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Romain.info Monologue extérieur
admin

21/9/2009

Je me suis fait épiler la barbe à la cire chaude

Épilation

En janvier, pour la seconde fois, je suis allé me faire épiler la barbe à la cire chaude. J’en avais marre de me raser, de constater chaque matin le dégât des lames raclant mon visage, de pester contre l’efficacité du principe sur une barbe fine, de voir que ma peau s’infectait par endroits, que des poils s’incarnaient, et de perdre du temps à m’humaniser au lieu de dormir… Mon idée de départ avait été de me faire épiler le visage définitivement au laser, cependant devant le coût de l’opération (plusieurs milliers d’euros) et sa durée (plusieurs mois), j’ai rapidement renoncé. Il restait bien le rasoir électrique, mais mes différentes tentatives ne furent pas concluantes, même ce dernier parvenait à me faire saigner, et le résultat était moins efficace qu’avec quelques lames. En outre, là où certains rasoirs électriques prônaient une efficacité supérieure, l’impossibilité de mettre à l’épreuve leurs prétentions sans avoir à débourser quelques centaines euros, avec le risque de faire cet investissement en vain, sans garanties de remboursement, guérissait en moi toute envie de les mettre à l’épreuve de ma peau.

Pour vaincre le poil, je n’avais donc que mon rasoir et ma patience, jusqu’à ce que j’envisage la cire chaude. Après tout, pourquoi pas, les filles le font bien ? Les filles utilisent aussi l’épilateur électrique cela dit… J’ai donc testé, sur un coin de barbe, sans trop attaquer la partie la plus drue, mais la douleur fut vive et j’avais le sentiment de ne rien pouvoir faire pour stopper l’appareil une fois que ce dernier entamait un sillon. J’ai aussi tenté la pince à épiler. Le dimanche, je m’épilais la barbe, poil après poil, avec l’idée non pas d’en venir à bout, mais d’en retarder ainsi la pousse. Ne pouvant y consacrer que mes dimanches j’étais obligé de planifier mon travail pour ne pas le laisser en plan avec le risque de ne ressembler à rien le lendemain. Aussi, j’ai progressé par petits secteurs symétriques, et j’ai constaté que lorsque je terminais ainsi mon épilation les premiers poils repoussaient déjà. Il me fallait donc l’efficacité de l’épilation à la pince, mais dans un temps plus restreint.

Guidés par cette démarche empirique et rationnelle, mes pas me guidèrent naturellement vers le salon d’une esthéticienne qui acceptait de travailler sur des hommes. Je vous passe les explications gênées pour expliquer ce que je cherchais à faire, ainsi que les rires nerveux de cette dernière qui pensait que je tournais autour du pot pour demander une épilation de mes parties génitales… Ce malentendu clos, je découvrais le petit milieu des esthéticiennes pour la première fois, leurs petites cabines, leurs sièges confortables, le petit pot de cire chaude, les affiches publicitaires de marques de produits de beauté qui couvrent les murs, les petits rideaux à peine tirés qui masquent Mme Untel qui se fait faire les jambes par ici, et Mme Truc qui vient pour le maillot intégral par là… Accompagnée d’une assistante, manifestement impressionnée par ma démarche au moins autant que par la quantité de poils que j’avais laissé pousser librement pendant quelques semaines, mon esthéticienne abordait son ouvrage en professionnelle. La première sensation de chaleur lorsque la cire fut appliquée d’une main douce et d’un geste précis sur la peau fut beaucoup plus agréable que les secondes qui suivirent. Je découvrais sans être réellement surpris que le poil poussait sur ma peau et n’allait pas faner sur place. Comme les mauvaises herbes, il fallait l’arracher jusqu’à la racine. Dès lors, toute apparition d’un bulbe au sommet de ces bandelettes devenues poilues était acclamée par un petit cri de contentement par l’esthéticienne, qui n’était que l’écho du mien qui le précédait en vitesse et en intensité. Ensuite, on s’habitue à la douleur, on l’anticipe, et tout devient supportable. Je n’ai jamais trouvé cela plaisant, mais j’ai pu aller au bout sans pleurer ni demander grâce.

Les parties les plus délicates furent les lèvres qui enflèrent curieusement après l’arrachage, à tel point que j’ai cru un instant ne plus pouvoir parler normalement. On m’a appliqué de la glace pour apaiser la douleur, et ce n’est réellement que lendemain que mon visage reprenait son aspect initial.

Le résultat dura pendant près de 4 semaines. 28 jours à ne jamais se raser, à ne pas y songer, avec une sensation de douceur sur le visage que je pensais perdue depuis mon adolescence. Ensuite, il fallait bien y retourner. Ceci est mon deuxième passage.

A ce jour je n’y suis pas retourné une troisième fois. Il semble n’exister aucune contre indication à ce traitement. Mon poil devient facile à enlever à la pince et il m’arrive parfois d’y recourir. Cependant, rien ne remplace l’efficacité de la cire chaude sur le visage, c’est à ce jour le meilleur rapport durabilité/qualité/prix que j’ai pu tester…