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Romain.info Monologue extérieur
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27/5/2008

Visite à la MC2

Le Dragon Bleu

Après une vingtaine de jours passés dans les cartons à préparer un déménagement suite au décès de ma mère, j’avais un grand besoin de me changer les idées et la présence de dale tout à fait fortuite à Grenoble m’en a donné l’occasion.

Avec deux places déposées gracieusement à mon attention à la MC2 pour le spectacle sur lequel il travaille, j’ai assisté à la pièce : Le Dragon Bleu (avec toutes les majuscules, il semblerait). Cela faisait des années que je n’avais pas mis les pieds au théâtre, sans doute depuis que j’avais été obligé d’assister à l’École des femmes en première. J’en gardais le souvenir d’un truc pompeux, avec des tournures moliéresques tout à fait décalées dans l’oreille du jeune de 17 ans que j’étais alors. Dans mon souvenir, les spectacles étaient gratuits puisque financés par l’école. Et puis il y a eu cette représentation… En vrai touriste, on a débarqué sur place en retard (une vilaine histoire de pizza trop chaude et de clef perdue dont vous ne voulez pas entendre les détails), la représentation avait commencé depuis 10 minutes et on nous a quand même laissé rentrer, ce qui était sympa étant donné que c’était marqué à peu près partout qu’on ne pouvait pas le faire. On s’est installé sur le bord pour ne gêner personne et on a essayé de comprendre ce qu’on avait raté.

L’histoire est très simple. Sans vendre le punch, je dirais que c’est celle d’un homme expatrié en Chine qui héberge pour une nuit une amie qui fût sa femme, ceci sans avouer à son actuelle compagne ni à son ex-femme les relations qu’il entretient ou a entretenues avec l’une et l’autre. L’histoire tourne autour du milieu de l’art, des procédures d’adoption, de la difficulté de tirer un trait sur ses idéaux, du gout pour l’aventure et les aventures. Bref les ingrédients classiques d’une comédie de mÅ“urs. Mais la comparaison s’arrête là.

La scénographie est tout simplement fabuleuse. Bien plus que l’histoire, en tout cas dans la version du spectacle que j’ai pu voir qui semble changer à chaque représentation, c’est la scénographie qui épate. On dirait une bédé. La scène est coupée en deux niveaux horizontaux, et en plusieurs grilles verticales et forme une trame de 8 cases dans mon souvenir. Le spectacle est trilingue et les sous-titres sont projetés sur la scène dans une police de caractère qui n’est pas sans rappeler BB Lint McCree chère aux bédéphiles. Au premier plan, pour les besoins de l’histoire, des miniatures défilent comme sur certains dessins animés pour assurer les transitions. L’éclairage, le traitement du son omniprésent (surround), la musique, les projections vidéos qui arrivent de devant, de derrière, rajoutent à l’histoire ce que le jeu des acteurs (du reste excellent de naturel) ne pourrait seul suffire pour animer la scène. Certes, tout n’était pas parfait. Il y a eu quelques couacs techniques et on sentait un peu trop les transitions (quand on n’entendait pas tout simplement les déménagements), et dans l’ensemble j’ai passé un excellent moment. Derrière moi, deux gamines s’agitaient sur leurs sièges, l’une reprochant à l’autre le choix du spectacle, et j’ai compris la profondeur de leur dépit quand l’une d’elles a sorti son téléphone pour rédiger un SMS pendant la représentation. J’arrivais à distinguer les doigts qui pianotaient furieusement sur les touches malgré la musique…

À la fin du show, au troisième rappel, quand les techniciens sont aussi montés sur scène, j’ai réalisé qu’il fallait bien plus de staff que je ne l’imaginais pour faire tourner un tel spectacle. Trois acteurs, et une équipe d’une quinzaine de personnes derrière le rideau. Sans compter la régie. J’ai compris à ce moment-là que des 20 euros du plein tarif que j’aurais dû débourser, après la location de la salle, il ne restait plus grand-chose à partager entre tous ces gens. Sans compter qu’il n’y a eu que trois représentations à Grenoble, dont une annulée. C’est sans doute ce que Robert Lepage a voulu m’expliquer en m’adressant personnellement une réflexion gauche et je présume volontairement indélicate en rapport avec un commentaire laissé sur le site de dale. Sa remarque m’a touché, sans doute parce qu’il n’avait pas tort sur le fond, et que sur la forme je dois avoir besoin de plus de renforcement positif qu’il ne m’en a offert (une subtilité qui n’est pas l’apanage de tout le monde)

Après le spectacle, nous avons accompagné l’équipe qui est allée manger en ville. Autour d’une table, j’ai pu faire plus ample connaissance avec Tai Wei Foo, l’adorable et curieuse actrice/danseuse. C’était un moment très agréable pour terminer la soirée. Et puis cela m’a permis de découvrir les quelques restaurants qui servent encore des repas après minuit. Depuis, quelqu’un de bon conseil m’a parlé de la cafétéria du MIN qui ouvre dès 1h00 du matin. Un bon plan pour la prochaine fois…

16/5/2008

Quelle barrettes RAM sont compatibles avec un Macbook ?

Mémoire RAM

Je voulais simplement augmenter la taille de la RAM de mon ordinateur portable. Dans les faits, c’est assez simple. Mais là j’ai un peu compliqué les choses, je suis aussi tombé sur du personnel non sachant (mais très péremptoire pour le coup), pour arriver à une offre qui ne me satisfait qu’à moitié. Petit récapitulatif.

Mon MacBook utilise de la mémoire SO-DIMM, comme tous les ordinateurs portables, de la DDR2 PC5300 (667Mhz) en particulier. Je ne savais pas tout cela avant d’aller le vérifier dans le logiciel Informations Système qu’on trouve dans le dossier Utilitaires. Je passe donc commande de mémoire auprès d’un vendeur en ligne qui se trouve avoir un guichet de retrait à Grenoble, ce qui est fort pratique et évite certains frais d’expédition. Ma commande portait sur 4 barrettes de mémoire de marque Corsair pour doper 2 MacBook à 4Go de RAM chacun.

Ma commande arrive rapidement, je vais la retirer et je réalise ma première bourde. Il s’agit de mémoire DIMM, et non de SO-DIMM. C’est-à-dire que les premières sont prévues pour des PC standards et les deuxièmes pour des PC portables. Je rapporte les barrettes et je demande un échange pour des SO-DIMM. Coup de chance, ils en ont en stock. Arrivé chez moi, je les installe et là ça ne démarre pas. J’essaye plusieurs configurations pour écarter la possibilité d’avoir une barrette sur les 4 qui soit défectueuse. Rien n’y fait, aucune combinaison ne laisse démarrer mon Macbook. Je retourne donc au magasin, cette fois-ci avec mon portable. J’explique au vendeur ma mésaventure et je cherche à en connaitre la cause, car rien ne semble marcher. Patient et compréhensif, il prend le temps de faire quelques tests pour vérifier que les barrettes ne sont pas en cause. Il demande ensuite conseil à un collègue qui répond du tac au tac qu’il a déjà eu le même problème avec l’ordinateur d’un client et qu’au final il en a conclu que “les MacBooks ne fonctionnent pas avec 4Go de mémoire, c’est pour ça”. Curieux de nature et en désaccord avec les balivernes que je venais d’entendre, je demande à mon vendeur d’aller sur le site d’Apple lire les spécifications techniques de ma machine avant de croire sur parole les affirmations de son collègue. Sans surprise, le MacBook peut fonctionner avec 4Go de Ram (Vendeur 0 - 1 Romain).

Aussi intrigué que moi, le vendeur souhaite tester les modules d’autres marques. J’extraie de mon Mac une barrette de Ram de marque Corsair en guise de démonstration… Les MacBook acceptent donc tout aussi bien la mémoire vendue (atrocement cher) par Apple que n’importe quel autre module de mémoire, même sans marque. Pas de marque de mémoire propriétaire donc. Ne reste que la piste d’une incompatibilité de CE module chez Corsair.

On part alors rapidement sur internet à la recherche d’un module qui fonctionne avec mon MacBook. On finit péniblement par trouver une référence qui a l’air de fonctionner commercialisée par Kingston, le module KTA-MB667/2G. Pas de chance, il n’est pas référencé. Je demande alors un remboursement, ce à quoi on me répond que la boutique ne fait pas de remboursement, mais des avoirs valables 1 mois. J’ai beau expliquer que je ne vais pas bloquer près de 140 € pendant un mois, qu’il serait plus simple qu’ils passent commande de mon produit et répondent à ma demande initiale. Le vendeur me répond qu’il ne peut faire cela, que je dois adresser un mail pour régler cette situation. Je trouve cela étrange, mais je me plie à sa demande. Ce matin, j’écris donc le message suivant :

Bonjour,

j’ai acheté le 26/4 deux barrettes se mémoire SO-DIMM de 2Go de marque Corsair pour les installer dans mon MacBook.
Or, après différents tests, à la fois chez moi puis en magasin, le vendeur et moi-même en sommes arrivés à la conclusion que les barrettes Corsair ne fonctionnent pas sur mon MacBook.
Une rapide recherche sur internet nous a rapidement confirmé que le MacBook accepte jusqu’à 4Go de RAM, le matériel étant dès lors hors de cause.
En cherchant sur des forums dédiés au mac, nous avons remarqué que les barrettes de Kingston avaient elles l’air de fonctionner. Nous avons relevé les caractéristiques de ces barrettes :

Kingston KTA-M667/2G SO-DIMM PC5300 667 Mhz

Aujourd’hui, j’ai un avoir de 139,8 euros, valable 1 mois (échéance le 26/05/08), mais vous ne semblez pas avoir en stock des barrettes Kingston compatibles avec mon matériel et ma commande. Je souhaiterais équiper mon portable avec ces barrettes de 2Go (vous semblez en revanche avoir en stock des barrettes Kingston de 1Go). Compte tenu que le fournisseur est déjà référencé auprès de vos services, je suppose que cette commande est possible.
À défaut, compte tenu que vous ne disposez pas des produits demandés exempts de vices cachés, je vous demanderai un remboursement pur et simple (articles 1641 du code civil et L211-10 du code de la consommation).
Cependant, j’ai l’habitude de traiter avec vous et je ne doute pas que vous puissiez effectuer cette commande. J’attends donc avec impatience son arrivée.

Cordialement.

Quelques instants plus tard, je reçois un email de confirmation m’indiquant que la nouvelle référence a été ajoutée au catalogue et que je peux commander dès que je le souhaite. Un petit détail cependant n’échappe pas à mon observation, la mémoire Kingston est 20% plus cher que celle précédemment achetée (42,00 € au lieu de 34,95 €). Je me sens pris au piège d’autant que — renseignement pris entre-temps â€” comme j’ai payé par chèque au comptoir ma première commande et non par carte via internet comme je le fais habituellement, je ne peux me faire rembourser mon avoir (Vendeur 1-1 Romain).

Bon, du reste j’ai désormais une mémoire certifiée compatible Apple, et vous voilà informé (Google fera le reste) si vous souhaitez éviter ce genre de mésaventures à l’avenir achetez des barrettes de 2Go Kingston KTA-M667 (en 1Go n’importe quelle autre marque fait l’affaire). Le magasin en question c’est E-Network. D’ordinaire ils sont bon marché, et ils ont su ici se montrer réactif à défaut d’être les plus abordables.

13/5/2008

Quand il faut empaqueter tout son passé

Souvenir

Mes parents ont emménagé à l’adresse que je leur ai toujours connue peu de temps après ma naissance. De ce fait, j’ai toujours eu une chambre au domicile de mes parents qui a servi après mon départ de bureau ou de chambre de dépannage. J’y ai toujours laissé ce que je ne voulais pas emporter avec moi quand je devais quitter Grenoble pour le sud, le nord ou l’étranger. Année après année j’ai épinglé au mur des photos, des cartes, des post-its et laissé sur chaque étagère des souvenirs, des trophées, et les témoins d’expériences avortées. Chaque objet a son histoire et me ramène quelques années en arrière, me remémore mes copains de classe d’alors, m’invite à me souvenir quel était la mode vestimentaire que je suivais, comment j’étais coiffé, etc. Plus qu’une chambre, plus qu’un bureau, c’est un concentré de moi, un résumé de Romain qui tient dans 30m3.

Le plus terrible, c’est de faire des choix dans ce que l’on va garder et ce que l’on va jeter. Tout peut resservir un jour, tout mon bordel accumulé n’a pas fini à la poubelle depuis toutes ces années pour de bonnes raisons. Il y a des raisons meilleures que d’autres pour s’aider à faire un choix, comme la valeur sentimentale, vénale, l’utilité, le faible encombrement, ainsi qu’une foultitude de priorités distinctes que chacun ordonne selon son instinct, selon sa sensibilité. Pour un ex-muséologue, je trouve cet exercice difficile. Je suis capable d’ordonner, de classer, de trouver un dénominateur commun, une certaine logique rationnelle qui lie ces artéfacts entre eux, mais par excès de conservatisme certainement, peu finissent à la poubelle.

Quand je fais cet exercice dans ma propre chambre, pour mon propre compte, je trouve cela souvent cornélien. Quand je dois faire le même exercice dans les affaires des autres, mes parents en l’occurrence, curieusement, je trouve cela plus facile. Je ne connais pas tous ces gens sur les photos, toutes ces notes écrites ne m’évoquent rien, ces livres sur les étagères ne me rappellent rien que l’histoire qu’ils suggèrent, tous ces bibelots accumulés ne sont pas imprimés dans mes souvenirs. Je ne retrouve le souvenir de mes deux parents que dans des objets du quotidien, des choses en apparence banales : une théière, un sucrier, un plateau, une lampe… Je retrouve même d’horribles cadeaux que j’avais solennellement confiés à mes parents à l’occasion d’un anniversaire ou plus probablement à Noël, fruit de mon esprit créatif d’alors. Ils les avaient sans doute gardés, car ils trouvaient mon geste touchant, mes efforts méritoires. Aujourd’hui, je regarde ces objets et je n’y vois que des babioles sans intérêt. Avec mes yeux d’adulte, mon esprit détaché de tout sentimentalisme, j’ai même un peu peur de ma réaction si j’ai des enfants un jour et qu’ils sont d’aussi mauvais artistes que moi. Devrais-je tout garder jusqu’à ma mort ? C’est ce qu’ont fait mes parents en tout cas.

Je n’ai pas terminé de mettre en carton tous les livres, je n’ai commencé que les romans policiers, ce qui me paraissait le plus facile, j’ai déjà près de 20 cartons contenant pas loin de 1500 ouvrages. Chaque livre est inventorié à l’aide de Delicious Library (OS X uniquement… Sinon il y a BiblioteQ qui est open source), je veille à ce que mon inventaire contienne à minima le titre, l’auteur, la collection, le nombre de pages, l’année de parution de chaque ouvrage. C’est un travail de moine qu’avaient commencé mes parents sur de petites fiches cartonnées, anticipant sur les innombrables demandes de prêts sollicitées par les amis-es de la famille. La maison a toujours été réputée pour être une véritable bibliothèque, chaque livre étant classé selon son thème, par ordre alphabétique d’auteur. Je ne fais que poursuivre leurs efforts, avec des moyens modernes, à l’aide d’une webcam qui fait office de lecteur de code-barre et d’un logiciel qui rapatrie les informations prises sur des bases de données internationales. Tout va plus vite fort heureusement. Quand j’en aurais terminé avec ces romans policiers, il faudra s’occuper des romans littéraires français, étrangers, des essais politiques, sociologiques, scientifiques, des encyclopédies, de la partie sur les religions, l’histoire, l’art, etc. Sans doute aurais-je au final autant de cartons qu’il ne faut de briques pour construire une maison… L’essentiel sera vendu, je garderai le reste pour ne pas oublier mon passé.

5/5/2008

Il y a aussi de l’alcool dans l’absinthe

Absinthe

L’absinthe, avant d’être interdite en France en mars 1915 puis à nouveau autorisée en 1988, était réputée pour son gout amer et sa saveur prononcée. C’est avec un certain dandysme que l’on peut encore contempler des gravures, peintures et autres représentations graphiques des consommateurs se pliant au rituel du sucrage, le plus souvent instrumentalisé par des cuillères créées spécifiquement à cet usage. Ancêtre du pastis, les consommateurs venaient troubler l’absinthe en versant de l’eau sur un sucre, lequel se diluait dans la préparation.

On se souviendra pour l’histoire du nom de l’un des propriétaires de la première distillerie d’absinthe ouverte par des artisans d’un village Suisse au Vals-de-Travers (presque un bon jeu de mots), car son petit commerce fleurira par la suite : Henri Louis Pernod.

L’absinthe (la boisson) fût interdite en raison des dégâts qu’elle causait, notamment parce que sa consommation excessive avait des effets indésirables redoutables tels que : troubles gastro-intestinaux, hallucinations auditives et visuelles, épilepsie, psychoses et suicide. Pourtant, elle pourrait faire partie de vos cinq rations quotidiennes de fruits et légumes pour limiter les risques cardiovasculaires ou de cancer (si vous fumez, petit reality check, de toute façon vous ne passez pas par la case départ, vous ne remportez pas 20.000 euros…) étant donné que ce n’est avant tout qu’un mélange de plantes macérées, distillées et filtrées intégrant entre autres deux variétés d’armoises : la grande et la petite absinthe. La citronnelle (aurone) et l’estragon sont aussi des variétés d’armoises, visiblement sans danger, et on fait avec le génépi (blanc) un autre alcool d’armoise connu et tout à fait inoffensif s’il est consommé avec modération.

Ce qui a été identifié comme véritablement nocif dans la boisson ce sont les concentrations de thuyone, de fenchone et de pinocamphone, des substances dont vous n’avez pas à retenir le nom ni les concentrations maximales autorisées, puisqu’une étude récente (29/04/2008) parue dans l’American Chemical Society vient de dévoiler que ce qu’il y a de plus nocif dans l’absinthe… c’est l’alcool ! Même dilué, un verre d’absinthe contiendrait 70° d’alcool, contre 40 à 50° pour la plupart des gins, vodkas ou whiskeys. Ce n’est donc pas une histoire de plante, mais de quantité absorbée. Vous pouvez donc céder au phénomène de mode et courir acheter l’absinthe commercialisée par Marilyn Manson, les seuls risques auxquels vous vous exposez, comme avec les autres alcools, c’est une bonne cuite et de ne plus vous rappeler où sont passés les 40 € que vous aviez hier encore dans la poche…

23/4/2008

D’aimer à amer, un récit de racine en racine

Racine

Pendant des années mes parents m’ont laissé étudier dans des domaines très variés, à des kilomètres de tout débouché professionnel concret : sociologie, puis une maitrise d’ethnologie, puis une autre en muséologie… Et puis un jour j’ai eu une illumination. Et si tous les efforts que je déployais à affiner mes connaissances dans le domaine du patrimoine n’avaient pas justement un lien à voir avec un besoin d’en savoir davantage sur mes propres origines ? Enfant adopté, il était normal qu’un jour ou l’autre je me pose la question, et il est même surprenant qu’elle n’ait jamais surgit avant. Du jour où j’ai réalisé cela, j’ai fondamentalement changé mon champ d’études pour me tourner non plus vers la connaissance du patrimoine, mais vers sa création.

Pendant toutes ces années mes parents m’ont soutenu dans mes études, à la fois financièrement mais aussi intellectuellement, ne remettant jamais en question le bien fondé de mon orientation. Il y avait après tout un fil conducteur qu’ils avaient possiblement remarqué avant moi.

Alors que je change de carrière, de dynamique, de questionnement, c’est le moment précis qu’a choisit ma mère pour faire de moi un orphelin. Cela fait tout juste trois heures.

Je connais certaines de mes racines, mais je viens de perdre le substrat qui les nourrissait.

Sauf dans le cas fréquent, hélas !
Où ce sont de vrais dégueulasses,
On ne devrait perdre jamais
Ses père et mère, bien sûr, mais
A moins d’être un petit malin
Qui meurt avant d’être orphelin,
Ou un infortuné bâtard,
Ça nous pend au nez tôt ou tard. (Brassens - l’Orphelin)

17/3/2008

Le déclic artistique serait-il proche ?

Guitare

Je n’ai jamais été un “artiste”. J’ai toujours été passionné par les machines, les appareils électroniques et la télé. Je scrutais les premières, démontait méticuleusement les seconds et regarde toujours avec avilissement la dernière. Mais je m’égare. Tout cela pour dire que j’ai tenté de faire un peu de musique dans ma vie, sous les bienveillants encouragements de mes parents. Mon père jouait de la flûte à bec seul dans sa chambre, ma mère du piano seule dans le salon, et j’ai tenté de me mettre à la guitare, seul dans ma chambre bien entendu… Je voulais faire des accords, jouer du Le Forestier, accompagner des chansons autour du feu et sans doute que de m’inscrire des cours de guitare classique dans la MJC du coin ne fût pas le choix le plus judicieux prit par mes parents. Après ma première leçon, je savais que je n’allais pas aimer cela. Mais on avait acheté une guitare et je me disais qu’il fallait sans doute en passer par là. Mais non en fait. J’ai rapidement décroché.

Depuis j’ai prêté ma guitare à quelques ami(e)s qui n’en avaient pas, pour des durées dépassant l’année parfois. Je n’ai jamais éprouvé le besoin de m’y remettre, jusqu’à très récemment. J’ai découvert le groupe Rodrigo y Gabriela dans des circonstances que j’ai oubliées. Mais, j’ai adoré leur manière de jouer de la guitare sèche (je déteste le/s son/s de la guitare électrique) et j’ai rapidement compris que jamais de ma vie je ne pourrais ne serait-ce qu’effleurer leur talent. Et puis entre-temps j’ai appris à lire ces tablatures qu’on télécharge sur le net, et aujourd’hui je me gausse de savoir jouer l’introduction de A la faveur de l’automne de Tété.

Bref, tout ça pour dire que récemment j’ai découvert que Rodrigo y Gabriela avaient fait une vidéo pour les gros nuls comme moi qui rêvent de prétendre savoir gratter une guitare comme eux un jour. Bref, une vidéo presque pour les débutants. Un manuel pour devenir un crack. Comme le manuel était gratuit, je l’ai regardé (d’autant que vous connaissez mes faiblesses pour les images animées maintenant) et il vaut vraiment le détour :

Alors pendant un moment on y croit, on se dit c’est faisable. Autour de la 90e seconde on réalise ça reste possible, mais que ça va nous demander des années quand même. Puis quand on aborde la 4e minute de la vidéo, on réalise qu’on n’a plus assez d’années devant soi pour achever la chanson, je suis juste bon à jouer du Tété pour le restant de mes jours…

6/3/2008

Le neuf telecom s’engage a vous compliquer la tache

Neuf Telecom

C’est amusant comme avec le temps mes velléités de participation à des mouvements associatifs se tournent de plus en plus vers la défense des consommateurs. Ça n’est pas non plus une découverte, j’ai toujours apprécié défendre mon dû. Mais en terme de service, je ne constate pas que les grandes sociétés fassent preuve de beaucoup de capitalisation des erreurs passées et j’observe souvent des pratiques où le consommateur-payeur est pris en otage du mauvais fonctionnement des structures. Pire, il en paye l’entretien.

Exemple du jour avec le Neuf avec lequel ma mère a déjà eu fort à faire. Pendant près d’un an, elle a été privée de téléphone, sans que le Neuf ne reconnaisse une faute de sa part. Après avoir changé quatre fois de modem, le problème persistait et le Neuf s’asseyait sur son obligation de résultat. Récemment, le téléphone s’est remis à sonner. Sans doute avaient-ils réglé leur problème technique. Ma mère n’ayant pas ma pugnacité vindicative, elle n’a jamais demandé de remboursement (alors même que cette coupure du monde lui a quand même fait rater — entre autres — la déclaration du décès, puis l’enterrement de sa meilleure amie…).

Aujourd’hui si j’appelais le Neuf c’était pour savoir s’il était possible de bloquer les appels vers les portables et certains numéros spéciaux à partir de la ligne dégroupée, étant donné qu’une personne peu respectueuse fréquentant ce foyer fait régulièrement doubler le montant des factures bimensuelles et ne propose pas de rembourser ses appels. À toutes fins utiles, il ne s’agit ni de moi ni de ma mère. Mon père étant décédé, il n’en reste qu’un et c’est bien de lui dont je parle.

Pour résumer, j’appelle le Neuf, je m’oriente instinctivement dans les maudits menus vocaux vers le service technique qui m’apprend que c’est le service commercial qui gère cet aspect (relevant du technique selon moi). Il ne me propose pas de me transférer, mais de raccrocher, de refaire le numéro, et d’attendre à nouveau pour voir mon problème réglé. Le plus court chemin n’a pas encore été implémenté auprès des techniciens du Neuf… Je rappelle donc, parle à une commerciale qui m’apprend que c’est impossible sur ma ligne. Elle ne me dit pas pourquoi, mais elle m’informe que peut-être dans le futur… Bref, avec d’un côté un technicien qui affirme et une commerciale qui me laisse espérer, j’ai tout de suite supposé que la commerciale était non-sachante. Pour tester ma théorie, je raccroche et je rappelle. Cette fois, j’enregistre la conversation. Rien de passionnant, car j’ai oublié de passer sur haut-parleur pour vous faire profiter de toute la discussion, mais si vous avez 8′16” à perdre on comprend vite l’essentiel :

  • Je dois payer le salaire des incompétents du Neuf en plus mon abonnement mensuel
  • Les personnes qui répondent habitent un pays d’Afrique du Nord et ne s’expriment pas tout à fait comme moi
  • Ça donne pas vraiment envie de s’abonner au Neuf Telecom

26/2/2008

Je ne comprends pas le grec

Drapeau chypriote

Je ne comprends pas le grec. Pas un mot, pas une lettre. Je ne connais que des mots comme souvlaki, parakalo, occhi, bref pas de quoi entretenir une conversation. La seule chose qui me relie à du grec (ou du turc dans une moindre mesure) c’est un nom de domaine [www.lsdb.org] qui concerne une association de badminton québécoise (très sympa) au sein de laquelle j’ai joué pendant un temps et dont j’administre encore les données électroniques, comptes mails inclus. Or, il existe une compagnie chypriote [www.lsdb.org.cy] qui vend je sais pas trop quoi, dont le nom de domaine est si proche de celui que je possède que je reçois régulièrement des messages qui lui sont destinés. Les internautes oublient souvent de rajouter le petit .cy à la fin, celui qui fait toute la différence. D’habitude, je balance tout à la poubelle sans rien dire, mais là ce soir, sans doute mu par une compulsion inhabituelle, j’ai décidé de répondre à deux messages. Le premier pour dire que ce n’était pas la bonne adresse, quant au deuxième je lui ai réservé un traitement plus personnalisé.

Mon interlocuteur souhaitait postuler à un emploi de chargé des ressources humaines. Mais voilà, au lieu de l’envoyer à l’entreprise qu’elle ciblait, elle me l’a envoyé. Je me trouvais donc avec son CV dans les mains et tout un tas de raisons qui expliquaient pourquoi je devais employer cette personne. Mes finances étant ce qu’elles sont, je n’en voyais ni l’opportunité ni la faisabilité, alors voici ce que j’ai répondu :

Hi,

thank you for sending us your application. We are glad to see your interest for our company. We’ll keep you updated if we intend to recruit someone of your profile, although we’re not at this present time.
We suspect you wanted to send your application to xxxxxx@lsdb.org.cy instead of xxxxxx@lsdb.org like you did.

Unless you correct this mistake, they won’t even know you applied to any position within their company. On a side note, Flash is an application created by Macromedia, and not by “Marco media”. You might want to correct that.

Cheers.

Je n’attends pas de réponse, mais je pense que je vais faire deux choses à partir d’aujourd’hui :

  1. Garder tous les messages qui sont adressés au domaine [lsdb.org] par erreur.
  2. Négocier dans quelque temps le rachat du domaine par cette entreprise quand je leur aurai démontré combien de contacts/contrats ils ont perdus dans l’intervalle.

10/2/2008

Dans les culottes de ma mère

Culotte

Ma mère était hospitalisée dernièrement, je vous passe les détails du pourquoi et du comment, mais il fallait que j’aille lui acheter des sous-vêtements. Bon, je suis un homme, je n’emprunte pas de vêtements à ma mère, je n’ai aucune espèce d’idée de sa taille, c’est pourquoi j’ai quand même vérifié ses mensurations avant d’aller faire les soldes…

Et bien vous me croirez ou pas, mais c’est une expérience assez insolite que d’aller acheter des vêtements pour sa mère. Pour moi c’était en tout cas une première. Pendant des années (de ma jeunesse) ma mère a décidé de ce que j’allais porter, et on m’a offert sur un plateau la chance de me venger de ces pantalons moches que j’ai dû porter, de ces vestes en peau de chèvre, de ces grosses pièces collées aux genoux, des mariages de couleurs agressant les yeux, de ces pulls qui piquaient, de ces cols de chemise des années 70, des gros motifs à fleurs criards, et de touts ces autres humiliations pour lesquelles mes parents ont jugé utile de garder des témoignages photographiques qui sont exhibés à mon sens juste pour m’humilier une nouvelle fois de leur fierté à me voir porter ce qu’eux n’osaient eux-mêmes s’acheter…

J’ai quand même résisté, mais si j’ai pu songer autrefois à acheter des sous-vêtements à mes petites copines, on ne regarde pas le rayon de la même façon lorsque c’est pour sa propre mère qu’on fait la dépense. Et je ne parle pas d’argent ici. Il y a des choses que je ne peux pas imaginer qu’elle mette, et j’ai erré pas mal de temps seul au milieu de ce rayon, sous le regard intrigué des autres femmes qui me voyaient toucher le tissu, tester la résistance des élastique, imaginer le confort ou l’inconfort, sélectionner quelques articles pour les reposer finalement lorsque je me rendais compte qu’une bande plus fine qu’une ficelle était prévue pour rentrer entre les fesses et maintenir le tout en place. Non, ma mère ne peut pas porter ça à 74 ans !

20/1/2008

Ma rencontre avec des vigiles de Castorama (suite et fin)

Télésurveillance

Chose promise, chose due. Comme j’ai reçu des excuses de deux dirigeants après ma mésaventure du début d’année, j’ai retiré une partie de mon message original.

Castorama a une politique de réponse systématique aux remarques qui lui parviennent. Vous laissez un mot dans les petites boites à la sortie des caisses et ils s’engagent à vous répondre dans les 8 jours. Ou si, comme moi, vous envoyez un email, ils s’engagent à vous répondre dans les 48 heures ! Il y a cependant une petite différence de traitement. Dans un cas c’est géré en interne, dans l’autre c’est le siège à Paris qui vous demande d’agir et de rendre des comptes… Bref, après mon courrier électronique j’ai d’abord été rappelé par le patron de la boite qui place les chargés de sécurité dans les Castorama de la région. L’enseigne est presque son plus gros client, autant dire que la pression est donc forte pour la satisfaire, c’est sa quasi unique source de revenus si j’ai bien compris. Voilà ce que ce dirigeant m’a écrit :

Monsieur,

je viens de consulter votre blog et j’ai pris connaissance de votre malheureuse rencontre avec un deux de mes salariés (vigile).
Je tiens à vous présenter toutes mes excuses sur cet incident qui fera l’objet d’une sanction à l’encontre de ces salariés.
Comme je vous ai expliqué au téléphone, c’est la 1re fois qu’un tel incident se produit, cet excès de zèle n’est pas acceptable et fait l’objet d’une faute professionnelle.

Par conséquent, je m’engage à prendre les mesures adéquates pour que de tels comportements de la part de mes vigiles ne se reproduisent plus.

Encore une fois, je vous présente toutes mes excuses au nom de ma société.

Lors de notre conversation, j’ai appris que les deux vigiles allaient avoir de 1 à 3 jours de mise à pied sans solde. De simples excuses me suffisaient, mais il semble que la discipline dans le monde des vigiles ne soit pas quelque chose qu’on prend à la légère… Aujourd’hui, je reçois en outre un courrier postal émanant du directeur du Castorama concerné :

Monsieur,

nous avons bien été informés de votre expérience avec les vigiles de notre établissement.

Nous regrettons l’esprit de zèle dont ont pu faire preuve les chargés de sécurité du magasin.

Au-delà des sanctions prises à l’égard de ces personnes par leur employeur, nous tenions à vous présenter encore toutes nos excuses pour le désagrément que vous avez pu rencontrer.

D’autre part, comme nous vous l’avons exprimé lors de notre entretien téléphonique, nous ferons en sorte que ce genre de situation ne se renouvelle pas.

A titre d’informations, s’il est interdit de filmer ou de photographier sans autorisation à l’intérieur de nos établissements, ce sont pour des raisons de pratiques commerciales concurrentielles.

Nous vous prions de bien vouloir croire, Monsieur, à l’expression de nos salutations distinguées.

Lors de mon entretien téléphonique avec le directeur du magasin, il m’a indiqué que le jeune vigile virulent auquel j’avais eu affaire ne travaillera plus pour son enseigne. Tout cela va bien plus loin que les simples excuses que je demandais et je prends conscience (comme le vigile écarté) que la qualité du service à la clientèle exige un haut niveau de professionnalisme. Je ne vais pas m’en plaindre, après tout on s’est comporté avec moi comme si j’avais volé quelque chose, mais quand même ça fait réfléchir.

Du reste, je me demande bien comment ils comptent s’y prendre pour surveiller de près tous ces gens qui téléphonent dans les magasins, parce que ces petits appareils ont des caméras de plus en plus perfectionnées… Ou bien on pourrait arrêter la paranoïa et se dire que si quelque chose peut être copié, il va certainement l’être malgré tous les efforts que l’on va déployer pour prévenir cela.