez, petit reality check, de toute façon vous ne passez pas par la case départ, vous ne remportez pas 20.000 euros…) étant donné que ce n’est avant tout qu’un mélange de plantes macérées, distillées et filtrées intégrant entre autres deux variétés d’armoises : la grande et la petite absinthe. La citronnelle (aurone) et l’estragon sont aussi des variétés d’armoises, visiblement sans danger, et on fait avec le génépi (blanc) un autre alcool d’armoise connu et tout à fait inoffensif s’il est consommé avec modération.

Ce qui a été identifié comme véritablement nocif dans la boisson ce sont les concentrations de thuyone, de fenchone et de pinocamphone, des substances dont vous n’avez pas à retenir le nom ni les concentrations maximales autorisées, puisqu’une étude récente (29/04/2008) parue dans l’American Chemical Society vient de dévoiler que ce qu’il y a de plus nocif dans l’absinthe… c’est l’alcool ! Même dilué, un verre d’absinthe contiendrait 70° d’alcool, contre 40 à 50° pour la plupart des gins, vodkas ou whiskeys. Ce n’est donc pas une histoire de plante, mais de quantité absorbée. Vous pouvez donc céder au phénomène de mode et courir acheter l’absinthe commercialisée par Marilyn Manson, les seuls risques auxquels vous vous exposez, comme avec les autres alcools, c’est une bonne cuite et de ne plus vous rappeler où sont passés les 40 € que vous aviez hier encore dans la poche…